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Quoiqu'avec un moins bon score que ce qu'il avait lui-même annoncé, Narendra Modi remporte de nouveau les élections générales en Inde après une campagne articulée autour de la défense de l'hindouisme. Charlotte Thomas, politiste et spécialiste de l'Inde, analyse le scrutin et ce qu'implique un troisième mandat pour Narendra Modi et le BJP.
Voici la deuxième partie de notre travail sur les élections générales indiennes, qui ont débuté ce 19 avril et qui dureront jusqu'au 1er juin et qui verront près de 1 milliard d’Indiens et d’Indiennes se rendre aux urnes pour élire les 545 député·es qui composent la Chambre basse du Parlement, la Lok Sabha. Après une première partie qui analyse la façon dont la démocratie est mise en péril par l’hindouisme politique, cette deuxième partie s'intéresse au capitalisme dit "de connivence" sous Narendra Modi, où la fortune des milliardaires proches du pouvoir dépend de l’accès à des ressources contrôlées par l’Etat.
Ce 19 avril ont débuté les élections générales en Inde. Elles dureront jusqu’au 1er juin. Organisées en sept phases elles verront près de 970 millions d’Indiens et d’Indiennes se rendre aux urnes afin d’élire, au scrutin uninominal à un tour, les 545 député·es qui composent la Chambre basse du Parlement, la Lok Sabha. A l’issue de ce scrutin sera désigné le Premier ministre issu du parti, ou de la coalition, majoritaire. Ces élections opposent deux groupes politiques : l’Alliance démocratique nationale, National Democratic Alliance (NDA) emmenée par le Bharatiya Janata Party (BJP), le Parti du peuple indien, actuellement au pouvoir en la figure du Premier ministre Narendra Modi, et la Indian National Developmental Inclusive Alliance (INDIA), emmenée par Rahul Gandhi, figure principale du Indian National Congress (INC), plus communément appelé « Congrès ». Si les seconds jouent leur (sur)vie, l’objectif du BJP est de remporter au moins 400 sièges, contre 303 actuellement (353 avec sa coalition). Il en a d’ailleurs fait son slogan de campagne. Cette majorité absolue lui permettrait de réviser la Constitution. Pour quelle Inde ?
Samedi 9 septembre, Mathilde Panot, présidente du Groupe parlementaire insoumis, a rencontré à l’Assemblée nationale Rahul Gandhi, député indien et leader de la coalition d’opposition INDIA. Farida Amrani, députée de l'Essonne et vice-présidente du groupe d’amitié parlementaire avec l’Inde, avait fait en sorte que le principal opposant à Narendra Modi, Premier ministre indien d’extrême-droite soit reçu par la représentation nationale, ce qui n’avait pas semblé intéresser le Président Rassemblement national (RN) du Groupe d’amitié… Ni, malheureusement, les forces forces sociales-démocrates ayant historiquement vocation à être les plus proches du principal opposant à Modi. Les députées insoumises susnommées ont donc assumé seule la tâche essentielle de le recevoir à l’Assemblée Nationale. Cet échange intervenait à l’occasion de la tournée européenne - relativement discrète, les cameras et micro étant au même moment tournés vers le G20 organisé en Inde - de Monsieur Gandhi. Reçu la veille au Parlement européen à Bruxelles, il y avait notamment rencontré notre camarade Younous Omarjee.
« L’entente entre deux dirigeants politiques qui sont tous les deux marqués par des violences autoritaires, comme votre Premier ministre et notre Président, ne suffit pas à exprimer la relation entre nos deux pays ». C’est ainsi que Jean-Luc Mélenchon a entamé l’échange en visioconférence, dont nous publions ici quelques extraits, avec Vijoo Krishnan, Secrétaire général du All India Kisan Sabha, une des principales organisations de paysans indiens forte de 16 millions de membres, et Revati Laul, journaliste connue notamment pour ses enquêtes sur les pogroms visant les minorités religieuses en Inde.
L’Inde est plongée depuis plusieurs semaines dans une vague de chaleur. Plusieurs milliers de personnes expriment des difficultés à lutter contre les conséquences de ce fléau qui ne cesse de s’aggraver, en directe corrélation avec le changement climatique.
Vendredi 19 novembre, un évènement historique a eu lieu en Inde : le mouvement social initié par les paysannes et les paysans indiens en août 2020 a porté ses fruits. Le Premier ministre Narendra Modi, représentant du parti hindouiste Bharatyia Janata Party (BJP, Parti du peuple indien), a retiré les trois lois de « réforme » du secteur agricole que son gouvernement avait fait adopter à la baguette en septembre 2020, par un Parlement où il jouit d’une majorité absolue. Ces « réformes » avaient pour but de déréguler le secteur primaire en supprimant le système de prix garantis par l’Etat. Elles reposaient sur le diptyque privatisation et libéralisation. Dans un pays où plus de 50% de la population travaille dans l’agriculture (pour 18% du PIB), mais où la taille moyenne des exploitations est d’un hectare, les petits paysansscraignaient de perdre leurs moyens de subsistance et leur autonomie en étant absorbé.es par les grands groupes agro-alimentaires – dont le groupe Ambani, très proche du Premier ministre dont il finance activement les campagnes électorales.
A la tête du gouvernement fédéral de l’Inde depuis 2014, le premier ministre nationaliste Narendra Modi a pour la première fois été critiqué jusque dans son propre camp en raison de sa gestion calamiteuse de la pandémie. Il a essuyé ces dernières semaines des revers électoraux locaux. L’écornement de son image d’homme fort au sein de son électorat vient s’ajouter aux mouvements de contestation qui se sont multipliés au long de ses deux mandats. Cet affaiblissement relatif ne doit pas occulter l’hégémonie du discours nationaliste, basé sur l’hindouisme politique, grâce auquel Modi a conquis le pouvoir dans le second pays – et bientôt le premier - le plus peuplé au monde. Loin d’avoir dit son dernier mot avant les élections de 2024, Modi sait pouvoir compter sur une rhétorique identitaire conjuguée à la criminalisation des contestataires. Tout en fracturant l’Inde, elle lui a permis de conserver le pouvoir. Il sait aussi pouvoir compter, par-delà les postures appelant mollement au respect des droits humains, sur le soutien des États-Unis et de leurs alliés, gouvernement français en tête. L’Union Européenne et l’Inde ont relancé début mai leurs négociations commerciales, au moment même où l’accord d’investissement UE-Chine – dont rien n’indique par ailleurs qu’il soit souhaitable en l’état – est au point mort. Sur le plan géopolitique, l’Inde est vue comme un maillon essentiel d’une politique « indo-pacifique » dirigée contre la Chine. Une alliance qui dérange d’autant moins que la rhétorique haineuse dominante actuellement en Inde converge avec certaines dérives observables ici en matière de restriction des liberté publiques et d’imposition d’une grille de lecture ethno-confessionnelle occultant les inégalités sociales produites par le néolibéralisme. Le Monde en Commun a réalisé avec Dominique (le prénom a été changé pour ne pas compromettre l'accès aux sources sur place), spécialiste de l’Inde, un riche entretien en deux parties. La première traite des réalités socio-politiques actuelles de ce pays de 1,4 milliards d’habitants. La seconde aborde les enjeux géopolitiques au nom desquels « les occidentaux », prompts quand cela les arrange à s’afficher en défenseurs des droits humains, ferment les yeux sur les pans les plus graves de la politique de Modi.

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Marina Mesure

Syndicalisme international

Marina Mesure is a specialist of social issues. She has worked for several years with organizations defending workers’ rights such as the European Federation of Building and Wood Workers.

She has campaigned against child labor with the International Labor Organization, against social dumping and the criminalization of unionism. As a famous figure in the international trade union world, she considers that the principle of “equal work, equal pay « remain revolutionary: between women and men, between posted and domestic workers, between foreigners and nationals ».

Marina Mesure, especialista en asuntos sociales, ha trabajado durante varios años con organizaciones de derechos de los trabajadores como la Federación Europea de Trabajadores de la Construcción y la Madera.

Llevo varias campañas contra el trabajo infantil con la Organización Internacional del Trabajo, contra el dumping social, y la criminalización del sindicalismo. Es una figura reconocida en el mundo sindical internacional. Considera que el principio de « igual trabajo, igual salario » sigue siendo revolucionario: entre mujeres y hombres, entre trabajadores desplazados y domésticos, entre extranjeros y nacionales « .

Spécialiste des questions sociales, Marina Mesure travaille depuis plusieurs années auprès d’organisations de défense des droits des travailleurs comme la Fédération Européenne des travailleurs du Bâtiment et du Bois.

Elle a mené des campagnes contre le travail des enfants avec l’Organisation internationale du travail, contre le dumping social, la criminalisation du syndicalisme. Figure reconnue dans le monde syndical international, elle considère que le principe de « travail égal, salaire égal » est toujours aussi révolutionnaire : entre les femmes et les hommes, entre les travailleurs détachés et domestiques, entre étrangers et nationaux ».

Sophia Chikirou

Directrice de la publication

Sophia Chikirou is the publisher of Le Monde en commun. Columnist, director of a documentary on the lawfare, she also founded several media such as Le Média TV and the web radio Les Jours Heureux.

Communications advisor and political activist, she has worked and campaigned in several countries. From Ecuador to Spain, via the United States, Mexico, Colombia, but also Mauritania, she has intervened with progressive and humanist movements during presidential or legislative campaigns.

In 2007, she published Ma France laïque (La Martinière Editions).

Sophia Chikirou es directora de la publicación de Le Monde en commun. Columnista, directora de un documental sobre el lawfare, también fundó varios medios de comunicación tal como Le Média TV y la radio web Les Jours Heureux.

Asesora de comunicacion y activista política, ha trabajado y realizado campañas en varios países. Desde Ecuador hasta España, pasando por Estados Unidos, México, Colombia, pero también Mauritania, intervino con movimientos progresistas y humanistas durante campañas presidenciales o legislativas.

En 2007, publicó Ma France laïque por Edicion La Martinière.

Sophia Chikirou est directrice de la publication du Monde en commun. Editorialiste, réalisatrice d’un documentaire sur le lawfare, elle a aussi fondé plusieurs médias comme Le Média TV et la web radio Les Jours Heureux.

Conseillère en communication et militante politique, elle a exercé et milité dans plusieurs pays. De l’Equateur à l’Espagne, en passant par les Etats-Unis, le Mexique, la Colombie, mais aussi la Mauritanie, elle est intervenue auprès de mouvements progressistes et humanistes lors de campagnes présidentielles ou législatives.

En 2007, elle publiait Ma France laïque aux éditions La Martinière.

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