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La Bolivie comme nouvelle aube, l’analyse de Jean-Luc Mélenchon

Dimanche 19 octobre 2020, Luis Arce a remporté les élections présidentielles boliviennes malgré les pressions qui pesaient sur les membres du Mouvement vers le Socialisme (MAS). Les Boliviens ont fait le choix de fermer la parenthèse du coup d'État qui avait chassé Evo Morales du pouvoir. Dans une note de blog, Jean-Luc Mélenchon analyse ce scrutin et les conséquences du résultat.

Ce texte a été publié par Jean-Luc Mélenchon sur son site l'Ère du peuple, le 19 octobre 2020. Suite à l'analyse en français, vous pouvez retrouver la traduction par Christian Rodriguez en espagnol : « Bolivia como un nuevo amanecer ».

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L’élection présidentielle en Bolivie a vu la victoire dès le premier tour du candidat d’Evo Morales. Fin foudroyante de huit mois de gouvernement d’illuminés bible en main, d’arrogance du proconsul des USA, d’insultes contre les indiens et de pillage des biens de l’État. Cette politique a eu raison des candidats amis du putsch qui a expulsé Evo Morales et martyrisé les membres de son gouvernement et leur famille. Je n’ironiserai pas trop sur l’échec des médias pro-putsch en France qui avaient sagement relayé tous les éléments de langage des agences d’influence nord-américaines. Ceux-là tombent de l’arbre après les résultats dont la validité est reconnue par tout le monde. Tout le monde inclus par les putschistes eux-mêmes, sans parler de la très suspecte OEA qui avait cautionné le putsch et les mensonges contre Evo Morales et ses amis. On était mieux informé en lisant les journaux des USA ces temps derniers sur ce sujet plutôt que les bulletins paroissiaux de l’atlantisme en France.

Ce qui me frappe dans cet épisode bolivien de la lutte générale contre l’Empire et le néolibéralisme en Amérique latine, c’est la victoire morale de la stratégie d’Evo Morales.

Il est temps de dire que nombreux s’était interrogé sur sa validité. En refusant le choc et la bataille rangée que le putsch aurait pu mériter, Evo Morales prenait un grand risque. Celui de la débandade et de la démoralisation de notre famille politique sur place et sur le sous-continent latino-américain. C’est le contraire qui s’est produit.

On ne doit pas sous-estimer cette leçon de stratégie. En refusant tout ce qui aurait pu conduire à une guerre civile, la vie des cadres et militants politiques a été protégée et la capacité à se reployer a été protégée. Dans le passé, chaque coup d’État était suivi d’un massacre dont nous mettions une génération à nous remettre. Ici, deux anciens ministres d’Evo Morales sont élus président et vice-président, vivants, profondément expérimentés. La victoire de ce dimanche est donc d’ample portée dans le rapport de force bolivien et latino. Il l’est évidemment aussi au plan mondial de ce seul fait. Mais il l’est aussi du fait de la leçon de stratégie que le MAS vient de donner. Le peuple bolivien qui nous avait donné Evo Morales vient de confirmer sa contribution à la pensée nécessaire à notre époque.

Vous pouvez retrouver ci-dessous la traduction en espagnol :

Bolivia como un nuevo amanecer

En las elecciones presidenciales de Bolivia, el candidato de Evo Morales ganó en la primera vuelta. Un devastador final de ocho meses de un gobierno de locos con biblias, de arrogancia del procónsul de EE.UU., de insultos contra los indios y el saqueo de la propiedad estatal. Esta política finalmente destruyó a los candidatos amigos del golpe que expulsó a Evo Morales y martirizó a miembros de su gobierno y familia. No voy a ironizar demasiado sobre el fracaso de los medios de comunicación a favor del golpe en Francia, que habían transmitido sabiamente todo el lenguaje de las agencias de influencia norteamericanas. Esos caen del árbol después de los resultados cuya validez es reconocida por todos. Todos incluidos por los propios golpistas, sin mencionar la muy sospechosa OEA que había respaldado el golpe y las mentiras contra Evo Morales y sus amigos. Uno estaba mejor informado leyendo los periódicos de los EE.UU. últimamente sobre este tema en lugar de los boletines parroquiales del atlantismo en Francia.

Lo que me llama la atención en este episodio boliviano de la lucha general contra el Imperio y el neoliberalismo en América Latina es la victoria moral de la estrategia de Evo Morales.

Ha llegado la hora de decir que mucha gente cuestionó su validez. Rechazando el shock y la batalla ordenada que el golpe podría haber merecido, Evo Morales estaba tomando un gran riesgo. El de la debacle y desmoralización de nuestra familia política en Bolivia y en el subcontinente latinoamericano. Ocurrió lo contrario.

Esta lección de estrategia no debe ser subestimada. Al rechazar todo lo que podría haber llevado a una guerra civil, se protegió la vida de los cuadros y activistas políticos y se protegió la capacidad de redespliegue. En el pasado, cada golpe de estado era seguido por una masacre de la cual tomaba una generación para recuperarse. Aquí, dos ex ministros de Evo Morales son elegidos presidente y vicepresidente, vivos, con una gran experiencia. Por lo tanto, la victoria de este domingo es de gran alcance en el equilibrio de poder boliviano y latino. También es, por supuesto, significativo a nivel mundial por ese mismo hecho. Pero también es significativo por la lección de estrategia que el MAS acaba de dar. El pueblo boliviano, que nos dio Evo Morales, acaba de confirmar su contribución al pensamiento necesario para nuestra época.

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