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Membre des escadrons en Argentine et universitaire en France: le parcours de Mario Sandoval

Les escadrons de la mort argentins (l'Alliance anticommuniste argentine) ont fait plus de 1 500 victimes dans les années 1970 dans le cadre de la répression des militants d'abord de l'aile gauche péroniste puis des militants de gauche et communistes. Elle a été créée par José López Rega, ministre des affaires sociales entre 1973 et 1975. Mario Sandoval fait partie des personnes qui ont assassiné des militants politiques. Il est arrivé en France en 1986 où il travaille comme consultant en sécurité puis dans l'enseignement supérieur avec un CV des plus hasardeux. Pourtant, personne n'a remis en cause sa place. A-t-il bénéficié de complicités ? C'est sur cette affaire, entre l'Argentine et la France, dictature militaire et institutions de la République que StreetPress revient.

Cette enquête en deux parties est le fruit du travail de Robin D'Angelo, Lucas Chedeville, Caroline Varon. L'enquête a été publiée sur StreetPress le 22 septembre 2020.

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Sandoval a fait carrière pendant 34 ans dans les institutions françaises avant que son passé ne le rattrape. StreetPress retrace l’itinéraire de cet ex-policier, membre des escadrons de la mort argentins pendant la dictature militaire. [Épisode 1/2]

Mario Sandoval ouvre la porte de son appartement cossu de Nogent-sur-Marne à la première sommation. Le 11 décembre 2019, dix gendarmes en tenue d’intervention, dont six du GIGN, viennent cueillir le Franco-Argentin de 66 ans. Cela fait un mois qu’il est sous discrète surveillance. Le dispositif est léger car la justice estime que les risques de fuites sont faibles. Depuis le début de la matinée, le colonel Eric Emeraux a positionné ses hommes autour du bel immeuble qui borde le bois de Vincennes. À 14 heures, un appel du procureur général. Le Conseil d’État vient de valider l’extradition. Emeraux et ses hommes grimpent au premier étage de l’immeuble, armes à la main, et toquent à la porte de l’appartement. Pas besoin d’utiliser le bélier. « Il y avait une forme d’abattement sur le visage de Sandoval quand il nous a vu arriver, décrit le colonel Eric Emeraux, retraité depuis août dernier de l’Office central français de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH). Je pense qu’il savait que c’était fini. »

Cinq jours plus tard, le 16 décembre, Sandoval est filmé par la télévision argentine à l’aéroport de Buenos Aires, menotté et le visage fermé, sous bonne garde de la Police Fédérale. L’ancien policier va enfin répondre à une accusation de crime commis pendant la dictature militaire. La fin d’une imposture qui dure depuis 34 ans, entre la France et l’Argentine.

Vous pourrez retrouver la suite de cette enquête sur StreetPress (partie 1, partie 2)

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