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Quand la Françafrique permet de faramineux montages fiscaux aux pontes du CAC 40

Au mois d'avril 2020, Thomas Dietrich membre de l'équipe du Monde en Commun révélait les dessous d'un montagne fiscal mêlant néocolonialisme, dictature et corruption. Une enquête de Libération publiée le 11 octobre 2020 réactive et confirme ce que l'écrivain avait révélé quelques mois auparavant : Anne Lauvergeon (Suez, ALP) ou encore Xavier Niel (Iliad, Free) ont pillé la Guinée en s'appuyant sur le pouvoir en place.

Agnès Faivre , Olivier Blamangin et Akoumba Diallo sont à l'origine de l'enquête publiée dans Libération, le 11 octobre 2020. Thomas Dietrich avait de son côté fait les premières révélations dans le Média, le 23 avril 2020.

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Un projet français capable de séduire des pontes du CAC 40 pour exploiter une mine de bauxite en Guinée tourne au vinaigre : entre paradis fiscaux et corruption, dictature tropicale et néocolonialisme, récit d’un incroyable scandale, au cœur d’une Françafrique qui ne veut pas mourir.En 2013, un jeune entrepreneur français, Romain Girbal, acquiert de manière douteuse un permis d’exploitation d’un gisement de bauxite en Guinée.   

En 2015, Girbal crée en France l’Alliance minière responsable (AMR), qui devait révolutionner le secteur minier par des pratiques éthiques et respectueuses de l’environnement. Le projet a séduit l’ancien ministre socialiste Arnaud Montebourg, qui a ouvert à Girbal son carnet d’adresses, et lui a permis de faire entrer au capital de l’AMR Anne Lauvergeon ou encore Xavier Niel.

Mais très vite, l’entreprise française se montre incapable de lever les fonds nécessaires à l’exploitation de la mine. Elle va alors céder de manière déguisée son gisement à une entreprise à capitaux majoritairement chinois, la Société minière de Boké (SMB). La SMB est cornaquée par des proches du président guinéen, Alpha Condé. De plus, elle pollue allégrement l’environnement et appauvrit les populations locales.   

Les bénéfices de la cession du gisement de bauxite, qui se chiffrent en plusieurs dizaines de millions d’euros (certains parlent même d’un montant total de 171 millions d’euros), se perdent dans les paradis fiscaux. En exclusivité pour l’enquête du Média, Arnaud Montebourg fait part de sa colère et de ses soupçons : d’après lui, cet argent aurait pu enrichir le clan d’Alpha Condé. Un dictateur qui multiplie les violences à l’égard de sa population et se trouve dans le viseur de la Cour Pénale Internationale. 

Vous pouvez retrouver les révélations de Thomas Dietrich et l’enquête qui confirme ses propos sur le site de Libération

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