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La Paix

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Texte de référence à venir…

l'article

Démocratiser l’international

Pour l'auteur, Arnaud Le Gall, les enjeux internationaux sont inséparables des politiques intérieures. Il plaide ici pour la récupération par le peuple du pouvoir souverain de décision en matière internationale.

Ce texte a été publié dans le 14è numéro de magazine Le Journal de l'Insoumission.

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Dictature de la dette, austérité, privatisations, sacrifice des travailleurs au nom de la « compétitivité »…, les offensives du capitalisme global sont relayées aux quatre coins du monde par les oligarchies nationales. Ces convergences s’observent au niveau politique : répression des luttes sociales, réduction de la vie politique à des élections – quand elles existent – surdéterminées par des médias alignés, restrictions des libertés publiques sous couvert de « sécurité », interventions militaires contre « le terrorisme », exacerbation des clivages identitaires par des oligarchies jouant des divisions…, sont des modes généralisés de gouvernement. Les orientations internationales de la France, confisquées sous la 5e République par le pouvoir exécutif, doivent être l’affaire du peuple souverain. A fortiori quand l’impérieuse nécessité est, comme le rappelait l’Avenir en Commun, la préservation de la paix.

Les tensions actuelles sont telles que certains parlent de « guerre mondiale par morceaux », susceptible de se généraliser sous l’effet de trois dynamiques.

La première renvoie à la paralysie du système de sécurité collective bâti après la seconde guerre mondiale. Crise inséparable de la transformation de l’ordre des puissances marquée par la perte d’hégémonie des États-Unis, dont la domination, contestée, repose sur le dollar, monnaie mondiale de fait, et une écrasante suprématie militaire. Deux sources de puissances déstabilisatrices qui suscitent en retour des réactions de pays s’estimant, souvent à juste titre, menacés. A ce premier facteur belligène s’ajoute la crise structurelle du capitalisme, qui « porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage » (Jean Jaurès). La compétition néolibérale généralisée exacerbe les tensions entre les nations, et l’explosion des inégalités entraîne une intensification des clivages et conflits sociaux que les oligarchies tentent de détourner vers les haines identitaires. Enfin, la crise écologique, marquée par le dérèglement climatique, l’effondrement de la biodiversité et la destruction des sols, aggrave nombre de conflits existants, quand elle n’est pas à leur origine.  Le monde « multipolaire » qui s’esquisse n’est donc pas garant de la paix.

Face à ces défis collectifs, la France doit opérer une transformation de son action internationale. En revoyant ses alliances, via la sortie de l’OTAN et l’engagement à plein dans le cadre universel de l’ONU et du droit international, et le redéploiement de sa vision et de son action au-delà de la sphère dite occidentale. Le tout en usant d’une indépendance nationale qui, loin de l’isoler, vise à choisir les termes de son interdépendance avec le reste du monde. En promouvant le protectionnisme solidaire, social et écologique, pour rompre avec le néolibéralisme productiviste, qui repose sur la compétition de tous contre tous, l’extension sans limite de la sphère marchande déconnectée des besoins réels, et une accumulation délirante de richesses par une minorité au détriment des masses et de l’environnement. Ces objectifs impliquent d’être solidaires des soulèvements qui partout montent contre cet ordre mortifère.

Autant d’enjeux qui feront l’objet chaque trimestre d’analyses sortant des cercles spécialisés, d’entretiens hétérodoxes avec des anciens diplomates, membres d’ONG, acteurs de soulèvements populaires, élus etc.

Democratising the international arena

For the author, Arnaud Le Gall, international issues are inseparable from domestic policies. He pleads here for the people to seize back their sovereign power of decision in international matters.

This text was published in the 14th issue of Le Journal de l’Insoumission magazine.
 
The dictatorship of public debt, austerity, privatisations,  workers sacrificed in the name of « competitiveness »…, the offensives of global capitalism are relayed to the four corners of the world by national oligarchies. These convergences can be observed in the political domain: social struggles are being repressed, when they do exist political life is reduced to elections which are excessively influenced by aligned media, public liberties are restricted under the guise of « security », military interventions are undertaken against « terrorism », identity-based cleavages are exacerbated by oligarchies playing on divisions and all these are generalised modes of government. France’s international orientations, confiscated by the Executive under the French Fifth Republic, ought to be the business of its sovereign people. And even more so since the overriding necessity is, as the Future in Common reminds us, the preservation of peace.
 

Current tensions are such that some speak of a « piecemeal World War », which is likely to become more widespread as a result of three dynamics.

 
The first refers to the paralysis of the collective security system built after the Second World War. This crisis is inseparable from the change in the balance of powers arising from the loss of hegemony by the United States, the disputed domination of which is based on the dollar, the de facto world currency, and an overwhelming military supremacy. These two sources of destabilizing power in turn provoke reactions from countries which feel threatened, and often rightly so. In addition to this first war-inducing factor comes the structural crisis of capitalism, which « carries war within it just as the cloud carries the storm » (Jean Jaurès). Widespread neoliberal competition exacerbates tensions between nations, and the explosion of inequalities leads to an intensification of social cleavages and conflicts, that oligarchies try to divert towards identity-based hatred. Finally, the environmental crisis, characterised by climate change, the collapse of biodiversity and the destruction of soils, aggravates many existing conflicts, if it has not caused them in the first place.  The « multipolar » world that is taking shape is therefore no guarantee of peace.
 
Faced with these collective challenges, France must proceed with reshaping its international action. It must reconsider its alliances, by withdrawing from NATO and committing fully to the universal framework of the UN and international law, and by redeploying its vision and action beyond the so-called Western world. All of this while making use of a form of national independence which, far from isolating the country, allows it to choose the terms of its interdependence with the rest of the world. It must promote solidarity-based social and environmental protectionism, in order to break away from productivist neoliberalism, which relies on generalised competition between all, the unlimited extension of commerce that is disconnected from real needs, and the outrageous accumulation of wealth by a minority at the expense of the masses and of the environment. These goals imply showing solidarity with the uprisings currently taking place everywhere against this deadly order.
 
Each quarter, these topics will be the subject of analyses, which need not be reserved to specialist circles, of heterodox interviews with former diplomats, members of NGOs, figures of popular uprisings, elected officials, etc.

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