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Meurtre raciste en pleine rue, silence des autorités espagnoles

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Dimanche dernier, Younes Blal, marocain de 39 ans a été abattu par balles en pleine rue à Mazarron par un raciste qui a crié « mort aux maures ». Un acte de terrorisme raciste encouragé par les discours de haine de l’extrême droite, avec la complicité des médias et la bénédiction des autorités espagnoles. 

Younes Blal a été abattu de sang-froid dimanche 13 juin dans un bar de la ville de Mazarron dans le sud de l’Espagne. Le tueur, Carlos Patrico B., ancien membre de l’armée espagnole, a tué le Marocain après avoir exprimé sa haine envers les citoyens d’origine maghrébine : Alors qu’il était en terrasse avec des amis, Younes Blal a entendu Carlos Patricio proférer des commentaires xénophobes et racistes. Une dispute a éclaté entre les deux hommes avant que plusieurs personnes présentes dans le bar ne calment les esprits. L’ex militaire est rentré chez lui avant de revenir avec une arme à feu et tirer trois coups de feu sur Younes Blal en criant « je ne veux pas de Maures ». La scène a entièrement été filmée. Younes Blal a succombé à ses blessures lundi 14 juin et son agresseur a été arrêté par la police. 

Carlos Patricio B. est un ex-militaire. Il a fait le choix de rentrer chez lui se munir de son arme à feu pour revenir exécuter Younes Blal de sang-froid. Ce n’est pas un fou. C’est un raciste qui, plein d’un sentiment d’impunité rendu possible par les discours de haine des médias et de l’extrême droite légitimée par son inscription dans le champ politique « officiel » avec la bénédiction de toute la classe politique (ou presque), a pu commettre ce crime odieux. 

Le 16 juin, Podemos, qui a subi pendant les régionales à Madrid une campagne agressive sans précédent de la part de l’extrême droite, a envoyé une déclaration institutionnelle sur ce meurtre raciste au Bureau de l’Assemblée régionale de Murcie. Mais elle n’a pas été soutenue. 

Dans une vidéo, Podemos dénonce le climat toxique et raciste ambiant entretenu et propagé par les médias et certains politiques : « Hier un extrémiste de droite a abattu Younes en criant « Je ne veux pas de Maures dans les locaux ». Et non. Ce n’est pas un loup solitaire, ni un fou. C’est un terrorisme raciste encouragé par les discours de haine des médias et des tribuns. »

Podemos en Espagne, comme la France insoumise en France, sont les seuls qui résistent, pendant que les autres fuient, apeurés et incapables de saisir les enjeux et les conséquences de la stratégie à l’oeuvre de l’extrême droite en Europe : tribunes de militaires menaçant de guerre civile (en Espagne et en France), discours de haine dans les médias, menaces de mort contre les militants de gauche, et maintenant un meurtre raciste… Les racistes violents passent à l’acte. Pendant que les peuples se mobilisent et luttent pour la fraternité : À Murcie, le meurtre de Younes Blal a provoqué une onde de choc au sein de la population immigrée de Mazarron, qui devant l’indifférence totale des autorités espagnoles a manifesté mardi 15 juin pour réclamer justice pour Younes. La prise de parole de la mère du défunt est particulièrement émouvante : malgré sa peine, elle a demandé aux manifestants « d’éviter de tomber dans le piège de la violence et de ne pas donner aux racistes une nouvelle occasion de ternir l’image des expatriés marocains ». 

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