dossier

La révolution citoyenne

Le Monde en commun publie des articles et contenus audiovisuels accessibles dans 3 langues : français, anglais, et espagnol. L’objectif est de rendre accessible tous les contenus au plus large public. Pour cela, la langue ne doit pas être un obstacle.

Nous sommes en train de constituer un groupe de volontaires qui se chargeront de traduire l’ensemble des contenus afin de les présenter dans au moins trois langues (français, anglais, espagnol).

Si vous souhaitez rejoindre le groupe, merci de nous adresser un mail à contact@linternationale.fr

l'article

Chili : un nouveau paysage politique

Les Chiliens avaient obtenu un vote pour désigner les constituants en charge de rédiger la future constitution du pays. Ce vote, initialement prévu le 11 avril, a eu lieu le dimanche 16 mai 2021, après un report dû aux conditions sanitaires. Les résultats, malgré une faible participation, ouvrent une nouvelle ère politique. Christophe Ventura nous propose une réaction à chaud pour prendre la mesure de l'événement.

Ce texte a été publié le 17 mai 2021 par Christophe Ventura, directeur de recherche à l'IRIS.

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email
Partager sur telegram

Avec 38,6 % de participation (un taux faible – il était de 50,9 % en octobre 2020 lors du référendum sur la mise en place de la Convention – ; phénomène certainement lié en partie à la résurgence pandémique ; un taux plus faible en particulier parmi les classes populaires ), les Chilien(ne)s ont élu une « convention constitutionnelle » qui rebat les cartes politiques du pays, tout en confirmant les tendances latino-américaines à la fragmentation et à l’atomisation des champs politiques électoraux.

Ainsi, la droite, l’extrême-droite et le centre-droit subissent une lourde défaite et sortent affaiblis, sans minorité de blocage (qui nécessitait d’obtenir un tiers des sièges) dans la nouvelle assemblée qui devra rédiger un projet de nouvelle constitution pour le pays à partir du mois de juin. La coalition au pouvoir obtient ainsi 37 sièges ( sur 155), le centre-gauche traditionnel (25), la gauche de transformation (28), qui dépasse pour la première fois le centre-gauche dans un scrutin national.

Mais surtout, le phénomène central de cette élection est que les différentes listes de candidats indépendants de tous les partis – pour la plupart issus du mouvement social de 2019 – obtiennent tout le reste. Et ce, tandis que le mode de scrutin leur était particulièrement défavorable et devait assurer une bonne représentation des partis de gouvernement traditionnels.

Il faudra en particulier suivre la trajectoire des candidats de la « Liste du peuple » qui a obtenu 24 sièges et rassemble le plus d’animateurs des mobilisations de 2019.

Cette élection était accompagnée d’autres, municipales et régionales. La gauche radicale fait une percée et remporte (Parti communiste) la capitale Santiago – historique – grâce à la militante féministe Irací Hassler. Le nouveau gouverneur de  Valparaiso est Rodrigo Mundaca,  militant de la justice de l’eau, lauréat du Prix Danielle Mitterrand 2019, que j’avais eu le plaisir d’interviewer à l’IRIS.

L’impopulaire président Sebastian Pinera a déclaré, lucide :

« Nous ne sommes pas accordés avec les demandes des citoyens et nous sommes interpellés par de nouveaux leaders ».  

Voir les résultats.

Dans le même dossier

Les vidéos