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En temps de coronavirus

Le Monde en commun publie des articles et contenus audiovisuels accessibles dans 3 langues : français, anglais, et espagnol. L’objectif est de rendre accessible tous les contenus au plus large public. Pour cela, la langue ne doit pas être un obstacle.

Nous sommes en train de constituer un groupe de volontaires qui se chargeront de traduire l’ensemble des contenus afin de les présenter dans au moins trois langues (français, anglais, espagnol).

Si vous souhaitez rejoindre le groupe, merci de nous adresser un mail à contact@linternationale.fr 

Sous le masque du Coronavirus

Les épidémies sont de vieilles compagnes de l’Histoire humaine. Elles ont toutes été le résultat de la mondialisation, c’est-à-dire du fait que, si loin que l’on remonte dans le temps, les êtres humains se sont toujours déplacés et ils ont donc transporté avec eux d’un endroit vers l’autre les microbes auxquels ils avaient eux-mêmes survécu. On connaît le terrible impact des maladies transportées par les conquistadors sur le monde des Indiens d’Amérique. Il explique aussi comment les populations nomades de tous les continents ont pu être exterminées par les sédentaires survivants des maladies qu’ils avaient contractées.

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l'article

Noam Chomsky : « Des problèmes majeurs menacent la longévité de notre espèce »

L'Institute for Social Research qui a pour directeur Vijay Prashad va travailler sur les différents périls qui menacent l'humanité. Dans une note originale rédigée avec Noam Chomsky, il identifie trois périls dont la catastrophe climatique. Une note utile pour voir au-delà de la crise sanitaire et penser les autres menaces qui fragilisent l'espèce humaine et la planète.

Cet article a initialement été publié sur Consortium News. Il s'agit d'une analyse née de l'échange entre Noam Chomsky et Vijay Prashad. La traduction a été faite par les lecteurs des Crises en février 2021. Noam Chomsky est linguiste, philosophe, spécialiste des sciences cognitives, historien, critique social et activiste politique. Vijay Prashad est historien, journaliste et commentateur indien. Il est le directeur exécutif de Tricontinental : Institute for Social Research et le rédacteur en chef de Left Word Books.

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De vastes territoires dans le monde – en dehors de la Chine et de quelques autres pays – sont exposés à un virus galopant, qui n’a pas été enrayé en raison de l’incompétence criminelle des gouvernements. Que ces gouvernements de pays riches aient cyniquement ignorés les protocoles scientifiques élémentaires publiés par l’Organisation mondiale de la santé et par les organisations scientifiques, révèle leur comportement pervers.

Il est insensé de ne pas se concentrer sur la lutte contre le virus au moyen des tests, de la recherche des contacts et de l’isolement – et si cela ne suffit pas, il faut alors imposer un confinement temporaire. Il est tout aussi affligeant de constater que ces pays plus riches ont poursuivi une politique de « nationalisme vaccinal » en stockant des vaccins candidats plutôt que de mener une politique de création d’un « vaccin pour la population ».

Dans l’intérêt de l’humanité, il serait prudent de suspendre les règles de propriété intellectuelle et de mettre au point une procédure pour créer des vaccins universels pour tous les peuples.

Bien que la pandémie soit la question principale qui nous préoccupe tous, d’autres problèmes majeurs menacent la longévité de notre espèce et de notre planète. Il s’agit notamment de :

1/ La destruction nucléaire

En janvier 2020, le Bulletin of the Atomic Scientists a placé l’aiguille de l’heure du Jugement dernier à 100 secondes avant minuit, bien trop près pour notre confort. L’horloge, créée deux ans après la mise au point des premières armes atomiques en 1945, est évaluée chaque année par le Conseil des sciences et de la sécurité du Bulletin, en consultation avec son Conseil de mécènes, qui décide s’il faut déplacer l’aiguille des minutes ou la laisser où elle est.

Le temps qu’ils mettent de nouveau l’horloge à l’heure, elle pourrait bien être proche de l’anéantissement. Les traités déjà bien peu contraignants de contrôle des armements sont en train d’être déchirés, alors que les grandes puissances sont assises sur un arsenal de près de 13 500 armes nucléaires (dont plus de 90 % sont détenues par les seules Russie et États-Unis).

Le déploiement de ces armes pourrait fort bien rendre la planète plus inhabitable encore. La marine américaine a déjà déployé des têtes nucléaires tactiques W76-2 à faible portée. Les mesures immédiates en faveur du désarmement nucléaire doivent être inscrites à l’ordre du jour du monde. La journée d’Hiroshima, commémorée chaque année le 6 août, doit devenir une journée plus intense de recueillement et de contestation.

2/ La catastrophe climatique

Un article scientifique publié en 2018 a fait la une des journaux : « La plupart des atolls seront inhabitables d’ici le milieu du XXIe siècle en raison de l’élévation du niveau de la mer qui aggravera les inondations causées par les vagues. » Les auteurs ont découvert que les atolls, depuis les Seychelles jusqu’aux îles Marshall, sont susceptibles de disparaître.

Un rapport des Nations unies de 2019 a estimé qu’un million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction. Si l’on ajoute à cela les incendies catastrophiques et l’important blanchissement des récifs coralliens, il est clair que nous ne devons davantage nous concentrer sur les clichés selon lesquels telle ou telle autre chose serait le canari dans la mine de charbon de la catastrophe climatique ; le danger n’est pas dans le futur, mais bien dans le présent.

Il est vital que les grandes puissances – qui n’arrivent absolument pas à se détourner des combustibles fossiles – s’engagent à respecter l’approche de la déclaration de Rio de 1992 qui prévoit des « responsabilités communes mais différenciées » sur l’environnement et le développement.

Il est révélateur que des pays comme la Jamaïque et la Mongolie aient, avant 2020, actualisé leurs plans climatiques devant les Nations unies, comme le prévoit l’accord de Paris, alors même que ces pays ne produisent qu’une infime partie des émissions mondiales de carbone. Les fonds qui avaient été engagés en faveur des pays en développement pour leur participation au processus sont pratiquement taris, tandis que la dette extérieure a explosé. Cela montre un manque de sérieux élémentaire de la part de la « communauté internationale ».

Vous pouvez lire la traduction inédite en intégralité sur le site Les Crises. L’article original a été publié sur Consortium News.

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