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🚨 Alerte : les 10% les plus riches sont responsables de la moitié des émissions de C02

C’est ce que montre le nouveau rapport « Combattre les inégalités des émissions de CO2 » d’Oxfam. Il est le produit de recherches menées avec le Stockholm Environment Institute (SEI). Ce rapport tient compte pour chaque pays, des émissions qu’il produit sur son territoire mais aussi de celles liées à ses importations, tout en excluant celles liées à ses exportations.

Ce texte a été rédigé par Manon Dervin, le 21 septembre 2020.

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Les riches vivent au-dessus de nos moyens 

Les émissions de gaz à effet de serre s’accélèrent selon le rapport d’Oxfam. On a émis autant de CO2 entre 1990 et 2015 (25 ans) qu’entre 1850 et 1989 (139 ans) ! On ? La responsabilité incombe plutôt à une petite partie privilégiée de la population. Par leur niveau de vie et leur consommation, les 10% les plus riches de la planète ont été responsables de plus de la moitié des émissions de CO2. Les inégalités sont extrêmes :  les 1 % les plus riches du monde ont émis deux fois plus de CO2 que la moitié des plus pauvres ! Les effets sont déjà concrets. Si les riches polluent, les pauvres subissent déjà la multiplicité et l’intensité croissante de catastrophes qui n’ont plus rien de « naturel ». 

Il y a urgence à changer radicalement nos modes de vie… à commencer par celui des plus fortunés. Ils ont déjà consommé près d’un tiers du budget carbone mondial encore disponible pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C. Tandis que la moitié la plus pauvre n’en a consommé que 4 %.  Ces 10% les plus riches risquent d’épuiser à eux seuls le budget carbone d’ici 2033 même si les émissions du reste de la population mondiale devenaient nulles dès demain. La moyenne mondiale des émissions par habitant devrait être de 2,1 tonnes/ an d’ici 2030 pour contenir le réchauffement à +1,5°C. Or, l’empreinte carbone des 10% les plus riches est plus de 10 fois supérieure à l’objectif fixé. Et celle des 1%, 35 fois plus élevée. En clair : les riches vivent au dessus de nos moyens et leur mode de vie menace les conditions d’existence du plus grand nombre. 

La sécession des riches est climatique… en France aussi !

La France n’est pas en reste dans ce constat d’inégalités extrêmes. En 2015, l’empreinte carbone moyenne des 1 % les plus riches était 13 fois plus élevée que celle des 50% les plus pauvres. Celle des 10% était 4,5 fois plus importante. Sur la période 1990-2015, les 10% les plus riches ont été responsables de plus d’un quart des émissions cumulées de CO2 (27%), soit presque autant que la moitié la plus pauvre de la population française (28%). Le levier climatique le plus important et le plus efficace réside donc dans une politique ciblée de réduction de l’empreinte carbone des plus riches.

Mais la politique, notamment fiscale, conduite par Emmanuel Macron produit l’effet inverse. Elle ne fait qu’accroître les inégalités économiques et renforce de fait les inégalités climatiques. Deux chercheurs ont constaté que 10% des personnes les plus aisées ont capté 79% du gain total de niveau de vie offert par la suppression de l’ISF. « En même temps », le nombre de personnes pauvres augmentent et la puissance publique est démantelée. Il y a plus de 9 millions de pauvres en France, le taux de chômage explose, les licenciements se multiplient. Mais grâce à la complaisance gouvernementale, les profiteurs de crise se sont considérablement enrichis à l’ombre du Covid19. Un autre récent rapport d’Oxfam a révélé que le patrimoine cumulé des 500 plus grandes fortunes de France a progressé de 3 % en 2020, battant ainsi un nouveau record.

L’écologie populaire pour poser des limites à l’indécence

L’accroissement des inégalités nous fait courir à la catastrophe climatique. Le rapport d’Oxfam met en lumière les impératifs de justice sociale et environnementale à l’aune de la crise climatique. C’est à la puissance publique de mettre en œuvre ces changements systémiques à travers la planification de la bifurcation écologique. 

Nous devons poser des limites à l’indécence afin de garantir des conditions d’existence dignes, à la fois individuelles et collectives. Il s’agit de produire et consommer moins, en luttant prioritairement contre le consumérisme des plus riches. Mais aussi et surtout de répartir mieux au bénéfice du plus grand nombre. Éradiquer la pauvreté et empêcher en même temps la sécession économique et climatique des plus riches est une urgence sociale et environnementale. L’écologie populaire est plus que jamais le cap à tenir dans la bifurcation écologique !

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