dossier

En temps de coronavirus

Le Monde en commun publie des articles et contenus audiovisuels accessibles dans 3 langues : français, anglais, et espagnol. L’objectif est de rendre accessible tous les contenus au plus large public. Pour cela, la langue ne doit pas être un obstacle.

Nous sommes en train de constituer un groupe de volontaires qui se chargeront de traduire l’ensemble des contenus afin de les présenter dans au moins trois langues (français, anglais, espagnol).

Si vous souhaitez rejoindre le groupe, merci de nous adresser un mail à contact@linternationale.fr 

Sous le masque du Coronavirus

Les épidémies sont de vieilles compagnes de l’Histoire humaine. Elles ont toutes été le résultat de la mondialisation, c’est-à-dire du fait que, si loin que l’on remonte dans le temps, les êtres humains se sont toujours déplacés et ils ont donc transporté avec eux d’un endroit vers l’autre les microbes auxquels ils avaient eux-mêmes survécu. On connaît le terrible impact des maladies transportées par les conquistadors sur le monde des Indiens d’Amérique. Il explique aussi comment les populations nomades de tous les continents ont pu être exterminées par les sédentaires survivants des maladies qu’ils avaient contractées.

Lire le texte de référence

l'article

Pas de paix sans pain : l’alerte d’un prix Nobel de la Paix

David Beasley est directeur exécutif du Programme alimentaire mondial des Nations Unies. Il a également obtenu le prix Nobel de la Paix. Le coronavirus a fait exploser la proportion de personnes en situation de mal-nutrition : pas manque de moyens, par ralentissement de l'activité, la situation est plus préoccupante que jamais. Cela concerne également la France : le baromètre Ipsos sur la pauvreté en France rappelle qu'en 2020, 14% des Français sautent des repas et un tiers de la population limite sa consommation de fruits et légumes frais, faute de moyens.
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email
Partager sur telegram

Le Programme alimentaire mondial, la plus grande organisation humanitaire au monde s’occupant de la faim et de la sécurité alimentaire, a accepté le prix Nobel de la paix aujourd’hui. Son directeur exécutif, David Beasley, a averti que la combinaison du conflit, de la crise climatique et de COVID-19 pourrait pousser 270 millions de personnes au bord de la famine. Dans son discours d’acceptation, Beasley a déclaré : « En raison de tant de guerres, du changement climatique, de l’utilisation généralisée de la faim comme arme politique et militaire, et d’une pandémie sanitaire mondiale qui aggrave tout cela de manière exponentielle, 270 millions de personnes marchent vers la famine. Si l’on ne répond pas à leurs besoins, une pandémie de faim se développera et l’impact du COVID sera négligeable ».

Ce qui me déchire à l’intérieur, c’est ça. Cette année, des millions et des millions et des millions de mes égaux, mes voisins, vos voisins, marchent au bord de la famine. Nous sommes à ce qui pourrait être le moment le plus ironique de l’histoire moderne. D’une part, après un siècle d’avancées massives dans l’élimination de l’extrême pauvreté, aujourd’hui, ces 200 millions de nos voisins sont au bord de la famine. C’est plus que la population entière de l’Europe occidentale. D’autre part, notre monde compte aujourd’hui 400 billions de dollars de richesses. Même au plus fort de la pandémie de COVID, en seulement 90 jours, 2,7 billions de dollars supplémentaires de richesse ont été créés. Et nous n’avons besoin que de 5 milliards de dollars pour sauver 30 millions de vies de la famine. Qu’est-ce qui me manque ici ?

Beaucoup de mes amis et de dirigeants du monde entier m’ont dit : « Vous avez le meilleur travail au monde, vous sauvez la vie de millions de personnes ». Voici ce que je leur dis : Je ne me couche pas le soir en pensant aux enfants que nous avons sauvés ; je me couche en pleurant sur les enfants que nous n’avons pas pu sauver. Et quand nous n’avons pas assez d’argent ni l’accès dont nous avons besoin, nous devons décider quels enfants mangent et quels enfants ne mangent pas, quels enfants vivent et quels enfants meurent. Comment aimeriez-vous ce travail ? S’il vous plaît, ne nous demandez pas de choisir qui vit et qui meurt.

Vous pouvez retrouver le discours ainsi que sa transcription sur Democracy Now

Dans le même dossier

Les vidéos