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Adel Bakawan : « En Irak, la France est perçue comme un pays d’amis. Il faut développer ces relations d’amitié entre les peuples français et irakien »

À l’occasion de la récente visite du Pape François en Irak, une première historique, nous sommes revenus sur la situation en Irak. Ce pays est traversé, comme la Syrie, par toutes les violences politiques qui marquent le Proche Orient depuis des décennies. Il est également le théâtre de mobilisations citoyennes. Entretien avec Adel Bakawan, Directeur du Centre de sociologie de l’Irak (Université de Soran en Irak), Directeur du département recherche de l’Institut de Recherche et d’Etudes Méditerranée Moyen-Orient (IREMMO), chercheur associé de l’Institut français des relations internationales (IFRI). Il a publié de plusieurs ouvrages concernant notamment l’Irak. Entretien réalisé par Arnaud Le Gall, avec l’aide de Laure Saboureux, Linda Manceau et Alex Piguet.
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Le Monde en Commun : La récente visite du Pape François en Irak, une première historique, a eu une forte portée symbolique. Mais que pouvait-elle peser dans un pays victime d’ingérences étrangères multiples, de l’exaspération de clivages ethniques et confessionnels instrumentalisés, de ce que vous appelez une « milicisation » de l’Etat etc. ?

Adel Bakawan : Cette visite du pape en Irak peut se lire à deux niveaux. Le niveau symbolique a évidemment son importance. La rencontre avec al-Sistani, la plus grande autorité religieuse chiite dans le monde, la visite des ville d’UR, berceau d’Abraham, Mossoul, Kirkouk, Erbil, capitale du Kurdistan irakien, revêtent un fort intérêt symbolique. En premier lieu pour les chrétiens, qui étaient en 2003, avant l’occupation américaine, 1.5 millions en Irak. Ils ne sont plus en 2021 que 150 000 fidèles. Cette visite du Pape les a replacés pour un temps au centre de gravité, à l’échelle irakienne et à l’échelle régionale et internationale. A l’échelle irakienne, le pape a fait plusieurs discours sur l’irakicité, promouvant un État irakien souverain. C’est très important.

Mais concrètement l’Irak souffre de grandes fragilités. Il fait partie des 33 pays identifiés par les instances internationales comme des États fragiles. Et la visite du pape ne pouvait rien changer des conditions objectives dans lesquelles se trouvent non seulement cet État, mais aussi la société irakienne sur l’ensemble du territoire. L’Irak vit en tant qu’Etat une grande crise de légitimité. Les services publics ne fonctionnent plus. 25% de la population de la capitale n’a pas accès à l’eau potable ni à l’électricité. A Bassora, la capitale économique d’où vient 80% du pétrole, la population n’a accès qu’à 3 heures d’électricité sur 24. Par ailleurs les lois sont appliquées d’une manière arbitraire, les droits humains bafoués partout. De Bassorah à Erbil, de Mossoul à Bagdad, l’insécurité est généralisée. Aucun citoyen irakien ne se sent en sécurité, y compris sur le plan économique. Les inégalités ont explosé. En 2003, il n’y avait pas un seul milliardaire en Irak. En 2021, uniquement dans le nord de l’Irak, le nombre de milliardaires dépasse le nombre de millardaires de 8 pays européens. Pendant que la grande masse de la population ne peut satisfaire les besoins essentiels. Les inégalités ont atteint un niveau très grave.

Le Monde en Commun : Ces milliardaires ne réinvestissent pas dans l’économie du pays…

Adel Bakawan : Absolument pas. On ne parle pas d’une bourgeoisie nationale investissant dans les infrastructures du pays. Ils sont devenus milliardaires via la systématisation de la corruption. Ces inégalités sont une question centrale dans l’Irak d’aujourd’hui. Ce n’était absolument pas le cas avant 2003 et l’invasion étasunienne. L’Irak de Saddam Hussein n’était évidemment pas un idéal de justice sociale, loin de là ! C’était une dictature, un régime totalitaire. Mais nous ne sommes pas là pour analyser le régime de Saddam Hussein, mais bien la situation présente. Les inégalités sociales détruisent la société irakienne. A ce jour, l’écart entre les plus riches et les plus pauvres est tel qu’une personne de la seconde catégorie doit travailler 363 ans pour avoir les revenus moyens annuels d’un riche irakien. Les riches ont leurs propres stades, théâtres, quartiers, routes etc.  Ils ne se mélangent pas avec le reste de la société. Sans parler bien évidemment de la fragilité d’un système économique basé à 95% sur le pétrole. Si le prix de celui-ci chute, c’est toute l’économie irakienne qui est en panne.

Le Monde en Commun : Cette situation se superpose à l’exaspération des clivages ethniques et confessionnels. Malheureusement l’Irak est désormais souvent résumé à un triptyque « sunnites, chiites, kurdes ». Cette exacerbation identitaire correspond-t-elle à des agendas politique irakiens et à ceux d’acteurs extérieurs ? Va-t-elle de pair avec la « milicisation » de l’État que vous évoquez souvent ?

Tout d’abord les identités ethniques, religieuses sont-elles des identités qui correspondent à l’état « naturel » de la société ? Bien-sur que non. Ce sont des identités, des qualifications, des polarisations, des typifications construites socialement, politiquement et géopolitiquement et poussés par des acteurs divers. Autrement dit, c’est une construction permanente et non pas figée. Sur la milicisation de la société, il faut là aussi revenir à 2003. Lorsque l’Irak a été occupé par les États-Unis d’Amérique, Paul Bremer a été désigné comme gouverneur irakien. 12 jours après son arrivée il a décrété la « débaasification » (NDLR : du nom du Parti Baas) de l’État irakien, puis la dissolution de l’armée et de tous les appareils de sécurité irakiens. Et comment Paul Bremer, le nouveau Percy Cox (NDLR : militaire et diplomate britannique en charge de l’Irak sous mandat britannique à partir de 1921), va prétendre reconstruire l’État irakien ? Il le fera à partir des alliés directs ou objectifs des États-Unis contre le régime de Saddam Hussein, les partis politiques chiites qui disposaient des branches militaires, c’est-à-dire des milices, et qui étaient dans la résistance contre le régime de Saddam Hussein, mais aussi les Kurdes avec leurs branches miliciennes et leurs partis politiques. Au nom du prétendu désarmement des milices Paul Bremer, en lien avec les leaders politiques irakiens chiites et kurdes, va reconstituer l’armée irakienne et les appareils sécuritaires en y intégrant toutes les branches miliciennes de ces partis politiques. C’est ce que j’appelle la double-dynamique. La première, c’est celle de l’intégration des milices des partis chiito-kurdes au sein de l’État irakien, et la reconstitution théorique de l’appareil de sécurité en s’appuyant sur ces éléments milicien kurdes et chiites.

Mais ces derniers ont été très intelligents. Ils se sont assurés de préserver leur indépendance organisationnelle. C’est la deuxième dynamique. Ils sont à la fois intégrés dans l’Etat et ils ont en même temps gardé leur indépendance. C’est pourquoi aujourd’hui lorsque vous allez au ministère de la défense ou de l’intérieur, ou voir la police locale, vous retrouvez exactement les mêmes membres des organisations miliciennes. Ils sont à la fois à la tête des milices et intégrés dans les appareils de l’État. Autrement dit, les milices n’ont pas pris en otage l’Etat. Elles ne sont pas à l’extérieur de l’Etat. Elles sont l’État. Voilà ce que j’appelle la milicisation de l’Etat. Le péché originel est donc ici l’invasion de l’Irak en 2003, et les mesures prises ensuite. Cela a permis également une montée en puissance de toutes les catégories d’ingérence iranienne en Irak : militaire, sécuritaire, culturelle, sociale et religieuse. L’Iran considère historiquement l’Irak comme une de ses provinces (NDLR : à plusieurs moments de l’histoire antérieure au début du 20e siècle – qui verra s’établir une longue domination franco-britannique puis étasunienne sur le Proche Orient – le territoire actuel de l’Irak a été une province de l’empire perse, mais également des califats omeyades, abassides etc., de l’empire ottoman ou encore de l’empire mongol). Le nom de Bagdad vient de la langue persane. L’Irak est historiquement considéré dans la mémoire collective des élites iraniennes comme une province iranienne.

Le Monde en Commun : Une précision importante pour nos lecteurs. On peut penser si on adopte une grille confessionnelle que, mécaniquement, l’Iran soutient les chiites irakiens, et vice-versa. N’est-ce pas plus complexe ?

Adel Bakawan : Si. D’ailleurs il n’y a pas que des pro-Iraniens et des anti-Iraniens. On peut simplifier, ici, en trois catégories, même si évidemment les chiites, grande communauté constituant 60% de la population irakienne, sont beaucoup plus diversifiés. La première est l’école nationaliste, représentée par le courant sadriste (NDLR : dirigé par Moqtada al-Sadr), au sens où elle prend la nation irakienne comme référentiel. Elle est fortement opposée à toutes les ingérences iraniennes. La deuxième école est la marja’iyya représentée par al-Sistani. Elle dispose d’une base sociale large, mais aussi de milices composées d’environ 40 000 combattants, soutenus, financés, armés, accompagnés par la marja’iyya (l’institution cléricale) dirigé par al-Sistani. Ces milices se sont opposées à toutes les ingérences iraniennes. Et il y a enfin parmi la nébuleuse chiite une troisième catégorie, très puissante, considérée comme pro-iranienne, directement rattachée à l’ayatollah Khamenei qu’elle considère comme « marjah », c’est-à-dire comme la référence religieuse. Donc vous avez au sein du monde chiite au moins trois catégories en compétition. Par exemple, fin 2003, les combattants de Moqtada al-Sadr encerclaient l’ayatollah Sistani, et lui demandaient de quitter l’Irak en 24 heures car il est d’origine et de nationalité iranienne, même s’il est arrivé très jeune à Nadjaf, en 1952 si, et ne l’a jamais quittée depuis. Ce sont alors les forces spéciales de l’armée américaine qui ont sauvé al-Sistani.

Le Monde en Commun : En 2014 a eu lieu la grande offensive de l’Etat islamique en Irak. Ces ingérences extérieures et cette situation générale de décomposition de l’Etat et de  la société expliquent-elles l’apparition puis la montée en puissance de cette organisation ?

Adel Bakawan : En partie, oui. Effectivement l’Etat islamique est né en Irak, dans la misère irakienne et dans la frustration de la communauté sunnite. Le décret sur la « débaasification » a été instrumentalisé, voire élargi, pour devenir en pratique un décret sur la « désunnification » de l’Irak par les élites chiites. Ces dernières vont prendre rapidement la tête des différents gouvernements, et la garder sans interruption depuis 2004. L’État irakien s’est vu de fait expurgé de la grande majorité des sunnites, qui ont dirigé le pays de 1639, début de l’occupation ottomane de l’Irak, à 2003, et fournissaient à l’Etat ses cadres dirigeants, son corps diplomatiques etc. Deuxièmement, l’armée irakienne, majoritairement constituée de sunnites, a également été purgée et refondée avec des milices, comme dit plus haut. Le lendemain de l’occupation de l’Irak, c’est la grande majorité des sunnites, pour ne pas dire tous, qui s’est retrouvée à la rue, exclue, abandonnée, marginalisée et livrée à elle-même dans l’Irak post-Saddam Hussein. C’est là, à partir de l’occupation américaine, que la résistance irakienne version sunnite a commencé. Et c’est là qu’il y a eu un glissement de la résistance vers le terrorisme, avec Al Qaeda, puis l’État islamique qui en est issu.

Le Monde en Commun : Pour finir sur les ingérences étrangères. La Turquie intervient depuis longtemps dans les montagnes du nord de l’Irak, alliée à des kurdes contre d’autres kurdes…

Adel Bakawan : Au Kurdistan irakien, dans le nord de l’Irak, en 1991-1992, lorsque Saddam Hussein a retiré la totalité de ses appareils administratifs de la région, les kurdes d’Irak ont mis en place ce qui sera reconnu plus tard comme le Gouvernement Régional du Kurdistan d’Irak, connu sous le sigle GRK. En même temps le PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) a établi des bases arrières dans les Monts Qandil, au nord de l’Irak, à proximité de la Turquie. Organisation révolutionnaire des kurdes de Turquie, le PKK est en guerre depuis 1982 contre l’Etat turc. A ce jour il y a eu 42000 morts et plusieurs milliards de dollars dépensés dans cette guerre. La Turquie considère le PKK comme une menace existentielle.

Le Gouvernement régional du Kurdistan partage en large partie les inquiétudes et les soucis de la République turque contre le PKK, car ce dernier ne reconnait pas à ce jour la légitimité du GRK. On rejoint ici la conflictualité pour la domination de l’espace Kurde, reparti sur la Turquie, la Syrie, l’Iran et l’Irak. Cette concurrence recoupe une dimension idéologique. Le gouvernement régional du Kurdistan a adopté comme référentiel la démocratie libérale, au moins théoriquement…, alors que le PKK a adopté la démocratie radicale. Les interventions d’Ankara contre le PKK dans le Kurdistan Irakien se font donc en parfaite coordination avec le GRK. Le GRK fait d’ailleurs face régulièrement à des mouvements sociaux dénonçant ces frappes turques qui font parfois des morts parmi les civils. Même si ces mouvements sociaux sont avant tout l’expression d’une misère qui s’installe aussi dans le Kurdistan irakien, à tous les niveaux. Mais la grille de lecture du GRK c’est que le PKK instrumentalise cette misère en détournant les mouvements de contestation contre lui.

Le Monde en Commun : Le peuple irakien est le grand absent de notre échange jusqu’ici. Il est pourtant revenu sur le devant de la scène à l’automne 2019. On a assisté à un mouvement de contestation d’ampleur nationale, dont les revendications étaient politiques, sociales, renvoyaient aux services publics, à l’emploi, la corruption etc. Les manifestants ont réaffirmé la souveraineté populaire. On a vu une jeunesse brandir le drapeau national, pas celui de telle ou telle milice, ethnie, religion. Vous parlez vous-même souvent de la persistance d’un sentiment d’irakicité. Pouvez-vous revenir sur cette mobilisation, qui a été réprimée ?

Adel Bakawan : Le plus important est cette prise de conscience, de la part d’un mouvement de contestation constitué à 80% de jeunes entre 18 et 24 ans, que l’Irak est mis en coupe réglé et n’a plus rien d’un pays indépendant, que nous n’avons plus d’État opérationnel, que nous sommes dans le vide, dans le « non-État », basé sur la corruption, le clientélisme, la milicisation, la militarisation de la société, le clientélisme etc. Cette mobilisation aspire à la mise en place d’un État digne de ce nom, et que dans cet État les règles soient imposées non pas par des nationalistes kurdes ou arabes, des religieux, des corrompus, mais plutôt en vertu d’un nationalisme irakien.

Le Monde en Commun : En français le mot nationalisme est ambiguë, car historiquement son volet identitaire a pris le dessus. Ce que vous désignez par « nationalisme » ne renvoit-il pas au « patriotisme », à une conception civique de la Nation ?

Adel Bakawan : Oui. Le mot arabe al-watania est traduit par « nationalisme » en français. Mais en réalité on parle du patriotisme. « Nous voulons une patrie et nous voulons installer le sentiment du patriotisme au sein de la société irakienne ». Voilà ce que disent notamment les manifestants. Quand ils parlent du patriotisme irakien, cela signifie dans le contexte qu’ils veulent exclure les nationalismes arabe, kurde, la domination des religieux dans le champs politique. Ils veulent mettre en place ce qu’on appelle dans le monde arabe un État civil, c’est-à-dire sécularisé, même s’il n’y a pas de coupure stricte entre les religions et l’État, comme dans le cas de la laïcité.

Le plus important est que cette volonté existe. Maintenant, les conditions objectives existent-elles pour (re)construire cela, une patrie, un Irak partagé et partageable par tout le monde, dans lequel se reconnaissent toutes les composantes de la société irakienne, les habitants de Souleimaniye, de Bassora ou de Mossoul ? Pour que tous se sentent citoyens de ce pays, d’un État qui mobilisera toutes ses compétences pour les mettre au service des citoyens etc.

Ma réponse est très nuancée. Je pense personnellement qu’il y a de très bonnes volontés. Mais aussi des conditions objectives dépassant ce volontarisme. Malheureusement, à ce jour le contexte géopolitique à l’échelle régionale, le contexte politique local, l’absence de personnalités capables de porter un tel projet au sein de « l’élite » (NDLR : dans le cas de l’Irak, la notion d’oligarchie correspond davantage à la situation irakienne que celle d’élite, qui en français a une connotation positive), constituent les plus grands obstacles dans la concrétisation de ce patriotisme irakien.

Le Monde en Commun : La pandémie et la répression par les milices, qui a fait plus de 600 morts, ont mis un coup d’arrêt à ce soulèvement populaire. Mais vous l’avez dit l’idée demeure, et on ne peut pas tuer une idée. Que pourrait faire la France, même si elle n’a plus beaucoup d’influence en Irak ? Elle a participé aux combats contre l’État Islamique, dans des conditions qu’on pourrait d’ailleurs discuter, aux bombardements notamment de Mossoul etc. En 2018-2019 on a vu des gens à Bassora mettre des gilets jaunes, ce qui prouve que la France était observée…

Adel Bakawan : L’Irak n’est pas historiquement une terre d’influence française, mais plutôt britannique, désormais étasunienne. Mais on peut toujours trouver des espaces pour agir. La France a une très bonne image en Irak, notamment parce qu’elle n’a pas participé à la guerre de 2003. La France est perçue comme un pays d’amis. C’est un des rares pays qui n’a pas déplacé son ambassade  dans la zone verte (NDLR : enclave ultra sécurisée mise en place à Bagdad en 2003, notamment pour les représentations étrangères, et coupée de la population de Bagdad) mais est restée dans le centre-ville. Ce qui est très bien perçu. La diplomatie française en Irak a mis en place un grand réseau relationnel couvrant tout le pays. Dans le nord la France est perçue comme un allié très stratégique pour les Kurdes. En 1991 la protection du Nord c’est-à-dire du peuple kurde, contre le régime de Saddam Hussein, est une initiative venue de François Mitterrand, de la France, et adoptée par le Conseil de Sécurité. Mais la grande fragilité de la France en Irak c’est qu’elle seule ne dispose pas de moyens.

Elle n’a pas ou ne se donne pas les moyens économiques pour peser. Aujourd’hui on s’impose ou bien par les moyens économiques ou bien par les moyens militaires. La diplomatie dépend aussi de cela. La France ne met pas, ne s’engage pas ou n’investit pas à la hauteur de son rôle supposé en Irak. Depuis plusieurs d’années on parle d’un milliard d’euros décidés par la présidence française devant être investis en Irak. Mais à ce jour, les investissements de la France en Irak ne dépassent pas quelques millions de dollars. La France pourrait aussi diriger, influencer, orienter les stratégies de l’Union Européenne en Irak.

Le Monde en Commun : Cela s’entend. Mais compte tenu de la situation en Irak on put se dire que si la France mettait un milliard maintenant les gens se demanderaient quel usage va être fait de cet argent…    

Adel Bakawan : Je suis d’accord. Tout dépend de ce qu’on veut. Veut-on par exemple accompagner le mouvement de contestation ? L’émergence de la société civile ? Est-ce qu’on veut soutenir les initiatives des mouvements des femmes, des jeunes, des étudiants ? Est-ce qu’on peut participer à la reconstruction des universités ? Là ce serait des investissements concrets, utiles à l’avenir de l’Irak et aux relations d’amitié entre les peuples français et irakien.

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