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Meurtre homophobe : des milliers de personnes ont manifesté après la mort d’un cameraman

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Voilà. N’oublions jamais que c’est ça, l’extrême droite. Une idéologie qui tue. Un cameraman géorgien de 37 ans a été retrouvé mort dans son lit le 11 juillet, après avoir été lynché par des militants d’extrême-droite en marge de manifestations homophobes six jours plus tôt. Des milliers de Géorgiens sont descendus dans la rue dimanche pour exprimer leur indignation et réclamer la démission du Premier Ministre, accusé de cultiver un sentiment de haine dans le pays.

Il s’appelait Alexander Lashkarava. Il travaillait pour la chaîne indépendante Pirveli et a été violemment passé à tabac lundi 5 juillet par des manifestants anti-LGBT. Sorti de l’hôpital le 9, il a été retrouvé mort chez lui le 11 par sa mère. Ce lundi-là, 52 autres journalistes avaient également été attaqués alors que la marche des fiertés initialement prévue à Tbilissi avait été annulée, par crainte pour la sécurité des participants. Ces attaques coordonnées ont été condamnées par l’Union européenne et les Etats-Unis, qui ont appelé à ce que les responsables soient traduits en justice.

Les journalistes ont dénoncé la passivité criminelle du gouvernement et des forces de l’ordre lors de ces contre-manifestations d’extrême droite homophobe. La responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale de Reporter Sans Frontière Jeanne Cavelier dénonce un « tournant calamiteux pour la liberté d’informer en Géorgie ». Dans un communiqué elle a indiqué : « Plutôt que de tenter de discréditer le caméraman décédé, nous demandons au ministère de l’Intérieur une enquête impartiale, approfondie et transparente sur les circonstances de sa mort et sur les agressions subies par les journalistes que la police a échoué à protéger. La passivité des autorités devant cette tentative extrême d’intimidation des journalistes par des mouvements homophobes entame la crédibilité du gouvernement , qui ne doit laisser aucune place à l’impunité, et assumer sa part de responsabilité dans cette affaire.” 

Et partout en Europe où l’extrême droite tue, comme récemment en Espagne où Samuel Luiz s’est fait tirer dessus en raison de son orientation sexuelle, ou encore en Hongrie, où le gouvernement d’extrême droite vient de promulguer une loi homophobe, les peuples et les défenseurs des droits humains ne restent pas silencieux ; face à l’horreur, ils manifestent et s’indignent pour montrer au monde entier qu’ils n’ont pas peur et qu’ils ne laisseront pas faire : en Géorgie ce dimanche, des milliers de personnes se sont réunies devant le Parlement géorgien à Tbilissi pour exiger la démission du Premier Ministre, non seulement parce qu’il est incapable de protéger les journalistes et les minorités, mais aussi car il est accusé d’empirer la situation, en s’étant prononcé contre la tenue de la gay Pride et en condamnant tardivement les violences contre les journalistes. Son comportement passif est jugé irresponsable. À l’heure actuelle, seulement sept personnes ont été arrêtées. Cela génère un sentiment d’impunité pour les personnes d’extrême droite et encourage les violences. Quand les masques tombent et que l’on n’a aucun courage politique (la Géorgie est un pays aux moeurs conservatrices où l’Eglise orthodoxe demeure la principale référence morale de la nation), il faut partir.

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