Arnaud Le Gall

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Les semaines écoulées ont vu une intensification des grandes manœuvres qui marquent la scène internationale depuis que le processus de transformation de la hiérarchie des puissances s’est accéléré au tournant des années 2010. Pendant ce temps, après avoir un peu boudé face à Joe Biden suite à « l’affaire des sous-marins » Emmanuel Macron a capitulé puis est resté invisible, à l’ONU notamment.
La politique unilatérale des USA qui ont mis leurs alliés devant le fait accompli en Afghanistan, puis l’humiliation infligée à la France dans l’affaire des sous-marins australiens ont été l’occasion d’une relance des mantras sur « l’Europe de la défense ». Nous sommes prévenus, l’Europe de La Défense, couplée à celle de l’ « autonomie stratégique » européenne soi-disant recherchée par Emmanuel Macron, sera au cœur de l’agenda de la présidence française de l’Union européenne qui débute en janvier 2022. Mais cette direction n’est en aucun cas une alternative à l’inféodation aux USA. Au contraire, elle révèle surtout le vide de vision stratégique des gouvernements depuis le réalignement occidental et atlantique de notre diplomatie impulsé à partir de la présidence de Nicolas Sarkozy, et jamais démenti depuis. Comme le rappelle cet article de 2019 qui reste profondément d’actualité, l’Europe de la défense est une chimère à laquelle il serait irresponsable d’aliéner tout ou partie de la souveraineté militaire française. A l’opposé de tout enfermement atlantiste dont « l’Europe de la défense » ne serait qu’une variante, la réponse à la transformation des équilibres géopolitiques doit être une action internationale non alignée. Nous republions cet article d'Arnaud Le Gall paru dans la revue papier "L'intérêt Général" en 2019, et plus que jamais d'actualité.
Les discours dominants sur la victoire des talibans restent le plus souvent cantonnés à une posture morale interdisant de comprendre comment on en est arrivé là. Sauf à accepter que les mêmes politiques internationales absurdes continuent à être mises en œuvre, ou qu’aucune leçon de cette déroute ne soit tirée concernant la politique de la France au Sahel, la tragédie que représente pour des milliers de personnes le retour des talibans doit être analysée rationnellement. Chercheur associé à l’IRIS, ex-attaché politique près la Commission européenne au Pakistan (2002-09), Georges Lefeuvre est spécialiste de l’arc de crise Afghanistan-Pakistan-Inde. Anthropologue et linguiste de formation, il totalise six ans de séjour dans les zones tribales à la frontière afghano-pakistanaise, ou se joue une large part du destin de la région.
Les discours dominants sur la victoire des Talibans auront interdit une analyse à grande échelle de ses tenants et aboutissants. Le schème est connu : il ne sera pas dit que les droits humains sont bafoués sans que nous nous indignions ! Les images bouleversantes de femmes, d’hommes, d’enfants tentant de fuir un nouveau régime dont ils savent trop de quoi il est capable font le reste.
Les étudiants, journalistes, membres des mouvements citoyens et politiques présents à la conférence de Jean-Luc Mélenchon à l’université de Ouagadougou nous ont dit avoir ressentis qu’il ne s’agissait pas d’un énième discours sans lendemain « d’un politicien français ». La conférence de Jean-Luc Mélenchon, autre voix de la France en Afrique, a été plus qu’un discours. Elle a aussi été une rencontre, dans la continuité de celles effectuées pendant les 3 jours ayant précédé l’épilogue de ce déplacement. En témoigne l’intense séance de questions auxquelles le président du groupe parlementaire de la France Insoumise a répondu sans langue de bois pendant une heure. L’inverse de la conférence de Macron dans le même lieu en 2017, qui avait vu les étudiants bloqués et gazés à l’extérieur de l’université par des rangées de CRS, et les questions soigneusement sélectionnées à l’avance.
Le bilan s’est malheureusement alourdi depuis la publication de notre article sur les responsabilités du gouvernement israélien dans la destruction des espoirs de paix. 83 palestiniens sont morts dans les raids israéliens sur Gaza, dont 17 enfants. 7 israéliens sont morts du fait des roquettes du Hamas, dont un enfant. Le bilan de cette irresponsable fuite en avant risque de s’alourdir de jours en jours. D’autant que, comme vient de le rappeler Eli Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël en France et homme de paix, le premier ministre israélien Netanyahou mène depuis longtemps une politique cynique consistant entre autres à favoriser les franges politiques palestiniennes les plus radicales, comme le Hamas. Ce dernier, tout aussi affaibli politiquement, a lui aussi intérêt à l’escalade. Tous ceux aspirant à la paix sont victimes de cette fuite en avant guerrière.
Depuis plusieurs semaines les palestiniens de Jérusalem-Est sont victimes de la répression concertée de la police, de colons et de militants suprémacistes israéliens criant leur haine « des arabes » sur fond de nouvelle campagne d’expropriations et d’éviction touchant des dizaines de familles.
À l’occasion de la récente visite du Pape François en Irak, une première historique, nous sommes revenus sur la situation en Irak. Ce pays est traversé, comme la Syrie, par toutes les violences politiques qui marquent le Proche Orient depuis des décennies. Il est également le théâtre de mobilisations citoyennes. Entretien avec Adel Bakawan, Directeur du Centre de sociologie de l’Irak (Université de Soran en Irak), Directeur du département recherche de l’Institut de Recherche et d’Etudes Méditerranée Moyen-Orient (IREMMO), chercheur associé de l’Institut français des relations internationales (IFRI). Il a publié de plusieurs ouvrages concernant notamment l’Irak. Entretien réalisé par Arnaud Le Gall, avec l’aide de Laure Saboureux, Linda Manceau et Alex Piguet.

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