Arnaud Le Gall

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Deux semaines après le coup d’Etat des 23-24 janvier au Burkina Faso, le lieutenant-colonel Damiba, principal organisateur du renversement du président Roch Kaboré, a été déclaré la semaine dernière « président » par le Conseil constitutionnel. Le président du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR, junte au pouvoir) exercera cette fonction jusqu'au retour à l'ordre constitutionnel.
Jeudi 10 février, l’émission Elysée 2022, sur France 2 recevait Jean-Luc Mélenchon. Interrogé sur la crise ukrainienne et la situation au Mali, le candidat de l’Union populaire à l’élection présidentielle a élevé le débat en sortant des questions binaires qui lui ont été posées. Il a de nouveau démontré qu’il est le seul candidat à proposer pour la France une diplomatie indépendante et non-alignée.
Analyser ce qui se joue depuis plusieurs semaines dans la crise autour de l’Ukraine suppose de se défaire d’une couverture médiatique délirante, ayant moins pour objectif d’informer que de créer une ambiance anxiogène et de conditionnement. Pas une journée ne passe depuis Novembre sans que plusieurs articles ne nous alertent sur une possible « invasion imminente » de l’Ukraine par la Russie, sur les « faiblesses » des Occidentaux « affaiblis par leurs divisions » (comprendre « il faut faire bloc face à la Russie derrière les USA ») etc. 
Lors de son discours devant le Parlement européen Emmanuel Macron a multiplié les renoncements, comme sur le pacte de stabilité, qui n'a même pas été évoqué. Les hypocrisies, comme sa proposition d’inscrire le droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux, pour mieux faire oublier que les marcheurs venaient d’élire à la présidence du parlement européen une fervente opposante au droit à l’IVG. Les formules d’un niveau de généralité leur enlevant toute signification, comme les développements laborieux sur la souveraineté. Bref, on aura eu le droit à un discours structuré autour de « trois grandes promesses » mais dont il n’y a guère à attendre si ce n’est la continuité en Europe d’un modèle autoritaire et ordolibéral qui sied au président de la République.
Le Kazakhstan a connu la semaine dernière un soulèvement populaire aussi intense que bref. Déclenché par la hausse du prix du gaz, le soulèvement a rapidement contesté le régime lui-même, avant d’être étouffé par l’armée nationale avec l’aide des troupes d’une Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) qui a fonctionné ici comme une sainte alliance au service d’un régime autoritaire et corrompu. Mais le plus étonnant est le quasi silence des « démocraties occidentales », si promptes d’ordinaire à donner des leçons de droits de l’homme quand cela les arrange. Cette discrétion s’explique par un consensus glauque : tous les puissants du monde veulent avoir accès au Kazakhstan.
Les manifestations commémorant le troisième anniversaire de la révolution au Soudan ont réuni des dizaines de milliers de personnes dans tout le pays. Les citoyens ont scandé des slogans comme « le pouvoir au peuple » contre le nouveau pouvoir militaire issu du coup d’Etat mené le 25 octobre par le général Abdel Fattah Al-Bourhane.
Considérée sous la 5e République comme « domaine réservé » du président, la politique étrangère et de défense est mise hors du débat démocratique. Tout au plus est-elle abordée à travers le prisme de la pitié humanitaire intéressée et/ou d’une litanie de menaces – l’immigration, la Russie, la Chine, le terrorisme etc.- qui, nous dit-on, ne laisseraient d’autre choix que de se ranger derrière la bannière des États-Unis, fer-de-lance de « l’alliance des démocraties », avatar du « monde libre » cher aux propagandistes de la guerre froide.
Il y a quelques jours l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a lancé un nouveau cri d’alarme : l'Afghanistan est au bord d’une famine mettant en danger de mort au moins la moitié de sa population cet hiver. La cause première est le régime de sanctions extra-légales impulsées par le États-Unis.

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