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La fin du libéralisme

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Texte de référence à venir…

l'article

Du Honduras, l’œil sur la France à la dérive

Jean-Luc Mélenchon est actuellement au Honduras. Nous partageons sa dernière note de blog, ainsi que sa traduction en espagnol, en deuxième partie d'article.

La grotesque loi sur « le pouvoir d’achat » est morte avant d’avoir existé. Elle sortira bien identifiée comme une arnaque de plus, quand le débat parlementaire l’aura décortiquée. On doit prévoir que la machine à propagande macroniste va se déchainer pour peindre le plomb en or. À nous de faire que le carrosse redevienne citrouille avant qu’il ne soit trop tard.

J’ai suivi avec l’apaisement du décalage horaire la misérable polémique orchestrée contre Mathilde Panot la présidente de notre groupe parlementaire insoumis, figure montante de la nouvelle gauche française. Il est certain que l’impact des insultes reçues est bien moindre que celui des apprentissages populaires réalisés à cette occasion. Quand on adopte une stratégie de la conflictualité, comme la pratique les macronistes, il faut bien choisir son terrain de jeu.

Je suis certain que de Pétain et compagnie ne peuvent venir que du discrédit et de la honte pour ceux qui les défendent. Mais des milliers de gens découvrent ce qu’ils n’avaient pas vu auparavant. La présence d’un noyau dur de convictions d’extrême droite bien ancrées dans la pensée du président.

Je n’avais pas obtenu ce résultat quand, en décembre 2020, j’avais pointé et commenté son incroyable référence, déjà, à Pétain et Maurras dans une longue interview à l’Express. A l’époque, comme je l’ai fait ici même dans ma note sur le 14 juillet, je pointais la place qu’occupe dans une Nation le récit historique qui forme la conscience de l’identité collective de son peuple. Il n’y a pas de place pour Pétain et Maurras dans l’histoire de France républicaine, sinon comme prototype du traitre et du meurtrier qu’ils ont été tous les deux. La déchéance nationale décidée contre le traitre de Montoire, assassin de milliers de juifs, reste contagieuse au fil des âges et c’est bien qu’il en soit ainsi.

Dorénavant le clou est enfoncé. Et pour mieux dire : « l’alerte est lancée ». Il est bon que cela soit fait à l’occasion d’un jour de souvenir national, car le souvenir est fait des leçons qu’il doit contenir. Sinon à quoi bon ? Plus loin dans ce texte je dirai quelle est la pente naturelle entre le libéralisme contemporain et le régime autoritaire. Dans l’immédiat, bien sûr on ne doit pas être dupe du fait que la macronie pense trouver son compte dans des vacarmes médiatiques qui effacent les sujets comme le scandale Uber, le mouvement des testicules présidentiels et les autres remugles récents venus du Palais. Mais en réagissant de cette façon si décalée des réalités du moment, les macronistes aggravent l’impression de fin de règne qui prévaut déjà trois mois après le début de la nouvelle mandature.

Vu de loin, tout cela donne une idée misérable de l’état du pays. Me sautent à la gorge les incendies géants du sud de la France et en Gironde. L’impréparation criminelle des gouvernants pourtant alertés depuis des mois sur la sécheresse qui se préparait, le manque de moyens de combats tout, tout pousse à la rage. Honte à ceux qui ont soigneusement enterré sous d’autres polémiques ridicules toutes les alertes que nous avons lancé depuis deux ans sur les conséquences concrètes du changement climatique.

Tout cela complète aux yeux du grand nombre le tableau d’une macronie incapable de faire face aux défis de notre temps : pandémie, incendie, sécheresse, inflation guerre. Ils ne sont bons à rien. Le sursaut populaire ne viendra pas d’un choc idéologique, mais de l’incapacité du régime à remplir les fonctions de bases qui justifient l’existence d’un pouvoir politique. J’ai noté que toutes les révolutions commencent par là.

Mon séjour au Honduras m’y ramène avec d’autant plus de force. On peine à imaginer ce que le Honduras a subi et supporté depuis le coup d’état contre le président Manuel Zélaya en 2009 jusqu’à l’élection de Xiomara Castro, l’actuelle présidente. 5000 personnes assassinées, une vague de privatisations comme nulle part et un saccage social total.

À présent le précédent président est incarcéré aux USA pour son implication dans le narco trafic, la nouvelle équipe de gauche hérite d’un pays pillé où tout le secteur public est mis à l’encan du privé. Les précédents gouvernants sont partis en emmenant jusqu’aux meubles des palais institutionnels. Ici, le néo libéralisme a tourné à la bacchanale. Ici, les libéraux ont été cruels, criminels et voleurs jusque et au-delà de tout ce qui s’imagine, loin des regards d’habitude implacables des donneurs de leçon européens sur le Venezuela et Cuba. Ils sont restés muets. En dépit de tous les appels à l’aide, ni les assassinats de masse ni le saccage économique, ni l’interruption d’un processus de dépouillements électoral pendant 36 heures au prétexte d’une panne d’électricité n’aura tiré une remarque du camp des bêlants contre « Vénézuélaaaa ».

Quand 73 % de la population vit désormais en dessous du seuil de pauvreté on voit quels succès ont obtenus les petits Macron locaux. Ici, au Honduras, la loi macroniste de différenciation permettant de définir des lois et des règlements purement locaux : on connait ! Le pouvoir précédent a carrément mis en concession des morceaux du territoire national sous l’autorité d’entreprises multinationales qui les administrent selon leur propres règles. On a vendu aux enchères à Genève des morceaux du Honduras. Ce sont des « zones économiques semi autonomes ».

Naturellement, les libéraux locaux qui ont semé la ruine, accusent le nouveau gouvernement de rendre les investissements moins attractifs par des niveaux d’impôts excessifs et des salaires exagérés. Et cela quoique 70 % des entreprises ne paient aucun impôt et qu’il existe 18 accords d’exemption de fiscalité pour des entreprise.  Ils dénoncent le cout de la dette qu’ils ont eux mêmes créé en multipliant par 200 la dette d’État aux banques du secteur privé. Ils exigent des comptes publics à l’équilibre, après avoir vidé les caisses au sens propre du terme en quittant le pouvoir.

Aucune de ces mesures n’est surprenante depuis que le néolibéralisme mène le monde. Mais elles ont pris ici un niveau de radicalité qui sidère. Rien n’est surprenant dans l’arrogance des maitres, et nous le savons bien nous Français qui subissons une monarchie présidentielle particulièrement arrogante ces temps-ci. Mais l’implacable aplomb du déni des conséquences de leurs actes est un signal du niveau d’irresponsabilité qui est désormais inclus dans le système.

On doit donc prévoir qu’on en a donc pas fini avec les outrances de Macron. Et la leçon porte plus profond. Tout ce que je vois me montre la nocivité d’un tel système. Non seulement il provoque des dégâts immenses, mais il se montre capable de s’en nourrir ensuite. Enfin, ses élites sont dorénavant lobotomisées au point d’être incapables d’identifier qu’il s’agit de dégâts.

Devant tant de caricaturales violences, on comprend mieux que le pire est toujours certain venant des libéraux. Et au demeurant comment ne pas voir quel cycle a parcouru ce système. Le libéralisme gouvernemental est né au Chili sous la dictature Pinochet, avant de se répandre dans le monde. En fin de cycle, il manifeste une tendance toujours plus lourde à devenir très autoritaire. Sa vocation est intrinsèquement hostile à la démocratie, et il finit toujours par le prouver. En effet la dérégulation générale qui lui est nécessaire, finit toujours par devoir frapper la source de toute les régulations, c’est à dire le pouvoir des citoyens. Quel est ce pouvoir qui l’insupporte ? C’est celui de produire la loi par des assemblées élues et mandatées précisément pour réguler, au profit du bien commun face aux intérêts privés.   

Traducción al español

La grotesca ley sobre « el poder de compra » murió antes de nacer. Quedará bien identificada como una estafa de más una vez que el debate parlamentario la haya disecado. Debemos prever que la maquinaria de propaganda macronista se desquiciará para pintar el plomo de oro. Depende de nosotros hacer que el carruaje vuelva a verse como la simple calabaza que es, antes de que sea demasiado tarde.

Seguí, con el apaciguamiento de la diferencia horaria, la miserable polémica orquestada contra Mathilde Panot, la presidenta de nuestro grupo parlamentario insumiso, una figura en ascenso de la nueva izquierda francesa. Es cierto que el impacto de los insultos recibidos es mucho menor que el del aprendizaje popular alcanzado en esta ocasión. Cuando adoptamos una estrategia de conflictividad, tal como lo hacen los macronistas, debemos escoger bien nuestro terrenos de juego.

Estoy seguro de que de Pétain y compañía solo puede venir más que el descrédito y la vergüenza para quienes los defienden. Pero miles de personas están descubriendo lo que no habían visto antes. La presencia de un núcleo duro de convicciones de derecha profunda en el pensamiento del presidente.

Yo no obtuve un tal resultado cuando en diciembre de 2020 ya comenté y señalé su increíble referencia a Pétain y Maurras en una larga entrevista con L’Express. En su momento, como lo hice aquí en mi nota del 14 de julio, señalé el lugar que ocupa en una Nación el patrimonio histórico que forma la conciencia de la identidad colectiva de su pueblo. No hay lugar para Pétain y Maurras en la historia de la Francia republicana, excepto como un prototipo del traidor y el asesino que ambos fueron. La indignidad nacional decidida contra el traidor de Montoire, asesino de miles de judíos, sigue siendo contagiosa a lo largo de los siglos y es bueno que sea así.

A partir de ahora la cuña está clavada. Y para decirlo mejor: « la alerta está lanzada”. Es bueno que esto se haga con motivo de un día nacional de conmemoración porque el recuerdo se compone de las lecciones que debe contener. De lo contrario, ¿cuál sería el objeto? Más adelante diré aquí cuál es la pendiente natural entre el liberalismo contemporáneo y el gobierno autoritario. En el futuro inmediato, no debemos dejarnos engañar por el hecho de que la “Macronia” piense que encuentra su satisfacción en los ruidos mediáticos que borran temas como el escándalo de la multinacional Uber, como lo pretendió la apostilla del propio presidente sobre el “movimiento de sus testículos” jupiterianos y los otros movimientos recientes de Palacio. Pero al reaccionar de esta manera, tan fuera de sintonía con las realidades del momento, los macronistas agravan la impresión de fin de reino que ya prevalece, tres meses después del inicio del nuevo mandato.

Visto desde lejos, donde estoy aquí, todo esto da una idea miserable del estado del país. Los incendios gigantescos del sur de Francia me saltan a la garganta. La falta de preparación criminal de los gobernantes, que habían sido alertados durante meses de la sequía que se estaba gestando, la falta de medios de combate, todo, todo ello conduce a la ira. Vergüenza también para aquellos que han enterrado cuidadosamente bajo otras polémicas ridículas todas las advertencias que hemos emitido en los últimos dos años sobre las consecuencias concretas del cambio climático.

Todo esto completa a los ojos de muchos la imagen de una macronía incapaz de enfrentar los desafíos de nuestro tiempo: pandemia, incendio, sequía, guerra e inflación: no sirven para nada. El estallido popular no vendrá de un choque ideológico sino de la incapacidad del régimen para cumplir las funciones básicas que justifican la existencia del poder político. He notado que todas las revoluciones comienzan por ahí.

Mi estadía en Honduras me acerca a ello con más fuerza. Es difícil imaginar lo que sufrieron y apoyaron los hondureños tras el golpe de Estado contra el presidente Manuel Zelaya en 2009 y hasta la elección de Xiomena Castro, la actual presidenta. 5000 asesinados, una ola de privatizaciones como en ningún otro lugar y una destrucción social total.

Ahora, cuando el anterior presidente está encarcelado en Estados Unidos por su participación en el narcotráfico, el nuevo equipo de izquierda hereda un país saqueado, donde todo el sector público ha sido subastado en beneficio del sector privado. Los gobernantes anteriores se fueron, llevándose hasta los muebles de los palacios institucionales. Aquí, el neoliberalismo se ha convertido en una bacanal. Aquí, los liberales han sido crueles, criminales y ladrones hasta y más allá de todo lo que se puede imaginar, lejos de las miradas generalmente implacables de los dadores de lecciones europeos sobre Venezuela y Cuba. Permanecieron en silencio. A pesar de todos los llamados de ayuda, ni los asesinatos en masa ni el alboroto económico, ni la interrupción de un proceso de escrutinio electoral durante 36 horas después de un apagón no provocó el menor comentario del desde el campo de los escandalizados contra « Venezuela ».

Cuando el 73% de la población vive ahora por debajo del umbral de la pobreza, vemos qué éxitos han logrado los “Macroncitos” locales. Aquí en Honduras, las leyes macronistas de diferenciación permiten definir leyes y reglamentos puramente locales : ¡ya lo conocemos ! El gobierno anterior concesionó directamente partes del territorio nacional bajo la autoridad de empresas multinacionales que las administran de acuerdo con sus propias reglas. Territorios de Honduras han sido subastados en Ginebra. Se trata de las « Zonas Económicas Semiautónomas ».

Por supuesto, los liberales locales que han sembrado la ruina acusan al nuevo gobierno de hacer que la inversión sea menos atractiva a través de niveles impositivos excesivos y salarios exagerados. Esto, a pesar de que el 70% de las empresas no pagan impuestos y hay 18 acuerdos de exención de impuestos para las empresas. Denuncian el costo de la deuda que han creado, multiplicando doscientas veces la deuda estatal con los bancos del sector privado. Exigen cuentas públicas equilibradas tras vaciar las arcas, en el verdadero sentido de la palabra, al dejar el poder.

Ninguna de estas medidas es sorprendente ya que el neoliberalismo ha liderado el mundo. Pero han asumido un nivel de radicalismo aquí que es asombroso. Nada sorprende en la arrogancia de los amos y lo sabemos bien los franceses que sufrimos una monarquía presidencial particularmente arrogante en estos días. Pero el aplomo implacable de la negación de las consecuencias de sus acciones es una señal del nivel de irresponsabilidad que ahora se incluye en el sistema.

Por lo tanto, debemos prever que no hemos terminado con los excesos de Macron. Y la lección es más profunda. Todo lo que veo me muestra la nocividad de tal sistema. No solo causa un daño inmenso, sino que es capaz de alimentarse de él después. Finalmente, sus élites ahora están lobotomizadas hasta el punto de ser incapaces de identificar qué es un daño.

Frente a tantas caricaturas de violencia, se entiende mejor que lo peor siempre es seguro que proviene de los liberales. Y además, ¿cómo no ver qué ciclo ha pasado por este sistema? El liberalismo gubernamental nació en Chile bajo la dictadura de Pinochet antes de extenderse al mundo. Al final del ciclo muestra una tendencia cada vez más pesada a volverse muy autoritario. Su vocación es intrínsecamente hostil a la democracia y siempre termina demostrándolo. De hecho, la regulación general que es necesaria para ello siempre termina teniendo que atacar a la fuente misma de todas las regulaciones, es decir, el poder de los ciudadanos. ¿Cuál es ese poder que les resulta insoportable? Es aquél que produce la ley por asambleas elegidas y encargadas precisamente de regular en beneficio del bien común frente a los intereses privados.

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