dossier

La fin du libéralisme

Le Monde en commun publie des articles et contenus audiovisuels accessibles dans 3 langues : français, anglais, et espagnol. L’objectif est de rendre accessible tous les contenus au plus large public. Pour cela, la langue ne doit pas être un obstacle.

Nous sommes en train de constituer un groupe de volontaires qui se chargeront de traduire l’ensemble des contenus afin de les présenter dans au moins trois langues (français, anglais, espagnol).

Si vous souhaitez rejoindre le groupe, merci de nous adresser un mail à contact@linternationale.fr

Texte de référence à venir…

l'article

Keynésianisme ou barbarie : l’État stratège ou la main invisible

Un cours d'économie ! C'est ce que nous propose cet article publié sur le média ami La Ultima Hora. Il démontre la modernité de la pensée keynésienne (de John Keynes, économiste, dont se sont inspirés tous les dirigeants qui ont voulu un État stratège, capable de planifier l'économie réelle, et d'organiser l'intervention publique pour le bien de tous.

Ce texte a été publié le 3 juin 2020 sous le titre "keynesianismo o barbarie" par le pôle "économie" de la Ultima Hora. Accessible en espagnol.

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email
Partager sur telegram

L’économie est une science dite lugubre, bien qu’elle nous éblouisse de ses éclats. L’un d’entre eux fut le Keynésianisme, un courant issu de la pensée de l’économiste John Maynard Keynes. Cet auteur forgea progressivement une nouvelle manière de penser l’économie, jusqu’à donner naissance à ce que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de «macroéconomie». 

Avant Keynes, les premiers auteurs considérés comme des économistes, ceux que l’on appelle les classiques, comme Adam Smith, Thomas Malthus, David Ricardo, John Stuart Mill ou Karl Marx, avaient essayé de déchiffrer les lois qui détermineraient le devenir des économies capitalistes. Ils étaient influencés par les nouvelles découvertes scientifiques, notamment celles d’Isaac Newton, qui avait dévoilé les lois de fonctionnement de l’univers.

Ces auteurs s’essayèrent à la méthode newtonienne en tentant d’appliquer ces lois au domaine de l’économie. Concrètement, ils s’intéressèrent aux déterminants de la «croissance» d’une économie capitaliste, un phénomène totalement nouveau apparu à la suite de la révolution industrielle. Cette croissance dépendait essentiellement de la répartition du revenu produit au sein d’un pays entre les différentes classes sociales, travailleurs, capitalistes et propriétaires terriens. 

Dans ce contexte, surgit le paradoxe de l’austérité chez les auteurs classiques (à l’exception de Marx, l’hétérodoxe classique) : l’État était nécessaire au maintien de l’ordre social établi et se devait de défendre la propriété de ceux qui en disposaient sur ceux qui n’en disposaient pas. Cependant, étant donné que son financement s’effectue par l’impôt, il devait minimiser ses coûts. Cette ambivalence s’est maintenue jusqu’à nos jours, l’État s’avérant nécessaire pour soutenir l’ordre capitaliste tout en intervenant le moins possible sur l’économie afin de ne pas entraîner de coût excessif pour les classes dominantes. 

Après les classiques, le cadre économique changea du tout au tout. On ne cherchait plus à trouver les lois qui régissaient la croissance mais bien à appliquer les méthodes mathématiques de la révolution marginaliste à l’économie. Dans ce contexte, des auteurs comme Jevons, Menger, Walras ou Marshall se désintéressèrent de l’ancienne quête classique de la croissance, pour se concentrer sur le concept d’équilibre économique. Si les classiques observaient la réalité et tentaient d’en déduire les lois sous-jacentes, les néo-classiques se servirent quant à eux des mathématiques afin de générer une économie mécanique capable de fournir des résultats précis. 

Offre, demande et équilibre

Les consommateurs optimisent une fonction d’utilité qui génère une demande, les producteurs celle d’une production qui, elle, génère une offre, et à l’intersection des deux se trouverait l’équilibre. Toute intervention économique qui viendrait déplacer ce point est considérée comme un déséquilibre et une perte d’efficience. L’intervention publique, par exemple, en empêchant les consommateurs d’optimiser leur fonction d’utilité et les producteurs leur fonction de production, perturberait l’économie en empêchant l’investissement privé (crowding-out). 

Un salaire minimum, en faussant le marché, produirait du chômage involontaire. En effet, s’il n’y a pas de distorsion, une économie capitaliste, dans le cadre néoclassique, ne générera aucun chômage involontaire puisque tous ceux qui accepteront de travailler au salaire prévu auront un travail et seuls ne travailleront pas ceux qui considèrent ce salaire comme insuffisant. Autrement dit, les chômeurs sont ceux qui ne veulent simplement pas travailler. Dans ce contexte, toute politique économique (fiscale ou monétaire) ne fait qu’introduire des distorsions qui réduisent le niveau maximal de production que l’économie est censée atteindre automatiquement en situation de concurrence pure et parfaite. 

Ce cadre fut, à la surprise générale, durement contesté par la réalité de la Grande Dépression des années 30. Des millions de personnes ne trouvèrent pas de travail, ce qui vint prouver la déconnexion de théorie néoclassique avec la réalité : il y avait des millions de chômeurs qui souhaitaient travailler mais ne le pouvait pas. Le chômage involontaire existait ! Dans ce contexte, apparu John Maynard Keynes. Sa vision vient renverser celle des «classiques», tous les économistes qui lui sont antérieurs, sans distinction entre classiques et néoclassiques.

Produit Intérieur Brut (PIB)

Laissant de côté les illusions des fonctions d’utilité ou de production, il commence par observer les agrégats macroéconomiques réels : la consommation, l’investissement, les dépenses publiques, les importations, les exportations…

Avec lui, on voit apparaître la définition moderne du PIB (PIB = Consommation + Investissement + Dépenses Publiques + Exportation – Importations)

Keynes change la focale du micro (le comportement du consommateur et du producteur) vers le macro. Keynes modernise l’économie en la rapprochant de la réalité. Les systèmes de comptes nationaux qui nous permettent aujourd’hui de mesurer les principaux agrégats économiques sont élaborés précisément dans l’optique de mesurer les agrégats que Keynes a défini. Avec Keynes, on passe de l’observation d’équilibres qui existent seulement dans les mathématiques, à celle d’agrégats macroéconomiques. Ainsi s’ouvre la possibilité de gérer macro-économiquement la période, un élément crucial de toute politique économique actuelle dans une économie moderne. 

La politique fiscale a depuis lors servi à assouplir les fluctuations sur une période, c’est-à-dire, à remplir le trou que le secteur privé avait creusé à l’occasion d’une crise économique. Ainsi, par exemple, on établit des assurances chômage, non seulement pour garantir une justice sociale mais également pour soutenir la consommation lorsque les personnes perdaient leur emploi. Ces types de dispositifs sont appelés «stabilisateurs automatiques» et augmentent automatiquement le déficit quand le niveau d’activité s’effondre, par exemple, lors d’une crise.

Seconde Guerre Mondiale

La vision du secteur public s’est radicalement transformée quand ce dernier vint à jouer un rôle fondamental pendant la Reconstruction, sous la Grande Dépression mais surtout après la Seconde Guerre mondiale. Si les mouvements ouvriers mirent sur la table les principales revendications, le keynésianisme généra les ressources nécessaires pour les rendre réalité : santé, éducation universelle, assurances chômage et sécurité sociale, retraites… C’est précisement entre 1945 et 1973 que s’établit en Europe l’État-Providence, que se produisit l’explosion des classes moyennes et de la génération du Baby-Boom. 

Et tout cela grâce à l’abandon d’idées archaïques et d’a priori négatifs sur la politique fiscale. L’apparition d’un État social est inexorablement liée à l’apparition d’un État fiscal et en faveur du progrès. L’augmentation des taxes sur les hauts revenus et l’impôt sur la fortune permettent de générer les ressources pour financer l’apparition d’une bonne partie des droits dont nous jouissons aujourd’hui. S’amorça alors, non seulement la plus grande époque de croissance continue, mais aussi la plus grande réduction des inégalités enregistrée dans l’histoire du capitalisme. 

Mais à partir des années 1980, une série de dirigeants conservateurs surgirent et commencèrent à changer le paysage politique en sacrifiant les politiques économiques d’alors au profit d’anciennes recettes. Reagan et Thatcher profitèrent du mécontentement social provoqué par la crise économique des années 1970 pour accéder au pouvoir et mettre en œuvre un programme conservateur.

La modernité de Keynes

On s’attaque au secteur public, identifié comme source de problèmes. On favorise des politiques pour réduire la progressivité de l’impôt (baisse des taxes maximales, réduction des tranches de l’impôt sur le revenu des particuliers) en allant jusqu’à supprimer des impôts créés dans le passé (sur le patrimoine). On supprime des services publics. On assiste à une vague de privatisations et de ventes d’actifs publics. Les aides sociales et les politiques publiques s’évaporent et l’on désigne les dépenses publiques comme une nuisance à éliminer puisqu’elle causerait des déséquilibres dans la production.

Aujourd’hui, les apports de Keynes à la science économique sont reconnus : tous les pays utilisent des systèmes de comptes nationaux pour mesurer des agrégats, gérer macro-économiquement la période à l’aide de stabilisateurs automatiques et utiliser la politique fiscale. Mais la rhétorique néoclassique est aussi maintenue : le secteur public déforme et endommage l’économie et doit être réduit à son expression minimale.  Aujourd’hui plus que jamais, il faut revendiquer la modernité de Keynes et faire face au «liquidationnisme» des tendances les plus réactionnaires. Ce qui suppose que le néoclassicisme domine la science économique et domine les discours publics. Les conservateurs ont toujours été contre toute conquête des classes populaires. C’est pour cela que nous devons revendiquer ce qui nous permet d’élargir notre capacité sociale.


Keynesianismo o barbarie

La economía es una ciencia, dicen que lúgubre, aunque con deslumbrantes destellos. Uno de ellos fue el keynesianismo, una corriente que surge del pensamiento de John Maynard Keynes. Este autor fue poco a poco forjando una nueva forma de pensar en economía hasta llegar a lo que hoy conocemos como macroeconomía.

Antes de Keynes, los primeros autores considerados economistas, los llamados clásicos, como Adam Smith, Thomas Malthus, David Ricardo, John Stuart Mill o Karl Marx habían tratado de descifrar las leyes que determinaban el devenir de las economías capitalistas. Estaban influidos por los nuevos descubrimientos científicos, liderados por Isaac Newton, que había desvelado las leyes de funcionamiento, ni más ni menos, que del universo.

Estos autores emulaban el método newtoniano tratando de descifrar esas leyes en el campo de la economía. Concretamente se interesaban por los determinantes del “crecimiento” de una economía capitalista, un fenómeno totalmente novedoso y fruto de la revolución industrial. Este crecimiento dependía crucialmente de cómo la renta producida en un país se repartía entre las diferentes clases sociales, trabajadores, capitalistas y terratenientes.

En este contexto surge la paradoja de la austeridad de los autores clásicos (quitando a Marx, el clásico heterodoxo): el Estado se necesita para mantener el orden social establecido, para defender la propiedad de los que tiene de los que no la tienen, pero dado que su financiación se realiza con impuestos, hay que minimizar su coste. Esta ambivalencia de necesidad de un estado para sostener el orden capitalista pero que su tamaño sea mínimo para que no suponga un coste excesivo para las clases dominantes se ha mantenido hasta nuestros días.

Después de los clásicos, el marco de la economía cambia totalmente. Ya no se trataba de encontrar las leyes que regían el crecimiento, sino aplicar la revolución marginalista y sus métodos matemáticos a la economía. En este contexto autores como Jevons, Menger, Walras o Marshall trasladan el foco desde la antigua búsqueda clásica del crecimiento, a un nuevo interés por el equilibrio. Si los clásicos observaban la realidad y trataban de descifrar las leyes subyacentes, los neoclásicos aplican las matemáticas para generar una economía mecánica que genere unos resultados cerrados.

Oferta, demanda y equilibrio

Los consumidores maximizan una función de utilidad generando una demanda, los productores una de producción generando una oferta, y el cruce de ambas supone el equilibrio. Cualquier intervención que desvíe a la economía de llegar a este punto es interpretada como una distorsión y una pérdida de eficiencia. La intervención pública, por ejemplo, al impedir que los consumidores maximicen su función de utilidad y los productores su función de producción, estaría distorsionando la economía, expulsando a la iniciativa privada (crowding-out).

Un salario mínimo, al distorsionar el mercado, estaría produciendo paro involuntario. De hecho, si no hay ninguna distorsión, una economía capitalista en el marco neoclásico genera de manera automática desempleo involuntario cero: todo aquel que quiere trabajar al salario establecido, trabaja y los que no trabajan es porque a ese salario, no les compensa. Dicho de otra forma, los parados son gente que simplemente no quiere trabajar. Bajo esta premisa, cualquier política económica (fiscal o monetaria) solo introduce distorsiones que reducen el nivel de máxima producción al que automáticamente llega la economía en competencia perfecta.

Este marco fue duramente -¡oh! sorpresa- contestado por la realidad de la Gran Depresión de los años 30. Millones de personas no encontraban trabajos evidenciando la desconexión de la realidad con la teoría neoclásica: había millones de parados que querían trabajar, pero no podían. ¡El paro involuntario existía! En este contexto aparece John Maynard Keynes. Su visión viene a desbancar a los “clásicos” como llama a todos los economistas anteriores a él, sin distinción entre clásicos y neoclásicos.

Producto Interior Bruto (PIB)

Empieza a observar más que las ensoñaciones de las funciones de utilidad o de producción los agregados macroeconómicos reales: el consumo, la inversión, el gasto público, las importaciones, las exportaciones…

Aparece con él la definición moderna de PIB (PIB=Consumo+Inversión+Gasto+eXportaciones-iMportaciones)

Keynes traslada la visión desde lo micro (el comportamiento del consumidor y del productor) a lo macro. Keynes moderniza la economía dotándola de realidad. Los sistemas de cuentas nacionales que hoy nos permiten medir los principales agregados económicos se desarrollan precisamente para medir las magnitudes que Keynes definió. Con Keynes pasamos de observar unos equilibrios sólo existentes en las matemáticas, a observar agregados macroeconómicos y por tanto, se abre la posibilidad a la gestión macroeconómica del ciclo, un elemento crucial de toda política económica actual de una economía moderna.

La política fiscal se utiliza desde entonces para suavizar las fluctuaciones del ciclo, es decir, para llenar el hueco que el sector privado deja cuándo hay una crisis económica. De esta forma, por ejemplo, se establecen seguros por desempleo no solo como forma de justicia social, sino para mantener los niveles de consumo cuando las personas pierden el puesto de trabajo. Este tipo de dispositivos son los llamados estabilizadores automáticos, que incrementan el déficit de forma automática cuando el nivel de actividad cae, por ejemplo, en una crisis.

Segunda Guerra Mundial

La visión del sector público se transforma radicalmente y pasa a jugar un papel fundamental para la reconstrucción tanto de la Gran Depresión, pero sobre todo y fundamentalmente, después de la Segunda Guerra Mundial. Si los movimientos obreros ponen encima de la mesa las principales reivindicaciones, el keynesianismo genera los recursos necesarios para cumplirlas: sanidad y educación universal, sistemas generalizados de desempleo y seguridad social, pensiones…. Es precisamente entre el 1945 y 1973 donde se establece en Europa el Estado del bienestar, se generan las grandes bolsas de clases medias y se da la conocida generación del baby boom.

Y todo ello fue gracias a dejar atrás las arcaicas ideas y su visión negativa sobre la capacidad de la política fiscal. La aparición del Estado social está indisolublemente ligada a la aparición del Estado fiscal y de la progresividad. El incremento de los tipos a las rentas altas y la imposición sobre la riqueza permitieron generar los recursos para financiar la aparición de buena parte de los derechos que hoy podemos disfrutar…. Se produce así no solo la mayor época de crecimiento continuado, sino la mayor reducción en la desigualdad registrado en la historia del capitalismo.

Pero a partir de los 80 empiezan a surgir una serie de líderes conservadores que cambian el panorama político y las recetas de política económica vuelven a la situación anterior. Reagan y Tatcher aprovechan el descontento social dejado por la crisis económica de los 70 para acceder al poder e implementar todo un programa de regresión conservadora.

Modernidad de Keynes

Se ataca al sector público y se le identifica como la fuente de los problemas. Se promueven políticas para reducir la progresividad (bajada de tipos máximos, reducción de tramos en IRPF) y en algún caso eliminar los impuestos creados en la anterior etapa (Patrimonio). Se eliminan servicios públicos. Se produce una oleada de privatizaciones y venta de activos públicos. Se evaporan las ayudas sociales, políticas públicas y se señala el gasto público como el anatema a eliminar por causar distorsiones productivas.

Hoy en día se mantiene por supuesto los aportes de Keynes a la ciencia económica: todos los países utilizan sistemas de cuentas nacionales para medir agregados, gestionan macroeconómicamente el ciclo, tienen estabilizadores automáticos, utilizan la política fiscal. Pero se mantiene también la retórica neoclásica: el sector público distorsiona, daña y hay que reducirlo hasta su mínima expresión. Hoy más que nunca hace falta reivindicar la modernidad que supuso Keynes frente al liquidacionismo de las tendencias más reaccionarias. Lo que supone que el neoclasicismo domine la ciencia económica y domine los discursos públicos. Los conservadores siempre han estado en contra de cualquier conquista de las clases populares. Por eso tenemos que reivindicar aquello que nos permite expandir nuestra capacidad social.

Dans le même dossier

Les vidéos