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Exploitations minières : L’heure de la riposte a sonné

En Amérique du Sud, les autorités sonnent la contre-attaque face aux multinationales qui souhaitent poursuivre des opérations sur d'immenses exploitations minières. Un changement de pied qui résulte souvent de demandes citoyennes très fortes.

Non, le projet à trois milliards de dollars ne se fera pas. Les autorités chiliennes ont refusé la demande d’Anglo American pour agrandir son exploitation de cuivre à Los Bronces, au Nord-Est de Santiago. C’est l’Agence d’analyse environnementale du Chili (SEA) qui a refusé d’accorder son feu vert, émettant des réserves sur l’impact environnemental d’un tel projet avec de potentiels risques de santé publique. La perturbation du cycle de l’eau a été évoqué parmi les sujets à risque dans cette expansion minière. Si la zone de Los Bronces attise autant les appétits, c’est qu’elle concentrerait 30 % des réserves du pays en cuivre et surtout 10 % des réserves mondiales.

Du côté de la Colombie, les mêmes arguments ont été retenus contre un projet d’AngloGold Ashanti sur l’une de ses concessions. Située à Quebradona, elle aurait dû devenir un haut lieu de l’exploitation de cuivre. Beaucoup plus au Nord, c’est Andrés Manuel López Obrador, à la tête du Mexique, qui a acté la nationalisation des mines de lithium sur le territoire, une décision dans la pleine lignée du pionnier bolivien. Le Mexicain est même allé plus loin, annonçant une alliance prochaine avec la Bolivie mais également le Chili et l’Argentine pour gérer mutuellement ces stocks de lithium dans une structure publique inter-gouvernementale inédite.

Mais ces changements ont des limites, souvent associés à la volonté politique de la personne au pouvoir. Le Brésil est ainsi engagé depuis 2019 dans un détricotage de la législation sur l’exploitation des ressources naturelles. Jair Bolsonaro, président d’extrême droite, soutien pleinement les intérêts financiers des entreprises minières. Il y a deux ans, c’est Jeanine Añez qui avait facilité le travail de ces multinationales à la suite de son coup d’État contre Evo Morales. Au Pérou, Pedro Castillo doit affronter une levée de boucliers des conservateurs qui veulent empêcher sa réforme constitutionnelle qui permettrait une nationalisation des mines. Du côté de la Guyane française, c’est uniquement l’engagement de long cours de militants qui a permis de faire cesser le projet de la Montagne d’Or.

Ces mobilisations citoyennes sont indispensable pour la réussite de ces tournants radicaux. Au Chili, une large part de la population est favorable à une nationalisation des « ressources naturelles stratégiques » afin de les exploiter avec un contrôle très strict. Une façon d’en atténuer l’impact sur l’environnement et sur les communautés locales. Cette proposition, portée par les progressistes de l’Assemblée constituante (chargée de la rédaction d’une nouvelle constitution), devra affronter – comme au Pérou – les barrières soulevées par une opposition de droite libérale et favorable aux investissements étrangers. Un combat difficile mais que les forces de gauches sont prêtes à mener pour les générations futures.

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