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La visite de la honte : Marta Lucia Ramirez reçue par Jean Castex

Marta Lucia Ramirez est la vice-présidente et la ministre des affaires étrangères de l'un des gouvernements les plus criminels du monde : la Colombie. Elle a été reçue par Jean Castex mardi 5 octobre 2021. Plusieurs élus insoumis ont adressé une lettre ouverte au premier ministre, exhortant le gouvernement français de ne plus poursuivre ses actions de coopération internationale avec la Colombie, tant que son gouvernement ne respectera pas les droits humains.

Lettre ouverte au Premier ministre Jean Castex sur la visite de la vice-présidente colombienne Marta Lucía Ramirez

Nous, élu.e.s de la République Française, déplorons que l’État français à travers son Premier ministre Jean Castex, reçoive la vice-présidente de la Colombie Marta Lucia Ramirez. 

En effet, Madame Ramirez représente un gouvernement qui a saboté depuis son élection la mise en place effective des accords de paix signés en novembre 2016 entre l’État colombien et l’ancienne guérilla des FARC. Accords approuvés et soutenus financièrement par la communauté internationale, dont la France.

Depuis l’arrivée d’Ivan Duque au gouvernement colombien, la violence dans le pays ne cesse de s’accroître. Des milliers de représentants des minorités (indigènes, afro-colombiennes, LGBTIQ), des opposants politiques, des défenseurs des droits humains et de l’environnement sont assassinés dans une totale indifférence du gouvernement.

En effet la Colombie est aujourd’hui le pays où sont assassinés le plus de défenseurs de l’environnement dans le monde, selon le dernier rapport de l’ONG Global Witness.

Depuis janvier 2021 seulement, nous décomptons l’assassinat de 133 défenseurs des droits humains, 37 ex-combattants des FARC, 258 victimes de massacres. [1]

Au cours des dernières mobilisations sociales, une centaine d’élus de la République Française, dont certains d’entre nous, avons signé une tribune dénonçant les violations des droits humains et demandant au président Ivan Duque Marquez, l’arrêt de l’usage démesuré de la force des forces armées à l’encontre du peuple colombien. [2]

Dans ce contexte, la CIDH a dénoncé la brutalité policière et demandé l’application de 40 mesures que le gouvernement colombien s’est empressé de renier.

La violation systématique des droits humains par l’État colombien est un fait. À présent il est poursuivi pour divers crimes contre l’humanité dont plusieurs sous le gouvernement d’Alvaro Uribe Vélez, parrain politique de l’actuel président qui comptait dans son gouvernement Marta Lucia Ramirez, en tant que ministre de la Défense.

Les deux mandatures d’Alvaro Uribe ont plongé le pays dans une violence extrême, avec une politique de « sécurité démocratique » qui a conduit à des chiffres alarmants d’exécutions extrajudiciaires. Un total de 6402 exécutions extrajudiciaires commises par l’armée colombienne viennent d’être mises en lumière par la Justice colombienne. [3].

En outre, l’argent que la Colombie reçoit de la communauté internationale pour soutenir la mise en place des accords de paix est détournée pour l’achat de matériel de guerre, armes qui sont utilisées dans des opérations de répression des manifestations pacifiques.

Outre cette grave situation de violations des droits humains que le gouvernement Macron s’empresse d’ignorer, la vice-présidente, Marta Lucia elle-même, se voit fortement questionnée sur ces liens à des situations qui méritent que l’on s’intéresse à son parcours.

Alors qu’elle était ministre de la Défense, elle a été responsable de l’Opération Orion, une opération militaire urbaine qui a fait des centaines de victimes et durant laquelle les forces armées colombiennes ont agi en complicité avec des groupes paramilitaires. Cette opération a été qualifiée de crime contre l’humanité par la Cour Interaméricaine des Droits Humains.

En tant qu’ancienne ministre de la Défense, et actuelle vice-présidente, Marta Lucia Ramirez soutient l’implémentation de politiques néfastes pour l’environnement telles que le « fracking » et les épandages de glyphosate qui ont de graves conséquences environnementales et sanitaires pour les populations paysannes et indigènes.

Elle a été aujourd’hui invitée à une rencontre à Matignon pour parler d’un agenda commun avec la France dans sa lutte contre le Covid-19 et la lutte contre le changement climatique.

Mais quel agenda commun pouvons-nous avoir en terme de changement climatique avec le pays qui assassine le plus de défenseurs de l’environnement au monde ? Un pays où le système de santé mis en place et défendu par le parti du gouvernement, laissait les gens mourir aux portes des hôpitaux déjà bien avant l’arrivée du Covid.

Ces deux thématiques (Covid-19 et changement climatique), des enjeux majeurs, se voient instrumentalisées dans l’objectif de positionner leur candidature présidentielle pour les élections de 2022.

Nous, élu.e.s de la République Française, attachés aux valeurs de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, dénonçons la tribune que le gouvernement Macron offre à un gouvernement qui est sans cesse rappelé par les instances internationales de tout ordre au respect des droits humains.

Nous demandons au gouvernement français de ne plus poursuivre ses actions de coopération internationale avec la Colombie, tant que son gouvernement ne respectera pas les droits humains. La France ne peut pas soutenir financièrement ni politiquement un gouvernement qui commet les plus graves violations des droits humains.

Paris, le 5 octobre 2021

Liste des signataires :

  • Jean-Luc Mélenchon, président du groupe La France insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale
  • Adrien Quatennens, député français
  • Leïla Chaibi, députée européenne
  • Manuel Bompard, député européen
  • Anne-Sophie Pelletier, députée européenne
  • Alexis Corbière, député français
  • Mathilde Panot, vice-présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale
  • Bastien Lachaud, député français
  • Clémentine Autain, députée française
  • Michel Larive, député français
  • Éric Coquerel, député français
  • Loic Prud’homme, député français

[1] http://www.indepaz.org.co/lideres-sociales-y-defensores-de-derechos-humanos-asesinados-en-2021/

[2] https://news.un.org/fr/story/2021/05/1095272

[3] https://amp.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20210219-colombie-plus-de-6-400-civils-tu%C3%A9s-extrajudiciairement-pendant-le-conflit-avec-les-farc

[3]  https://www.google.com/amp/s/www.liberation.fr/planete/2020/05/06/en-colombie-la-pandemie-rend-les-violences-encore-plus-invisibles_1787606/%3foutputType=amp

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Marina Mesure

Syndicalisme international

Marina Mesure is a specialist of social issues. She has worked for several years with organizations defending workers’ rights such as the European Federation of Building and Wood Workers.

She has campaigned against child labor with the International Labor Organization, against social dumping and the criminalization of unionism. As a famous figure in the international trade union world, she considers that the principle of “equal work, equal pay « remain revolutionary: between women and men, between posted and domestic workers, between foreigners and nationals ».

Marina Mesure, especialista en asuntos sociales, ha trabajado durante varios años con organizaciones de derechos de los trabajadores como la Federación Europea de Trabajadores de la Construcción y la Madera.

Llevo varias campañas contra el trabajo infantil con la Organización Internacional del Trabajo, contra el dumping social, y la criminalización del sindicalismo. Es una figura reconocida en el mundo sindical internacional. Considera que el principio de « igual trabajo, igual salario » sigue siendo revolucionario: entre mujeres y hombres, entre trabajadores desplazados y domésticos, entre extranjeros y nacionales « .

Spécialiste des questions sociales, Marina Mesure travaille depuis plusieurs années auprès d’organisations de défense des droits des travailleurs comme la Fédération Européenne des travailleurs du Bâtiment et du Bois.

Elle a mené des campagnes contre le travail des enfants avec l’Organisation internationale du travail, contre le dumping social, la criminalisation du syndicalisme. Figure reconnue dans le monde syndical international, elle considère que le principe de « travail égal, salaire égal » est toujours aussi révolutionnaire : entre les femmes et les hommes, entre les travailleurs détachés et domestiques, entre étrangers et nationaux ».

Sophia Chikirou

Directrice de la publication

Sophia Chikirou is the publisher of Le Monde en commun. Columnist, director of a documentary on the lawfare, she also founded several media such as Le Média TV and the web radio Les Jours Heureux.

Communications advisor and political activist, she has worked and campaigned in several countries. From Ecuador to Spain, via the United States, Mexico, Colombia, but also Mauritania, she has intervened with progressive and humanist movements during presidential or legislative campaigns.

In 2007, she published Ma France laïque (La Martinière Editions).

Sophia Chikirou es directora de la publicación de Le Monde en commun. Columnista, directora de un documental sobre el lawfare, también fundó varios medios de comunicación tal como Le Média TV y la radio web Les Jours Heureux.

Asesora de comunicacion y activista política, ha trabajado y realizado campañas en varios países. Desde Ecuador hasta España, pasando por Estados Unidos, México, Colombia, pero también Mauritania, intervino con movimientos progresistas y humanistas durante campañas presidenciales o legislativas.

En 2007, publicó Ma France laïque por Edicion La Martinière.

Sophia Chikirou est directrice de la publication du Monde en commun. Editorialiste, réalisatrice d’un documentaire sur le lawfare, elle a aussi fondé plusieurs médias comme Le Média TV et la web radio Les Jours Heureux.

Conseillère en communication et militante politique, elle a exercé et milité dans plusieurs pays. De l’Equateur à l’Espagne, en passant par les Etats-Unis, le Mexique, la Colombie, mais aussi la Mauritanie, elle est intervenue auprès de mouvements progressistes et humanistes lors de campagnes présidentielles ou législatives.

En 2007, elle publiait Ma France laïque aux éditions La Martinière.

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