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Le coronavirus frappe un pays affaibli par des réformes structurelles qui ont organisé l’économie et la société italiennes sur la base des principes néolibéraux. Le débat politique esquive ce thème, tout comme la question européenne. Pourtant, l’Italie ne sortira pas de la crise sans rompre avec la logique néolibérale. Par Stefano Palombarini, maître de conférence à l’université Paris 8 et auteur, avec Bruno Amable, de L’illusion du bloc bourgeois (Raisons d’agir, 2017).
Un mois et demi après l’apparition des premiers cas de coronavirus dans le Nord de l’Italie, la machine européenne a tardé à réagir. Impuissante face à la gestion de la crise sanitaire, l’UE s’est concentrée à faire ce qu’elle fait de mieux : protéger son marché. Le 9 avril, un accord de 540 milliards d’euros a été trouvé entre les membres de l’Eurogroupe. Derrière ce chiffre exorbitant se cache encore une fois les stigmates d’une fracture Nord/Sud et les dikats d’une Europe néo-libérale.
Les conclusions de l’interminable palabre européenne sont consternants. Elles paraissent si absurdes ! On est donc en droit de se demander quelles sont les motivations réelles des pays qui ont imposé la prolongation de l’absurde politique de l’euro fort. Cette politique n’a-t-elle pas déjà asphyxié les économies européennes avant la crise actuelle ? N’ont-elles pas conduit à une domination de plus en plus impérieuse et de moins en moins discrète de l’Allemagne ? Il est certain que ce qui vient de se décider non seulement n’enrayera pas la catastrophe qui s’annonce mais que cela va l’amplifier.

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