l'article

Iran : quand la peine de mort rejoint la télé-réalité… histoire vraie du pire du pire

Le film de Massoud Bakhshi est sorti sur les écrans français le 7 octobre 2020. S'inspirant d'un vrai talk show iranien intitulé Mah-é Asal, la fiction pousse à l'extrême les logiques de ce dernier. Un des épisodes qui avait le plus été suivi avait par exemple vu un condamné à mort gracié par la famille de sa victime.

Cette analyse a été rédigée par Jérôme Garcin sur BibliObs, le 5 octobre 2020.

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email
Partager sur telegram

Marym a 22 ans. Elle a tué son mari Nasser et a été condamnée à mort pour cela. La seule personne qui pourra la gracier est Mona, la fille de Nasser. Où et quand ? En direct, sur un plateau télévisé pendant une émission suivie par plusieurs millions de personnes. Un film salué par la critique qui met la loi religieuse (la loi islamique du qesas permet à la famille d’une victime de demander la mise à mort du meurtrier comme forme de dédommagement) face aux néons des talk show.

Capture d’écran de la bande annonce du film

Pour la vie, tapez 1. Pour la mort, tapez 2. Entre deux chansons et deux plages de pub, l’animateur beau gosse invite les téléspectateurs à choisir entre la libération ou la pendaison d’une jeune femme. Ce soir-là, soir de la fête zoroastrienne de Yalda, où l’on célèbre le solstice d’hiver en mangeant des fruits à cœur rouge et récitant des poèmes de Hafez, ils sont vingt millions, rivés sur le petit écran, à jouer le jeu. On croirait une satire de la téléréalité, une parodie de procès populaire, une version ubuesque de « Faites entrer l’accusé ».

Eh bien, non, le programme qui a inspiré « Yalda, la nuit du pardon » de Massoud Bakhshi (en salles le 7 octobre) existe vraiment. En Iran. Ce pardon, pour avoir la vie sauve, les repentants doivent l’obtenir en direct de la bouche des proches de victimes, tandis que les téléspectateurs sont appelés à donner leur avis avant l’arrivée, sur le plateau, d’un procureur, qui enregistre la sentence finale. Un show présenté à la manière d’une émission de variétés, mais conçu pour faire monter le suspense et laisser accroire que le peuple des télé-jurés est souverain. Si le pardon l’emporte, les sponsors verseront à la famille de la victime le lourd « prix du sang ».

Lire la suite de l’article sur BibliObs

En ce moment sur Le Monde en Commun

Les vidéos