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Indonésie : Manifestations contre le pouvoir

Le président actuel est la cible de manifestants qui craignent une possible prolongation de son mandat hors tout cadre légal. Joko Widodo conteste toute volonté de rester au pouvoir ; ce qui n’a pas empêché la répression violente des manifestants.

Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Jakarta en début de semaine. Un public principalement jeune, issu des plus importantes universités de la mégalopole indonésienne. Les raisons de cette mobilisation ? La première, c’est la baisse du pouvoir d’achat (avec principalement la hausse du coût de l’huile de cuisson). Comme souvent ces dernières semaines, la guerre en Ukraine a provoqué indirectement une hausse des cours du pétrole et les denrées alimentaires subissent de fortes hausses de tarif contre lesquelles le gouvernement ne semble pas agir.

L’autre raison est la crainte d’une prolongation du mandat de Joko Widodo. Ces jeunes sont en effet depuis des années aux avant-postes de la lutte pour la défense de la démocratie dans le pays. Le débrayage des étudiants est une réaction à des rumeurs persistantes, alimentées au plus haut sommet de l’État. Plusieurs ministres ont ainsi appelé le président à prolonger son mandat ou rempiler. Une possibilité lui est offerte par un décalage à plus tard de la date de l’élection prévue en 2024, ou par une modification de la constitution qui permettrait au chef d’État libéral de ne plus limiter la présidence à deux mandats consécutifs.

Ces perspectives ont été écartées par le principal intéressé qui a toutefois tardé à répondre. Entraînant donc cette mobilisation dans la rue, également visible dans d’autres villes du pays. Au cours du défilé, une dizaine de manifestants ont été blessés par les forces de l’ordre qui ont usé de canons à eau et de gaz lacrymogène pour disperser la foule. Plusieurs blessés grave ont été hospitalisés. Pointées du doigt, la police a réagit en dénonçant la violence de certains manifestants qui ne seraient pas étudiants.

Du côté du palais présidentiel, il a finalement fallu attendre le mardi 12 avril pour que Widodo accepte d’adopter une date définitive pour le début officiel de la période électorale. Rappelant par la même occasion son attachement à la constitution et au respect des limites déterminées par celle-ci, il a fixé au 14 juin le début de la période de préparation des élections à venir. C’est que l’année 2024 est particulière de par ses enjeux. Pour la première de l’histoire de l’Indonésie moderne, les élections parlementaires, locales et présidentielle se joueront la même année. Un enjeu qui justifie la mobilisation spontanée des étudiants attachés à leur démocratie si souvent mise en danger.

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