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4 juillet 2021 : et le Chili enterra définitivement la Constitution de Pinochet. Ce jour-là restera dans l’histoire : le pays a lancé le processus de rédaction de sa nouvelle Constitution, et a élu pour présider l’Assemblée qui va travailler pendant neuf mois pour écrire la nouvelle Loi fondamentale, une femme aborigène Mapuche, Elisa Loncon.
Les Chiliens étaient appelés aux urnes ce week-end dans le cadre du scrutin le plus important de ces trente dernières années : les élections constituantes, dont l’objectif est d’élire les citoyens qui rédigeront la nouvelle constitution du pays. Les résultats sont tombés : la gauche et les indépendants devancent largement la droite conservatrice qui n’a pas atteint la minorité de blocage. La première constitution démocratique de l’histoire du Chili sera rédigée par une assemblée paritaire, une première dans le monde, qui inscrira de profondes réformes sociales dans la Loi fondamentale, rompant ainsi avec la constitution néolibérale héritée de Pinochet.
Les Chiliens avaient obtenu un vote pour désigner les constituants en charge de rédiger la future constitution du pays. Ce vote, initialement prévu le 11 avril, a eu lieu le dimanche 16 mai 2021, après un report dû aux conditions sanitaires. Les résultats, malgré une faible participation, ouvrent une nouvelle ère politique. Christophe Ventura nous propose une réaction à chaud pour prendre la mesure de l'événement.
Les mois passent et le candidat communiste aux élections chiliennes Daniel Jadue reste plébiscité dans les sondages. Passé de 6 à 24% des intentions de vote, le candidat fait peur et reconfigure les alliances politiques. Face aux partis de la Concertation qui ont accepté le système économique (la Démocratie Chrétienne et le Parti Socialiste), le Parti Communiste et Frente Amplio se rapprochent, jusqu'à présenter des listes communes pour la Constituante. Une perspective qui se précise pour rompre avec l'ordre établi, l'ordre hérité de Pinochet.
Dimanche 25 octobre 2020, le pueple chilien a poursuivi la révolution citoyenne dans les urnes, fermant ainsi la page de l'ère Pinochet. En exigeant une nouvelle constitution et une assemblée paritaire et citoyenne, les Chiliens se réapproprient leur destin et leur Histoire. Arnaud le Gall et Claudio Calfuquir reviennent sur cet épisode qui fera date.
Près de 15 millions de Chiliens pouvaient voter le 25 octobre 2020. Les jeunes qui avaient boudé les précédents scrutins se sont déplacés en nombre. En se prononçant sur la Constitution et le type d'assemblée qu'il voulait voir naître, c'est la constituante que le peuple a largement plébiscité ! Plus qu'une convention mixte de citoyens et parlementaires, ils ont demandé une assemblée paritaire uniquement faite de citoyens !
Tourner la page de la présidence de Sebastián Piñera, l'homme d'affaire de droite au profit du communisme, voilà ce que laissent espérer plusieurs sondages ! Daniel Jadue, maire de Recoleta, commune de près de 150 000 habitants progresse de manière constante dans les sondages. Il est passé de 6 à 24%. Pour autant, rien n'est fait puisque depuis les années 1930, le Parti Communiste n'a présenté qu'un seul candidat à ce scrutin. Plusieurs scrutins doivent encore être passés ainsi qu'une primaire, mais ces sondages peuvent laisser rêver à un autre Chili...
En quoi le gouvernement de Salvador Allende avait-il bousculé les intérêts des puissants ? Comment le coup d’État fut-il orchestré ? De quelle façon le Chili se souvient-il du dirigeant socialiste et du dictateur néolibéral ? «Le Monde diplomatique» propose de répondre à ces questions à travers une sélection d’archives exceptionnelles et d’articles récents en libre accès sur son site internet.

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