Pass sanitaire : comment la lutte contre le SIDA montre le (contre) exemple

La pandémie du COVID-19 a mis à genoux tous les Etats du monde, nous laissant croire qu’il était impossible de prévoir et de gérer autrement une pandémie qu’au moyen de restrictions inédites dans l’histoire récente. Pourtant, les victoires contre l’épidémie du SIDA ont été riches de leçons quant à la mise en place de politiques de santé publique efficaces et l’utilité de lever les brevets pour développer un “vaccin du peuple”. Antoine Salles Papou et Manuel Menou en font la démonstration dans un long billet publié sur le Club de Mediapart.

Dans l’histoire moderne de la lutte contre les pandémies, une fait exception : celle de la lutte contre le VIH (virus de l’immunodéficience humaine). Exception d’abord, parce qu’il ne s’agit pas là d’éradiquer une maladie née pendant la révolution néolithique, mais bien d’apprendre à faire face, à connaître et à lutter contre un virus nouveau, très peu semblable à d’autres et à bien des égards mystérieux. Le VIH est un virus du 20e siècle et l’histoire de sa diffusion raconte beaucoup des transformations du monde moderne. Son homologue animal, le VIS (virus de l’immunodéficience simiesque), touche une espèce de chimpanzés du sud du Cameroun. Selon l’hypothèse privilégiée aujourd’hui, le passage à l’homme aurait eu lieu au début du 20e siècle, peut-être autour de 1920, provoquée par une blessure lors du dépeçage d’un chimpanzé par un chasseur. 

Sans doute n’était-ce pas là la première contamination : mais si tel a été le cas, elles étaient probablement restées jusque-là au sein d’un foyer ou d’une communauté restreinte. Ce ne sera pas le cas cette fois-ci : l’Afrique a été colonisée, les déplacements de population y sont plus nombreux, les changements sociaux et sociétaux induits immenses. Dans les années 1940, on retrouve la trace du VIH à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa). Il a probablement transité par le chantier de la construction du chemin de fer Congo-Océan, où des dizaines de milliers d’ouvriers issus du Congo et du Cameroun notamment ont été “recrutés” par l’administration coloniale : sous-payés, affamés et exploités (15 à 23 000 ouvriers y mourront), la compagnie a développé pour eux un système de prostitution qui aura sans doute été un vecteur de contamination très efficace.

A Kinshasa et Brazzaville, métropole africaine majeure extrêmement bien connectée, il se développe lentement et se diffuse à la fois grâce au développement de la prostitution, aux campagnes de santé publique (notamment contre la syphilis, la maladie du sommeil…) où des seringues non stérilisées sont réutilisées, et aux mouvements de main d’oeuvre liées aux grands chantiers et exploitations minières. La République démocratique du Congo, à son indépendance, va développer alors des coopérations avec Haïti, “première république noire”, recrutant notamment des enseignants ou des médecins pour former la jeunesse congolaise et remplacer les Belges. Le virus les accompagnera à leur retour à Haïti, devenu haut lieu de tourisme sexuel pour les Américains, notamment homosexuels, et de “recrutement” de prostitués : c’est ainsi qu’il atteint, quelque part dans les années 70, San Francisco, Los Angeles et New York, et particulièrement leurs communautés homosexuelles jeunes et masculines, que le nombre moyen de partenaires et de relations expose particulièrement à la contagion.

C’est en 1981, à Los Angeles, qu’on décrit pour la première fois des symptômes des infections opportunistes, caractéristiques du stade SIDA du VIH. Très vite, on identifie quatre publics particulièrement touchés : les homosexuels, les Haïtiens, les héroïnomanes et les hémophiles. Ce sera “la maladie du 4H”. Dans l’Amérique reaganienne, l’apparition d’une maladie touchant essentiellement ces publics marginalisés émeut peu les pouvoirs publics. Il en sera malheureusement de même dans la plupart des pays industrialisés : alors que l’épidémie monte, c’est dans l’indifférence politique que des scientifiques (dont l’équipe française qui découvre le VIH dès 1983), des médecins et les patients luttent pour leur survie.

Ce sera l’heure de l’auto-organisation.

Les 24 et 25 septembre 2022, une délégation insoumise s'est rendue à Naples pour soutenir l'Unione Popolare dans les élections générales. Ce que "l'Union Populaire" italienne représente dans le pays est embryonnaire, dans un paysage politique où des années de compromission de la gauche traditionnelle avec les forces libérales et néolibérales ont fini de piétiner la construction d'une gauche de rupture. Filip Ristic, membre de la délégation insoumise, nous livre le récit de ce week-end à Naples, où il était important de nous rendre afin d'exprimer notre solidarité.
Bien que toutes les voies n’aient pas encore été comptées, il est maintenant presque certain que le parti d’extrême-droite suédois, Les Démocrates de Suède, parti fondé à la fin des années 1980 par des groupes néo-nazis, participe à un gouvernement de coalition avec les libéraux et chrétiens démocrates dans une alliance inédite. L’alliance des droites, phénomène qui semble devenir la norme partout en Europe. La Suède, jusqu’ici épargnée par la montée du fascisme et prétendument ouverte, connait à son tour un franchissement de seuil gravissime de l’extrême-droite dans les urnes, après des années de gouvernement sociaux-démocrates. L’ombre du fascisme grignote…
Le résultat du référendum pour une nouvelle constitution au Chili a mis en évidence que les 38% de l'Apruebo n'ont pas dépassé le nombre de soutiens que la gauche de l'élite dirigeante avait déjà obtenus lors de l'élection présidentielle. Par conséquent, dans un cadre de vote obligatoire, le 62% du Rechazo ne peut provenir que de deux sources :
Pour les politiciens et les médias, la grande question semble être : sommes-nous techniquement en récession ou non ? Pour les millions de personnes en difficulté, la question est : quelle est la différence ? Nous publions la traduction de cet article écrit par Branko Marcetic pour le magazine socialiste américain Jacobin.
Nous publions ici les dernières notes de blog de Jean-Luc Mélenchon sur son voyage en Amérique latine, en français, et en espagnol en deuxième partie d’article. Publicamos aquí las últimas notas del blog de Jean-Luc Mélenchon sobre su viaje a América Latina, en francés, y en español en la segunda parte del artículo.
« La Nupes, coalition de gauche issue de la volonté de Jean-Luc Mélenchon, a privé Emmanuel Macron de sa majorité à l’occasion des législatives. Désormais, c’est un autre combat qui commence pour faire échouer sa politique néolibérale au parlement. » David Broder offre son analyse sur la gauche française et son rôle clé dans la défaite de LREM aux législatives. Un article publié dans Tribune sous le titre original « Comment la gauche française a pris la majorité de Macron ».
« Dans la nuit d'avril où Emmanuel Macron remporte sa réélection, tout le monde remarque l'atmosphère étrange et feutrée qui semble l'entourer. » Hugh Schofield exprime l’échec que constitue ces élections pour le pouvoir en place dans cet article publié par la BBC sous le titre « Emmanuel Macron, un dirigeant coupé net dans sa lancée et très affaibli ».
« Le gouvernement français, centriste, tente désespérément d'éviter la paralysie politique après avoir perdu sa majorité à l'Assemblée nationale. » Ce constat, c’est celui de Paul Kirby au lendemain des résultats du deuxième tour des législatives. Écrivant pour la BBC, il estime que c’est l’incertitude qui domine les résultats. L’article a été publié sous le titre original « Élections en France : incertitude politique suite à l’effondrement du parti de Macron ».
Les autorités britannique ont décidé d'accepter la demande d'extradition émise par les États-Unis et visant Julian Assange. Une décision qui ne surprend pas, le Royaume-Uni ne souhaitant pas affecter ses bonnes relations outre-Atlantique.
« Macron est resté concentré sur l'extrême droite pendant une bonne partie de son mandat. Il a, à chaque occasion, cherché à en neutraliser la menace. D’un côté il a priorisé certains des thèmes de prédilection de l’extrême droite. De l’autre, il s’est présenté comme le seul rempart possible contre elle. » Cole Strangler offre ici son analyse sur le second tour des législatives françaises qui aura lieu ce dimanche. Son article a été publié dans le New York Times, nous vous en proposons la traduction.
« Jean-Luc Mélenchon est une figure de la gauche radicale française. Il est à la tête d’une alliance qui vise à empêcher Macron de contrôler son gouvernement. » Nous vous proposons la traduction de cet article de Paul Kirby, publié par la BBC, qui récapitule la position de la NUPES et son ambition à ces législatives. Il a été publié sous le titre « Élections en France : qui est Mélenchon et que défend la NUPES ? ».

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