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CELAC à Buenos Aires : l’Argentine prend le relais mexicain

L'Argentine a été choisie vendredi pour assurer cette année la présidence tournante de la Communauté des Etats d'Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), lors de la 22e réunion des ministres des Affaires étrangères de ce bloc régional à Buenos Aires.

Avec plus de 30 ministres des affaires étrangères de la région, le ministre mexicain des affaires étrangères, Marcelo Ebrard, a transmis la responsabilité de diriger la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) jusqu’en 2023 au ministre argentin des affaires étrangères, Santiago Cafiero, avant de souligner que la création de l’Agence spatiale latino-américaine et caribéenne ainsi que la mise en œuvre d’un registre régional des brevets pharmaceutiques font partie des réalisations les plus importantes de son mandat.

Pour sa part, le ministre argentin des affaires étrangères a souligné les priorités de l’organisation pour cette année.

Dans son discours, il a exprimé la nécessité de renforcer « les positions de la CELAC au niveau régional devant les organisations financières internationales », afin de donner la priorité aux « politiques actives recommandées par l’Organisation internationale du travail [OIT] ».

Il est important de rappeler ici la situation de l’Argentine, qui a contracté un prêt de près de 45 milliards de dollars sous l’administration de Mauricio Macri auprès du Fonds monétaire international (FMI), et qui se trouve aujourd’hui dans une situation très difficile de renégociation pour pouvoir payer. À cet égard, le ministre mexicain des Affaires étrangères, Marcelo Ebrard, a mentionné l’importance pour Buenos Aires de pouvoir apaiser ces conflits avec ses créanciers afin de pouvoir se développer, et a ratifié le soutien du Mexique dans la négociation, au cas où il serait nécessaire d’intervenir auprès du FMI.

En ce qui concerne la pandémie de COVID 19, le chancelier a déclaré que la CELAC devait donner la priorité aux « stratégies régionales de santé » afin d’améliorer sensiblement « les capacités sanitaires et de relever les défis » auxquels la région est confrontée aujourd’hui de la manière la plus appropriée.

Il a également appelé à renforcer la « coopération dans le domaine de l’espace », en s’appuyant sur l’initiative du mandat mexicain précédent. « Nous sommes très fiers de faire partie et de pouvoir avancer dans ces projets d’intégration, dans la plus haute sphère technologique », a-t-il déclaré. « Science, technologie et innovation pour l’inclusion sociale. Nous allons faire progresser la coopération dans tous ces domaines », a-t-il souligné.

Il a souligné que l’un des objectifs proposés sera de pouvoir disposer d’une « gestion globale des risques de catastrophes », afin d’aborder conjointement la solidarité dans une région qui subit souvent les conséquences des tremblements de terre, des ouragans et des inondations. À cette fin, l’Argentine considère qu’il est essentiel de « progresser dans les politiques d’atténuation et de prévention », et de poursuivre les avancées du Mexique dans ce domaine.

Elle favorisera « l’échange de bonnes pratiques entre tous les pays membres de la CELAC, le renforcement des institutions, en donnant la priorité à la démocratie et à la lutte contre la corruption ». La lutte contre la faim et la malnutrition dans la région sera encouragée, « en tenant compte des particularités de la réglementation de chaque pays », a-t-il déclaré. « Nous continuerons à développer des programmes qui mettent l’accent sur l’alimentation, la nutrition, la sécurité et la souveraineté alimentaire ».

Sur le plan géopolitique, le dialogue sera encouragé « avec l’Union européenne (UE), la Chine, l’Inde, la Russie et l’Union africaine (UA), entre autres », tout comme sera encouragé « l’intégration des infrastructures », a déclaré l’homme politique : « Nous allons stimuler la connectivité régionale. » Ceci, en lançant des plans liés aux transports, à l’énergie et aux communications.

En matière d’environnement, il s’agira de « promouvoir l’évaluation et le suivi de la réalité régionale, avec le suivi des objectifs de développement durable de l’Agenda 2030 ». L’importance d’améliorer la situation des femmes est soulignée, en proposant « une relance avec une perspective de genre et d’égalité » et en travaillant sur « la transformation numérique et la coopération en matière de transfert de technologie ». Toujours dans son discours, le ministre argentin des Affaires étrangères a valorisé « la dimension culturelle » de la région, affirmant que cette diversité sera une priorité dans son agenda.

Le chef de la diplomatie mexicaine fut remercié par toutes les délégations présentes, car toutes ont souligné le rôle stratégique du Mexique dans la promotion de la CELAC, qui a été déterminante pour le renforcement d’une politique d’intégration régionale.

Il faut espérer que le pilotage de la CELAC par l’Argentine, dont le rôle a été joué par la nation aztèque pendant près de deux ans en raison de la situation de pandémie, sera aussi important et stratégique que celui joué par le Mexique.

Car la CELAC est devenue le principal mécanisme d’intégration régionale en Amérique latine, sans exclusions, avec une politique de dialogue et de consensus, contrairement à la politique agressive d’ingérence de l’OEA. La réunion des 30 délégations qui avaient fait le déplacement à Buenos Aires a été clôturée au Palacio de San Martín par le Président argentin Alberto Fernández.

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