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« Suisse Secrets », le linge sale du Crédit Suisse

Malgré les alertes répétées, les affaires se suivent et se ressemblent. Une enquête du Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), consortium de 47 médias internationaux, révèle le contenu de 18 000 comptes bancaires hébergés au Crédit Suisse. Autour de 95 milliards d’euros à l’origine douteuse se trouveraient dans ceux-ci.

Ce sont de nouvelles révélations bancaires publiées par 47 titres de presse dans le monde. Les données de 18 000 comptes bancaires hébergés au Crédit Suisse ont été analysées, révélant des pratiques douteuses de la banque. Celle-ci serait peu regardante sur l’origine de fonds, contribuant ainsi au crime organisé, à la corruption ou au détournement d’argent public. Plusieurs chefs d’État et hommes politiques, figures du grand banditisme ou employés de grandes entreprises sont ainsi cités.

Le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev est présent dans les données, comme la fille de Nazarbaïev, son prédécesseur, qui dispose de 33 millions d’euros dans un compte. Le roi de Jordanie, habitué de ces révélations est également épinglé. Des personnalités accusées de « crime contre l’humanité » comptent également parmi les clients du Crédit Suisse, notamment Khaled Nezzar, acteur de la guerre civile algérienne. Ghaleb Al-Qamish détenait également un compte avec au moins 4,8 millions d’euros jusqu’en 2011. Dirigeant du renseignement intérieur yéménite dans les années 90, il a organisé avec l’aide américaine une institutionnalisation de la torture dans le pays. Des trafiquants de drogue bulgares comme des acteurs de la mafia calabraise sont également cités. Enfin, des tentatives de corruption par Siemens de responsables nigérians ont également été identifiés dans la fuite.

Avec de telles révélations, le Crédit Suisse se retrouve au cœur d’une machine à laver l’argent sale au nom du profit inconsidéré. La banque est ainsi accusée de ne pas avoir respecté ses obligations de vigilance. La Suisse étant signataire d’un accord d’échange automatique des informations bancaires avec les pays de l’Union européenne depuis 2017, seul 1 % des données concernent des bénéficiaires en Europe occidentale. À l’inverse, les bénéficiaires issus de pays non signataires d’une telle convention d’échange avec la Suisse sont surreprésentés. C’est le cas de l’Égypte ou de l’Ukraine. Par son action, le Crédit Suisse contribue aux souffrances d’une population de ces pays qui subit de plein fouet les conséquences concrètes de la corruption, du crime organisé et des détournements publics.

Les données récupérées par le consortium concernent 30 000 bénéficiaires et couvrent une période allant des années 1940 jusqu’à la fin des années 2010. Les sommes concernées avoisinent les 100 millions de dollars (90 millions d’euros). Les données ont été transmises l’années dernière au Süddeutsche Zeitung, déjà à l’origine de plusieurs révélations sur le secteur de la finance et ses excès, notamment les Panama et les Paradise Papers. 152 journalistes de trente-neuf pays se sont ensuite organisés afin d’étudier les données qui mettent en lumière les pratiques occultes du Crédit Suisse et de ses clients. De son côté, la banque écarte tout manquement et affirme que la plupart des faits sont anciens.

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