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La Paix

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Le gouvernement israélien contre la paix

Depuis plusieurs semaines les palestiniens de Jérusalem-Est sont victimes de la répression concertée de la police, de colons et de militants suprémacistes israéliens criant leur haine « des arabes » sur fond de nouvelle campagne d’expropriations et d’éviction touchant des dizaines de familles.
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Le calendrier ne doit rien au hasard, en plein mois du ramadan. Au lourd bilan humain s’élevant à des centaines de blessés côté palestinien s’ajoute une humiliation volontaire de la part du gouvernement israélien, soutien sans faille des franges les plus radicales de la société israélienne. 

La situation s’est aggravée depuis le 7 mai. Au prétexte de maintenir l’ordre alors que des milliers de palestiniens manifestent quotidiennement pour leurs droits, la police israélienne est intervenue sur l’Esplanade des Mosquées, faisant fi des  70 000 personnes rassemblées pour la prière. Au moins 178 d’entre elles ont été blessés – le plus souvent à la tête –  parmi lesquelles 88 ont été hospitalisées. L’armée israélienne est allée jusqu’à tirer des gaz lacrymogènes dans une clinique du Croissant Rouge. 

La journée du lundi 10 mai, « anniversaire » de la conquête par Israël de Jérusalem Est, occupée illégalement au regard du droit international depuis 1967, avait tout pour être explosive. Des affrontements ont provoqué l’incendie d’oliviers entourant la Mosquée. Si les dégâts matériels sont faibles, les images de radicaux israéliens dansant de joie en voyant les feux ont fait le tour du monde. Leur charge symbolique est terrible. 

Entre temps, le mouvement palestinien Hamas a tiré dans la nuit de dimanche à lundi des roquettes artisanales depuis la bande de Gaza, heureusement sans faire de victimes côté israélien. Ces tirs inacceptables ont provoqué en retour une réaction disproportionnée de l’armée israélienne qui a fait 20 morts dont 9 enfants. Gaza, qui subit un interminable blocus terrestre, maritime et aérien illégal, peut également exploser à tout moment. Selon les ONG 97% de l’eau y est imbuvable, un tiers des médicaments sont en rupture de stock en pleine pandémie aggravée par les restrictions israéliennes, 53% des habitants y vivent sous le seuil de pauvreté, 68% n’y mangent pas à leur faim, et 54% d’entre eux survivent uniquement grâce à l’aide humanitaire. 

Face à cette escalade l’ONU a de nouveau exhorté Israël à mettre fin à toute expulsion forcée de Palestiniens à Jérusalem-Est. La France a exprimé sa « préoccupation » dans un communiqué rappelant les termes du droit international. Mais l’absence de portage politique au plus haut niveau de l’Etat affaiblit ce message. Les défenseurs, notamment palestiniens et israéliens, du droit international de la paix auraient toutefois espéré un soutien politique affirmé à plus haut niveau de la part d’un pays longtemps en pointe sur ce dossier. La France insoumise a de son côté demandé une condamnation plus ferme des opérations d’expulsion qui mettent le feu aux poudres.

Le Processus de Paix issu des Accords d’Oslo signés il y a plus de 25 ans entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin, le premier ministre assassiné par un extrémiste israélien pour avoir choisi le camp de la paix dans l’intérêt de son pays, subit un travail de sape de longue date (on se souvient par exemple de la menace, toujours présente d’annexion totale de la Vallée du Jourdain, qui signifierait la fin pure et simple de toute possibilité d’un Etat Palestinien viable (lire à ce sujet cette analyse du Journal de l’Insoumission d’août 2020). Le quartet pour le Proche-Orient (ONU, UE, États-Unis, Russie), censé le porter, a notamment appelé les forces de l’ordre israéliennes « à la retenue ».  

Ces déclarations sont sans prise sur le gouvernement israélien, dont l’agenda est dicté par une extrême droite plus forte que jamais, et de longue date membre du gouvernement. En lutte pour sa survie politique, et empêtré dans des affaires de corruption, le premier ministre en exercice Benjamin Netanyahu a prévenu que l’Etat hébreu fera « respecter la loi et l’ordre, avec fermeté et responsabilité », en défendant les colonies juives de la partie orientale de Jérusalem, pourtant reconnue comme capitale de la Palestine dans les Accords de Paix. 

Face à un tel entêtement il faudra plus que des mots pour sauver un processus de paix au point mort depuis des années, et endiguer une dérive radicale qui nuit aux deux peuples. N’en déplaise aux extrémistes, l’intérêt des peuples Palestinien et des Israéliens est de construire la Paix. 

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