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Avec ces nouvelles journées de manifestation, le Hirak reprend là où la pandémie et le confinement l’avaient arrêté. Viscéralement pacifiste, le mouvement promet qu’il aboutira « en 2 ans ou en 20 ans » et réitère sa volonté de voir quitter la scène politique « tous ceux qui ont déjà exercé le pouvoir ». La version algérienne du « qu’ils s’en aillent tous » (« que se vayan todos ») s’inscrit dans l’histoire des révolutions citoyennes.
Dalila Touat a distribué des tracts en soutien aux chômeurs et a notamment été jugée pour « outrage à des fonctionnaires et institutions de l’Etat », « diffamation ». Les militants politiques continuent à être poursuivis en Algérie. Le 11 janvier 2021, le parquet avait demandé qu'une amende de 300 000 dinars soit fixée à son égard et elle a été condamnée à 18 mois de prison ferme. Selon le Comité National pour la Libération des Détenus, une centaine de détenus sont aujourd'hui emprisonnés pour des motifs politiques : il faut que la répression du hirak cesse au plus vite et soit condamnée !
Les Algériens sont maintenant sans nouvelle de leur président Abdelmadjid Tebboune depuis le 24 octobre 2020. Dans un communiqué du 30 novembre 2020, la présidence annonce qu'il sera de retour dans les prochains jours. Une vacance du pouvoir qui n'est pas sans rappeler la situation sous Abdelaziz Bouteflika, lorsque celui-ci était au pouvoir dans le coma.
Pour Jean-Luc Mélenchon, le "hirak" est une révolution citoyenne par plusieurs de ses caractéristiques : jusqu’à cette étape-ci, la révolution citoyenne en Algérie fonctionne dans une forme quasi chimiquement pure. On reconnait en elle les traits communs des autres mouvements insurrectionnels de ce type. Mais elle les affiche avec une puissance qui met tous les traits connus à nu. Et ils prennent en Algérie une forme plus claire et nette que dans bien d’autres cas auparavant."
L’image restera sans doute dans l’histoire de la révolution du Sourire. Nous sommes le 19 février 2019 à Khenchela, ville moyenne de l’est algérien. Couvrant la façade des deux étages du siège de la municipalité, la toile géante où figurait un homme grabataire postulant à un cinquième mandat présidentiel est brutalement arrachée par de jeunes manifestants. La plupart d’entre eux n’a connu que le régime de Bouteflika.

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