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La péninsule ibérique confrontée à une sécheresse historique

Des barrages vidés, une eau absente. C'est le spectacle désolant qu'offre un certain nombre de lacs artificiels espagnols cet hiver. À la suite d'un mois de janvier particulièrement sec (le deuxième plus anhydre depuis le début du siècle) accompagné de températures douces, les ressources hydriques de la péninsule ibérique sont au plus bas.

Les barrages ne sont en moyenne remplis qu’à 44,3 % de leur capacité maximale, chiffre le plus bas depuis cinq ans, d’après les données communiquées par le ministère espagnol de la Transition écologique. Ce chiffre cache pourtant de très fortes disparités. Si toute la côte nord du pays, au-delà de la cordillère Cantabrique, ne connaît pas de difficultés particulières, le bassin du Guadalquivir, dans le pays andalou, souffre de lacs artificiels en dessous des 30 % de remplissage. Et cette donnée n’est pas isolée. Partout dans sud de l’Espagne les ressources en eau se font de plus en plus rare. Plus à l’ouest, chez le voisin portugais, la situation n’est guère plus optimiste. Plusieurs cours d’eau ont cédé leur place à de maigres filets quand ce n’est pas juste un lit complètement asséché.

Cette situation entraîne plusieurs difficultés dans les deux pays de la péninsule ibérique qui appuient en partie leur stratégie énergétique sur la production hydroélectrique. Au Portugal, la production de plusieurs barrages a ainsi dû être suspendue afin de maintenir une quantité stratégique d’eau pour faire face à des besoins plus urgents. Si la Galice attend des pluies cette semaine, elle a néanmoins maintenu son état de pré-alerte face au risque de pénurie d’eau. En Andalousie comme en Estrémadure, certaines restrictions ont déjà été déployées pour limiter l’utilisation d’eau avec des rationnements.

Ce stress hydrique se traduit par des conséquences concrètes pour le secteur agricole. Certaines récoltes s’annoncent déjà particulièrement faibles, avec le milieu céréalier confronté aux plus grandes difficultés. Cette sécheresse a aussi une influence sur la biodiversité. Des animaux sauvages commencent à s’attaquer aux cultures dans les alentours de Valence où les barrages ne sont remplis qu’à 22 %.

Si la situation est jugée grave, c’est surtout la perspective de cet été qui inquiète le plus. L’Agence espagnole de météorologie (Aemet) a déjà prévenu que ce printemps 2022 sera plus sec que les années précédentes. L’Andalousie a déjà battu un record de sécheresse vieux de 70 ans et s’interroge sur les risques d’incendie dans quelques mois. Au Portugal, les images de l’incendie autour de la nationale 236, qui avait entraîné 65 décès en 2017, continue de hanter l’imaginaire collectif. Les chaleurs de cet été pourraient donc provoquer des incendies importants, difficilement accessibles et incontrôlables. Au-delà de ces inquiétudes, c’est la question du climat qui est soulevée avec la difficile adaptation à des phénomènes climatiques de plus en plus extrêmes. Ce qui était exceptionnel hier devient la norme de nos jours.

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