Cet article fait partie du dossier Contre le lawfare

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Philippines : la terreur règne, ça suffit !

« Tuez-les par balle » : ces propos à l’inhumanité glaçante sont les derniers en date du président philippin Duterte à l’encontre de celles et ceux qui ne respectent pas le confinement décrété. Faut-il y voir seulement une nouvelle saillie verbale ? Malheureusement le souvenir des 30 000 meurtres extrajudiciaires commis dans le pays au cours des quatre dernières années nous apprend que cela n’est pas le cas.

Ce texte a été rédigé le 18 septembre 2020 par Manuel Bompard, député européen du groupe GUE et chef de la délégation de la France insoumise au Parlement européen.

Duterte continue de régner d’une main de fer en muselant toutes les oppositions, attaquant les défenseurs des droits humains et les syndicalistes. Le détournement de l’appareil judiciaire afin de persécuter et discréditer les voix dissonantes est monnaie courante aux Philippines, faisant de ce pays un énième exemple de la mondialisation de ce que l’on appelle le « lawfare ».

Prolongeant au Parlement européen notre travail de dénonciation de cette pratique inique et de défense des oppositions démocratiques, la délégation France insoumise au Parlement européen a été la cheville ouvrière de l’adoption du Parlement d’une résolution condamnant fermement le drame philippin. Notre délégation insoumise a été avertie il y a plusieurs mois déjà des initiatives concrètes de lutte et de solidarité prises aux Philippines ; la négociation de cette résolution a été l’occasion pour nos eurodéputés insoumis d’approfondir notre coopération avec les syndicats philippins et mondiaux, la Commission nationale des droits de l’homme et le Comité de soutien pour la libération de la sénatrice Leïla de Lima.

La sénatrice de Lima est le symbole vivant de la persécution de l’opposition politique par le biais du lawfare et la France insoumise a déjà eu l’occasion de demander sa libération en participant au forum international sur le lawfare au mois de février.

La résolution adoptée par le Parlement européen prononce une condamnation sans appel des violations des droits humains commis aux Philippines, exige la libération de la sénatrice de Lima et, pour la première fois dans son histoire, « dénonce le recours abusif à la loi et aux systèmes judiciaires pour réduire au silence les voix critiques » ; le Parlement européen se prononce donc contre la définition exacte de la pratique du lawfare !

Les condamnations sont une chose, encore faut-il les moyens de les appliquer

Les Philippines bénéficient de ce qu’on appelle des préférences commerciales (SPG+) sur les produits qu’elles exportent vers l’Union européenne. En contrepartie de cette forme de libre-échange, les Philippines s’engagent respecter 27 conventions internationales relatives aux droits humains, au droit du travail et à la protection de l’environnement. Évidemment, le président Duterte ne respecte aucun de ces engagements et la Commission européenne ne trouve rien à dire en la matière. Par son silence coupable et sa volonté de maintenir les SPG+, la Commission encourage la poursuite de la répression par ce pouvoir autoritaire.

Là encore la résolution est explicite dans le message qu’elle envoie à la Commission puisqu’elle lui demande d’engager « sans délai la procédure qui pourrait conduire à une suppression temporaire des préférences SPG+ ».

La balle est désormais dans le camp de la Commission européenne. Agira-t-elle comme lui demande le Parlement européen ou prouvera-t-elle à nouveau que son engagement proclamé pour les droits humains s’arrête devant l’impérieuse nécessité de préserver son obsession libre-échangiste ?

Dans tous les cas les député-es insoumis-es seront présents aux côtés du peuple philippin dans sa lutte.

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Marina Mesure

Syndicalisme international

Marina Mesure is a specialist of social issues. She has worked for several years with organizations defending workers’ rights such as the European Federation of Building and Wood Workers.

She has campaigned against child labor with the International Labor Organization, against social dumping and the criminalization of unionism. As a famous figure in the international trade union world, she considers that the principle of “equal work, equal pay « remain revolutionary: between women and men, between posted and domestic workers, between foreigners and nationals ».

Marina Mesure, especialista en asuntos sociales, ha trabajado durante varios años con organizaciones de derechos de los trabajadores como la Federación Europea de Trabajadores de la Construcción y la Madera.

Llevo varias campañas contra el trabajo infantil con la Organización Internacional del Trabajo, contra el dumping social, y la criminalización del sindicalismo. Es una figura reconocida en el mundo sindical internacional. Considera que el principio de « igual trabajo, igual salario » sigue siendo revolucionario: entre mujeres y hombres, entre trabajadores desplazados y domésticos, entre extranjeros y nacionales « .

Spécialiste des questions sociales, Marina Mesure travaille depuis plusieurs années auprès d’organisations de défense des droits des travailleurs comme la Fédération Européenne des travailleurs du Bâtiment et du Bois.

Elle a mené des campagnes contre le travail des enfants avec l’Organisation internationale du travail, contre le dumping social, la criminalisation du syndicalisme. Figure reconnue dans le monde syndical international, elle considère que le principe de « travail égal, salaire égal » est toujours aussi révolutionnaire : entre les femmes et les hommes, entre les travailleurs détachés et domestiques, entre étrangers et nationaux ».

Sophia Chikirou

Directrice de la publication

Sophia Chikirou is the publisher of Le Monde en commun. Columnist, director of a documentary on the lawfare, she also founded several media such as Le Média TV and the web radio Les Jours Heureux.

Communications advisor and political activist, she has worked and campaigned in several countries. From Ecuador to Spain, via the United States, Mexico, Colombia, but also Mauritania, she has intervened with progressive and humanist movements during presidential or legislative campaigns.

In 2007, she published Ma France laïque (La Martinière Editions).

Sophia Chikirou es directora de la publicación de Le Monde en commun. Columnista, directora de un documental sobre el lawfare, también fundó varios medios de comunicación tal como Le Média TV y la radio web Les Jours Heureux.

Asesora de comunicacion y activista política, ha trabajado y realizado campañas en varios países. Desde Ecuador hasta España, pasando por Estados Unidos, México, Colombia, pero también Mauritania, intervino con movimientos progresistas y humanistas durante campañas presidenciales o legislativas.

En 2007, publicó Ma France laïque por Edicion La Martinière.

Sophia Chikirou est directrice de la publication du Monde en commun. Editorialiste, réalisatrice d’un documentaire sur le lawfare, elle a aussi fondé plusieurs médias comme Le Média TV et la web radio Les Jours Heureux.

Conseillère en communication et militante politique, elle a exercé et milité dans plusieurs pays. De l’Equateur à l’Espagne, en passant par les Etats-Unis, le Mexique, la Colombie, mais aussi la Mauritanie, elle est intervenue auprès de mouvements progressistes et humanistes lors de campagnes présidentielles ou législatives.

En 2007, elle publiait Ma France laïque aux éditions La Martinière.

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