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La présidentielle française vue de l’étranger

Nous vous invitons à suivre ce dossier qui relatera la perception dans le monde de la campagne présidentielle en France. La campagne trouvera son épilogue les 10 et 24 avril 2022.

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Vu du Royaume-Uni : Une gifle des électeurs à Macron

« Le gouvernement français, centriste, tente désespérément d'éviter la paralysie politique après avoir perdu sa majorité à l'Assemblée nationale. » Ce constat, c’est celui de Paul Kirby au lendemain des résultats du deuxième tour des législatives. Écrivant pour la BBC, il estime que c’est l’incertitude qui domine les résultats. L’article a été publié sous le titre original « Élections en France : incertitude politique suite à l’effondrement du parti de Macron ».

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La Première ministre Elisabeth Borne a évoqué une situation inédite et les commentateurs ont prévenu que la France deviendrait ingouvernable.

L’équipe du président Emmanuel Macron fait désormais face à deux puissants groupes d’opposition.

Et ni l’alliance de gauche et écologiste de Jean-Luc Mélenchon, ni l’extrême droite de Marine Le Pen ne souhaitent travailler avec lui.

M. Macron devra également remplacer trois ministres qui ont perdu leur siège lors du vote de dimanche, et l’avenir de la Première ministre semble de plus en plus menacé.

Le revers électoral de dimanche a largement été décrit par les commentateurs comme une gifle de la part des électeurs donnée à Macron et ses alliés. Ces derniers sont sortis en masse dans la presse avec l’objectif de trouver une « majorité d’action », soit par une coalition, soit en nouant des alliances avec d’autres députés au cas par cas.

« On va former très vite une majorité pour qu’elle devienne absolue à l’Assemblée nationale » a promis Olivier Véran, le ministre chargé des relations parlementaires. La porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire a tendu la main à « tous ceux qui veulent faire avancer le pays ».

Les gouvernements à majorité relative sont rares en France, et même lorsqu’il y en avait un en 1988, sous le président François Mitterrand, il ne manquait que 11 sièges pour obtenir une majorité absolue. L’alliance Ensemble au pouvoir compte 44 sièges de moins que la majorité absolue, elle devra donc trouver le soutien de députés de gauche et de droite.

M. Véran estime que le gouvernement saura s’attirer le soutien d’autres formations politiques pour faire passer d’importantes réformes, notamment en matière de coût de la vie : « Je ne peux pas imaginer une seconde qu’une majorité ne puisse pas émerger dans les prochaines semaines sur la loi pour le pouvoir d’achat. »

Le président Macron a présenté une série de plans pour lutter contre la hausse du coût de la vie, via notamment des chèques alimentaires et l’amélioration de certaines aides sociales. Une autre grande réforme consiste à relever progressivement l’âge de la retraite de 62 à 65 ans, une mesure impopulaire pour une grande partie de l’électorat.

Le ministre de la Fonction publique, Stanislas Guerini, a déclaré qu’il devrait y avoir des discussions avec les élus du parti des Républicains mais aussi avec toute autre personne « qui voit un intérêt à faire avancer les réformes qui sont bonnes pour le pays ». Louis Aliot, du Rassemblement national de Marine Le Pen, a déclaré que si le gouvernement incluait les mesures souhaitées par son parti, comme une réduction de la TVA, ses collègues parlementaires « feraient l’effort de voter pour ces mesures ».

Cependant, la réponse initiale des républicains à une alliance n’a pas été bonne. Le président du parti, Christian Jacob, a déclaré : « Nous avons fait campagne dans l’opposition, nous sommes dans l’opposition, nous resterons dans l’opposition. » Un autre député, Aurélien Pradié, a déclaré qu’il n’avait pas la même vision de la société que le président Macron et n’acceptait pas les « mariages forcés ».

Il y a des républicains qui pourraient envisager une sorte d’alliance. L’ancien ministre Jean-François Copé a déclaré qu’il pensait qu’un pacte avec M. Macron était indispensable pour « faire face à la montée des extrêmes ».

Mais ce serait à un prix élevé payé par le gouvernement. La Première ministre Elisabeth Borne semble de plus en plus menacée, un mois à peine après sa nomination par M. Macron.

Publiquement, le gouvernement affirme sa pleine confiance en elle, mais il y a une pression croissante pour qu’elle démissionne, en particulier de la gauche.

Jean-Luc Mélenchon prévoit une motion de censure contre elle dans les prochaines semaines, et son collègue Manuel Bompard a déclaré que le gouvernement « ne peut pas continuer comme si de rien n’était ».

Accéder à l’article original de la BBC

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