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Les textes de référence

Qu’entend-on par « révolution citoyenne », « la paix », « l’écologie populaire »… ? Les textes de référence proposent une approche de chacun des dossiers. Ensemble, ils constituent la base de la théorie de l’Ere du Peuple. Nous espérons les rendre rapidement accessibles en anglais et en espagnol.

le texte de référence

La révolution citoyenne : une globalisation de la conscience politique des peuples

Comment reconnaître une révolution citoyenne ? Ce texte résume les éléments qui entrent en action et décrit le processus d'une révolution citoyenne. Le peuple en est l'acteur, sa refondation en passant par un moment "constituant", en est l'aboutissement.

Cette analyse a été publiée la première fois le 27 octobre 2019 sous le titre "Et maintenant, le peuple !".

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À présent, je voudrais résumer ma vision du tableau. On observe d’abord qu’il s’agit de mouvements du « peuple » tout entier et pas seulement d’une catégorie sociale ou d’une profession particulière.

Dans le passé au Chili, par exemple, la grève des mineurs ou celle des camionneurs avaient été des déclencheurs historiques décisifs. En France, mai 1968 c’est d’abord 10 millions de travailleurs en grève sous la conduite de leurs syndicats. À présent, « le peuple » confirme son nouveau rôle spécifique d’acteur social et politique. C’est vrai dans tous les cas actuels. Sans exception d’un bout à l’autre de la planète.

Qui est « le peuple » ?

Sur le plan sociologique, il se présente comme l’addition des classes populaires et des classes moyennes, convergence détonante des sociétés contemporaines. Mais cela ne nous dit rien des conditions concrètes de l’explosion ni de son déroulement sur le terrain. C’est pourquoi je préfère partir du « comment ça se passe » pour analyser.

La phénoménologie de la révolution citoyenne est aussi instructive que les spéculations sur sa composition sociale.Elle va notamment confirmer d’autres pistes d’analyses. La dizaine d’exemples nationaux en cours ont révélé une constante. Partons donc du nouvel acteur de ces situations : le peuple.

La théorie de l’ère du peuple et de la révolution citoyenne nous définit ce « peuple » comme l’ensemble de ceux qui ont besoin d’accéder aux réseaux collectifs pour produire et reproduire leur existence matérielle.

Évidemment, ces réseaux sont de natures différentes et le fait qu’ils soient publics ou privés impacte directement leur mode d’accès. Le sujet déclencheur dans les pays où se déroulent des révolutions citoyennes est toujours conforme à cette caractéristique centrale.

Dans ce post, mon chapitre sur la révolution citoyenne au Liban montre comment le refus de l’augmentation du tarif des messageries WhatsApp a pu mettre le feu aux poudres. L’accès à ce réseau de messagerie peut paraître un motif bien léger. Mais il correspond pourtant à une nécessité économique assez brutale. La force de la dépendance à ce réseau est parfaitement identifiable. Il en va de même quand explose le prix du ticket de métro au Chili. Et c’est encore le même problème quand il s’agit de l’augmentation du prix de l’essence comme ce fut le cas en France, en Equateur, et en Haïti. Car le carburant est la condition de base de la mobilité, là encore, sans laquelle l’accès aux réseaux est impossible.

Quand le détonateur a fait son œuvre, la population s’institue comme peuple. C’est-à-dire acteur collectif conscient de lui-même comme tel. Dans les slogans comme dans les interventions individuelles des manifestants devant les caméras de télévision, tous disent être « le peuple ». C’est la phase instituante de la révolution citoyenne. Elle dure plus ou moins longtemps avant de passer à l’étape suivante qui en amplifie les exigences. Elle se présente alors comme une transcroissance du registre revendicatif de départ. La durée du passage de l’une à l’autre phase semble liée à l’existence ou non en arrière-plan d’une mémoire des luttes précédentes, surtout quand elles ont été dures ou puissantes.

Quoiqu’il en soit le mouvement passe toujours à une seconde et nouvelle phase, la phase destituante.

Ou, pour dire plus simplement, une phase dégagiste. «Que se vayan todos» « qu’ils dégagent ».

Ce slogan est présent dans toutes les révolutions citoyennes depuis la fin du siècle précédent. Quelle que soit la revendication de départ, sociale ou politique, cette phase surgit invariablement. Et le mot d’ordre vise alors toute la représentation politique. « Tous, c’est tous » précisent les foules libanaises qui veulent ainsi englober tout le personnel du système et ses partis politico-communautaires. Cette étape à son tour dure plus ou moins longtemps et connaît maints rebondissements à mesure que le système se débat pour ne pas être abattu.

À ce moment-là, l’objectif essentiel du système consiste à regrouper ses forces au sommet pour le protéger et à séparer les classes moyennes des classes populaires. Rassembler en haut, disperser en bas. Les images de violence et les vagues de dénigrement comme celle que l’on a vu contre les gilets jaunes remplissent ce rôle. En France, la manœuvre du pouvoir fut une parfaite réussite, favorisée par l’inactivité du mouvement syndical, des campagnes de diversion réussie comme celle contre la prétendue vague d’antisémitisme dans le mouvement et la diffusion en boucle d’images de violence. L’autre priorité du système est d’empêcher que le mouvement se donne une expression politique ou investisse une force politique existante. Dans le passé, cet obstacle a été surmonté dans de nombreux pays. L’exemple des évènements au Chili ou au Liban en atteste. Mais pour l’heure, la suite est moins bien documentée dans le nouveau moment insurrectionnel que nous vivons.

Cette phase, c’est le moment constituant, celui où le peuple exige une nouvelle règle du jeu politique et demande notamment une assemblée constituante.

On a pu voir alors comment le processus de révolution citoyenne fait aboutir sa mission. Le peuple, en effet, se constitue alors lui-même comme acteur politique permanent par les droits qu’il s’attribue dans la nouvelle Constitution. Cette phase, nous l’avions vécue dans cinq pays à la saison précédente : Bolivie, Venezuela, Equateur, Islande, Tunisie. Actuellement, « la constituante » est déjà une revendication en Algérie et au Chili. Mais pas ailleurs pour l’instant. Mais bien sûr, la caractérisation de l’étape constituante ne doit pas être limitée à sa seule forme institutionnelle. Par exemple, au Liban, quand les mots d’ordre demandent la liquidation de la forme politico-religieuse du pouvoir on peut parler de revendication « constituante ».

Passons à la revue de détails. Dans le déroulé de l’action, des caractéristiques communes surgissent. Elles ont un sens. Elles définissent « qui est là » et « que voulons-nous ». Il faut donc scruter les cortèges dans la rue pour lire le message. Partout le drapeau national fleurit dans les cortèges. C’est l’emblème de ralliement. Sa signification n’est nullement chauvine. On doit la lire comme une des formes les plus constantes de ces mouvements : l’affichage d’une légitimité qui justifie son autorité. De cette façon est arborée la volonté d’incarner une communauté qui transcende toutes les autres. Entre dans ce registre chaque fois la présence ostensible des femmes aussi longtemps que les manifestations ne dégénèrent pas en bataille rangée qu’elles tentent parfois elles-mêmes d’empêcher comme on l’a vu au Liban. Bien sûr, cette présence a surtout une signification sociale. Car elle met en mouvement une catégorie de population qui porte sur son dos le plus lourd de l’effort imposé aux populations par les politiques néolibérales. Les coupures d’accès aux réseaux collectifs frappent d’abord les femmes car ce sont elles qui assument la survie du quotidien. Et c’est elles qui subissent l’essentiel des précarités.

L’usage du drapeau comme emblème de référence se confond ainsi avec une prétention d’intérêt général et de revendication de souveraineté collective se confrontant aux intérêts particuliers. Ceux-ci sont vite assimilés à l’oligarchie locale et aux institutionnels dénoncés partout comme corrompus. La corruption des élites si caractéristique du néolibéralisme est un fait dorénavant intégré et dénoncé partout. Le rôle des médias a été essentiel dans ce domaine. Leur goût permanent pour les scandales jusqu’aux plus dérisoires, comme celui des homards du président de l’Assemblée nationale en France, réalise un travail appréciable de destruction de la légitimité des systèmes politiques. Et il finit aussi d’ailleurs par engloutir la sienne.

Une autre caractéristique identifiante de chacun de ces mouvements est l’affichage de leur connexion avec les évènements similaires dans le monde. Il s’y donne à voir une forme de légitimité universelle qui conforte celle déjà donnée par le drapeau national. On retrouve donc partout des gilets jaunes sur le dos de certains manifestants. Mais aussi de façon tout aussi significative des emblèmes de culture contestataire universelle comme ces masques de Dalí, sur le mode de « La Casa de papel ». C’est une référence parlante que celle à la série Netflix dont la première saison est emblématique d’un message politique anti capitaliste de type non violent. Une évocation typique des aspirations de la classe moyenne qui peut se payer l’abonnement à Netflix et y puiser une référence politique conforme à ses manières d’être sociales. Le maquillage du clown sans foi ni loi de « Joker » fait lui aussi son apparition désormais et on l’a signalé à Hong-Kong ou Beyrouth.

Car la volonté de non-violence est partout présente aux premiers pas des révolutions citoyennes.

Elle lui donne un formidable liant. On la retrouve partout, dans cette phase initiale, quand s’affiche la volonté de fraterniser avec la police et l’armée qui sont envoyées face au peuple. Du coup, partout surgissent d’étranges brigades de casseurs violents et incendiaires qui invisibilisent l’action pacifique et peuvent parfois la capter. Ils fournissent en tous cas les gros plans des médias en suggérant que ces violences sont la définition que le mouvement veut donner de lui. Évidemment, personne n’arrive à identifier les membres de ces groupes et la répression les épargne systématiquement. Mais du coup, le grand nombre s’enrage. Il a compris que ces méthodes l’invisibilisent en essayant de lui attribuer une identité qui n’est pas la sienne. Ce rôle partisan des médias est bien vite compris en général. C’est pourquoi, nouvelle caractéristique commune, ont lieu partout des manifs, plus ou moins étoffées, devant le siège des journaux et télévisions liés à l’officialité. Ce fut le cas en France, au Chili, en Équateur au moins. La répression, prenant prétexte de ces violences, entame alors une escalade qui eut être dissuasive.

Mis bout à bout ce sont autant d’éléments qui attestent d’une « globalisation » de la conscience politique des peuples.

Au demeurant, les pouvoirs mis en cause se réclament de l’exemple des autres aussi. Ainsi de la violence policière du Français Macron pour justifier publiquement les leurs comme on le vit à Hong-Kong ou Santiago du Chili. Mais du côté du peuple, elle transite par l’usage de formes d’action, de symboles et de revendications communes. On peut parler à ce sujet de la formation d’une sensibilité mondialisée. C’est évidemment le résultat de l’action d’un canal uniformisant qui vaut toutes les organisations internationales révolutionnaires du passé : l’audiovisuel mondialisé. Encore un effet imprévu de l’activité des médias qui propagent ce qu’ils croient stigmatiser.

Cependant il faut en voir aussi la conséquence. La visibilité est un moyen qui alimente le mouvement. Elle devient donc un enjeu. Cela se traduit bien sûr comme je l’ai déjà dit par une agressivité qui va croissante contre les médias accusés d’invisibiliser la vraie nature du mouvement. Mais cette recherche de visibilité se traduit surtout par la production de symbole identifiants. Les agences d’influence à la base des « révolutions de couleur » anti-russes l’avaient bien compris. On parlait de la révolution orange ou bleue sur le modèle plus authentique, comme en 1968 avec la « révolution de velours » en Tchécoslovaquie ou en 1974 avec la « révolution des œillets » au Portugal. Les gilets jaunes sont évidemment la forme la plus aboutie de cet objectif de visibilité. Le gilet jaune est d’ailleurs un moyen obligatoire de visibilité routière. Et il fonctionne aussi comme un uniforme. On le retrouve donc en Irak autant qu’au Liban ou en Équateur.

Ici j’ai énuméré. Mon intention est de proposer une façon de regarder pour analyser ensuite. Mais je consacre aussi un chapitre entier de ce blog à l’analyse des évènements du Liban sous l’angle de la théorie de « l’ère du peuple ». Je l’ai établie à partir des notes et lectures entreprises en compagnie de protagoniste locaux. Je m’adresse à ceux qui sont acquis à cette théorie depuis la parution de « L’Ère du peuple » dans son édition de 2017. Je suis preneur de toute analyse qui l’utiliserait et la documenterait dans le cas des révolutions en cours en Haïti, Panama, Costa-Rica, ou l’un des pays d’Asie ou d’Afrique que l’européocentrisme borné des médias fait passer sous les radars.

The citizens’ revolution: a globalization of political consciousness among peoples

How to recognize a citizens’ revolution ? This text summarizes the elements that come into action and describes the process of a citizens’ revolution. The People is the actor, its re-foundation, achieved through a « constituent » phase, is the outcome.

This analysis was first published on 27 October 2019 under the title « And now, the people ! »
 

 
Now, I would like to summarize my vision of the situation. First of all, we can see that these are movements of the « people » as a whole and not just of a particular social category or profession.
 
In the past in Chile, for example, the miners’ strike or the truckers’ strike were decisive historical triggers. In France, in May 1968, it started with 10 million workers going on strike under the leadership of their unions. Today, « the People » confirm their new specific role as a social and a political actor. This is true of all current cases. Without exception from one end of the planet to the other.
 

Who is « the People »?

On the sociological level, it appears to be the sum of the working and middle classes, an explosive convergence in contemporary societies. But this tells us nothing about the concrete conditions of the explosion or its unfolding in the real world. This is why I prefer to start from « how it happens » in order to compile my analysis.
 
The phenomenology of the citizens’ revolution is as instructive as any speculation about its social composition. In particular, it confirms other avenues of analysis. The ten or so national examples currently taking place have revealed something which is constant. Let us therefore start with the new actor in these situations: the People.
 
The theory of the People’s Era and the Citizen Revolution defines as the « People » all those who need access to collective networks to produce and to reproduce their material existence.
 
Obviously, these networks are of different natures and the fact that they are public or private has a direct impact on their mode of access. In countries where citizen revolutions are taking place, the issue which acts as a trigger always conforms to this central characteristic.
 
In this post, my chapter on the citizen revolution in Lebanon shows how the refusal of the WhatsApp rate increase could set the wheels in motion. Access to this messaging network may seem a very light motive. However, it corresponds to a rather brutal economic necessity. The extent of people’s dependence on this network is perfectly identifiable. The same is true when the price of a subway ticket in Chile explodes. And it is the same again when it comes to rising petrol prices, as was the case in France, Ecuador and Haiti. Because fuel is the basic condition for mobility without which, once again, access to the networks is impossible.
 
Once the trigger has done its work, the people establish themselves as a People. That is to say, a collective actor conscious of itself as such. In their slogans as well as in the individual interventions of demonstrators in front of the television cameras, everyone says that they are « the People ». This is the instituting phase of the citizens’ revolution. It lasts more or less long before moving on to the next stage, which amplifies its demands. It then becomes like an outgrowth of the initial register of demands. The duration of the transition from one phase to the next seems to be correlated to the existence or not of the memory of previous struggles in people’s minds, especially if these struggles were hard or powerful.
 
Whatever the case may be, the movement then always passes to a second and new phase, the destitution phase.
 

Or, to put it simply, a kick-out phase. « Que se vayan todos » « Kick them all out ».

This slogan has been present in all citizen revolutions since the end of the previous century. Whatever the initial demand, social or political, this phase invariably arises. And this watchword is aimed at all political representatives. « Everybody means everybody », the Lebanese crowds say, encompassing all state staff and all community-based political parties. In turn, this stage lasts more or less time and has many twists and turns as the system struggles not to be brought down.

 
At this point, the system’s main goal is to pool its forces at the top to protect it and to divide the middle classes and the working classes. Gather at the top, disperse at the bottom. Images of violence and waves of belittlement like the one seen against the yellow vests fulfill this role. In France, the government maneuvers were a perfect success, favored by the inactivity of the trade union movement, successful campaigns of diversion like the one against the alleged wave of anti-Semitism in the yellow-vest movement and the continuous broadcast of images of violence. The system’s other priority is to prevent the movement from becoming a political actor or from merging into an existing political force. In the past, this obstacle was overcome in many countries. As an example, events in Chile or Lebanon attest to this. But for now, what follows in the new times of insurrection which we are experiencing, is not so well documented.
 

This phase is the constituent moment, when the people demand new rules for the political game and, in particular, a constituent assembly.

We can see how the process of citizen revolution is carrying out its mission. The People, in effect, establishes itself as a permanent political actor through the rights which it grants itself in its new Constitution. We had witnessed this phase in five countries in the previous season : Bolivia, Venezuela, Ecuador, Iceland and Tunisia. Currently, « the constituent assembly » is already a demand in Algeria and in Chile. But nowhere else for the time being. But of course, the characterization of the constituent phase should not be limited to its institutional form alone. For example, in Lebanon, when the watchwords call for an end to the politico-religious form which power always takes there, one can speak of a « constituent » claim.
 
Let’s go over the details. In the course of the action, common characteristics emerge. They make sense. They define « who is here » and « what do we want ». So you have to look at the demonstrations in the streets to read the message. Everywhere, the national flag blooms in marches. It is the rallying emblem. Its meaning is by no means chauvinistic. It should be understood as one of the most constant aspects of these movements: the display of a legitimacy that justifies its authority. In this manner, the will to embody a community which transcends all the others is displayed. Part of this is the ostensible presence of women each time, as long as the demonstrations do not degenerate into a pitched battle, which they themselves sometimes try to prevent as we have seen in Lebanon. Of course, their presence has, above all, a social significance. For it sets in motion a category of the population that bears the brunt of the effort imposed on it by neo-liberal policies. Supply cuts from collective networks hit women first because they are the ones who are responsible for daily life and survival. And it is they who suffer most from precariousness.
 
The use of the flag as an emblem of reference shows that the purpose is public interest and the claim collective sovereignty, confronted to particular interests. These are quickly assimilated to the local oligarchy and the institutions, which are denounced everywhere as corrupt. The corruption of the elites, so characteristic of neo-liberalism, is a fact that is now integrated and denounced everywhere. The role of the media has been essential in this area. Their on-going taste for scandals, right down to the most pathetic ones, such as that of the President of the French National Assembly’s taste for lobster, is doing a good job at destroying the legitimacy of political systems. And they also end up ruining their own.
 
Another identifying feature of each of these movements is the display of their connection to similar events in the world. This grants them a form of universal legitimacy that reinforces the legitimacy already given by the national flag. And so, yellow vests can be found everywhere on the backs of some demonstrators. But also, and just as significantly, emblems of universal protest culture, such as these masks of Dalí, as can be seen in « Money Heist ». This is a telling reference to the Netflix series, whose first season is emblematic of a non-violent anti-capitalist political message. A typical evocation of the aspirations of the middle class who can afford to subscribe to Netflix and to draw a political reference from it that is in line with their social ways of being. The make-up of the lawless clown of « Joker » is also now appearing sometimes and has been reported in Hong Kong and Beirut.
 

For the desire for non-violence is everywhere present in the first steps of citizen revolutions.

It gives them a great binding medium. We find it everywhere, in this initial phase, when the will is displayed to fraternize with the police and the army that are sent to face the people. As a result, everywhere strange brigades of violent and incendiary looters crop up, who hide peaceful action and sometimes capture attention away from it. In any case, they provide the media with close-ups, which suggest that this violence is the definition which the movement wants to give of itself. Obviously, no one can identify the members of these groups and repression systematically spares them. But as a result, a large number of people become enraged. They understand that these methods make them invisible by trying to assign them an identity that is not theirs. This partisan role of the media is quickly understood in general. This is why, as a new common feature, more or less substantial demonstrations take place everywhere in front of the headquarters of newspapers and television stations linked to officialdom. This has been the case in France, in Chile and in Ecuador at least. Repression, using these acts of violence as a pretext, then began an escalation that would have been a deterren.
 

Taken together, these are all elements that attest to a « globalization » of the political consciousness among peoples.

Moreover, the powers being challenged also claim to be following the example of others. Indeed, the police violence of Frenchman Macron was used as public justification for their own by Hong Kong or Santiago de Chile. But on the people’s side, it shows itself in the use of common forms of action, common symbols and common demands. We can speak in this regard of the emergence of a globalized sensibility. This is obviously the result of the action of a unifying channel that is worthy of all the revolutionary international organizations of the past: globalized media. Yet another unforeseen effect of media activity, which propagates what they thought they stigmatized.
 
However, we must also consider the consequences. Visibility is a means that fuels the movement. It therefore becomes at stake. This translates of course, as I have already said, into an increasing aggressiveness towards the media, accused of hiding deliberately the true nature of the movement. But this search for visibility is above all reflected in the production of identifying symbols. The influential agencies behind the anti-Russian « colour revolutions » had understood this. One spoke of the orange or blue revolution along the lines of more authentic models, as in 1968 with the « velvet revolution » in Czechoslovakia or in 1974 with the « carnation revolution » in Portugal. Yellow vests are obviously the most explicit form taken by this objective of being visible. Yellow vests are mandatory on road sides precisely for visibility. And they can also be used as uniforms. Thus they are found in Iraq, just as much as in Lebanon or as in Ecuador.
 
Here, I have compiled a list. My purpose is to show a way of looking at things before analysing them. But I also dedicate an entire chapter of this blog to the analysis of events in Lebanon from the perspective of the « People’s era » theory. I compiled it from notes and readings undertaken together with local protagonists. I am speaking to those who are familiar with this theory since the publication of « The People’s Era » in its 2017 edition. I am open to any analysis that would use or document it in the case of the ongoing revolutions in Haiti, Panama, Costa Rica, or any of the Asian or African countries that the narrow-minded Eurocentrism of the media is keeping under the radar.