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Contre le lawfare

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l'article

« L’offensive médiatico-judiciaire contre la gauche met en évidence l’hypocrisie des discours des démocraties libérales »

Arantxa Tirado Sánchez (Barcelone, 1978) est l'une des politologues hétérodoxes les plus éminents de notre pays. Collaboratrice de l'émission de radio Julia en la Onda, elle est docteure en Relations Internationales de l'Université Autonome de Barcelone. Elle a réalisé son second doctorat à l'Université Nationale Autonome du Mexique, où elle s'est spécialisée dans la politique latino-américaine. Nous parlerons avec elle de son dernier livre, édité par Akal, "Le Lawfare : Coups d'état au nom de la loi" dans lequel elle caractérise et explique le phénomène de lawfare comme un nouveau putschisme déguisé promu par les E.U contre les gouvernements de gauche en Amérique Latine. Dans cet entretien nous vous proposons de traverser l'Atlantique et de nous demander si les dynamiques putschistes propres au lawfare peuvent également s'appliquer en Espagne. Un entretien mené par Pablo Iglesias pour le site Contexto et traduit par Magali Lanfranchi pour Le Monde en Commun.

Pablo Iglesias : La nouveauté ne réside pas dans le terme lawfare, mais dans la centralité qu’il est en train d’acquérir pour décrire une manière de faire de la politique par des moyens non démocratiques. Comment le définirais-tu en quelques phrases ?

Arantxa Tirado Sanchez : De mon point de vue, le lawfare, ou la guerre juridique, est l’utilisation d’une combinaison de mécanismes légaux, médiatiques et économiques pour neutraliser, voire anéantir, un ennemi politique. C’est un terme qui apparaît dans le milieu militaire et, par conséquent, on peut considérer qu’il s’agit d’une tactique de guerre qui, par la voie de la judiciarisation de la politique, l’application d’une législation extraterritoriale unilatérale, ou l’ingérence dans les systèmes légaux et judiciaires à travers des mécanismes de coopération asymétrique, réussit à justifier les objectifs de reconfiguration géopolitique des États Unis en Amérique Latine par des discours de lutte contre la corruption et de défense de l’État de droit.

Dans ton livre la généalogie du lawfare nous conduit aux E.U et à sa politique extérieure, en particulier sa politique extérieure envers l’Amérique Latine. S’agit-il d’une forme moins sanglante que les coups d’état classiques pour tenter de mettre sous tutelle la région ?

On pourrait affirmer que le lawfare est une manière plus subtile d’ingérence politique qui laisse moins de traces, de par sa précision chirurgicale, mais qui remplit le même objectif de changement de régime. Pendant le Guerre Froide, les E.U percevaient l’insurrection des peuples du continent, ou l’arrivée de la gauche au pouvoir, comme un mal à extraire absolument, avec des méthodes brutales. La contre-insurrection militaire ravageait des populations entières avec une politique de la terre brûlée comme au Guatemala ou faisait disparaître des dizaines de milliers de militants politiques, comme en Argentine ou au Chili, pour éviter ce qu’ils percevaient comme une extension du communisme. Aujourd’hui la réalité géopolitique a changé, mais les E.U continuent encore de considérer la gauche latino-américaine comme un ennemi à neutraliser. L’influence de l’opinion publique mondiale a plus de poids dans le programme politique et les États Unis doivent maintenir ne serait-ce que les apparences démocratiques et tenter de présenter les actions impérialistes derrière un discours justifiant ses bonnes intentions. Cela n’est pas nouveau mais, après la guerre d’Irak, les E.U tentent de minimiser l’impact des « dommages collatéraux », même dans les périphéries. Par exemple, avec des interventions de guerre plus ciblées, avec l’usage de drones pour des assassinats précis, suivant l’idée de la « guerre propre », ainsi qu’avec des coups d’État déguisés en supposées irrégularités électorales, comme ce fut le cas en Bolivie en 2019. Le lawfare entre dans cette logique d’utiliser d’autres instruments d’armement pour faire la guerre : la loi, les moyens de communication, les nouvelles technologies, etc. Et il ne s’agit pas seulement d’avoir la main mise sur la région mais de discipliner ces forces de la gauche qui sont arrivées au pouvoir, après les années d’hégémonie néolibérale, en prétendant se détourner de l’influence étasunienne, même de façon minime, avec des politiques souveraines sur les ressources naturelles des pays respectifs. Une gauche qui a mis en difficulté la pénétration des intérêts des entreprises étasuniennes dans un territoire que les E.U conçoivent comme son aire naturelle d’expansion et qui, sous l’impulsion vénézuélienne, a mis en route des mécanismes de concertation et d’intégration politique alternatifs au schéma géopolitique étasunien. Neutraliser ces initiatives est aussi la véritable toile de fond de la dispute géopolitique plus vaste entre les États-Unis et la Chine pour le contrôle des ressources et des marchés en Amérique Latine, et à échelle mondiale, en plus de la lutte pour conserver l’hégémonie politique des États-Unis à échelle régionale et planétaire.

« Le pouvoir économique, qui est celui qui gouverne réellement, s’est libéré de la forme politique de la démocratie libérale lorsqu’il en a eu besoin »

Le lawfare combine des stratégies juridiques illégitimes avec des stratégies médiatiques pour détruire, aux yeux de l’opinion publique, le rival politique. Pourrais-tu me donner quelques exemples ?

Le plus connu est celui de Lula da Silva, exemple paradigmatique du lawfare. Le cas du Brésil se démarque par l’ingérence juridique et politique du Département de Justice des États-Unis dans l’opération Lava Jato, l’acharnement avec lequel le juge Moro a agi, élève des cours de formation des E.U et ultérieurement ministre de la Justice de Bolsonaro, la volonté explicite des E.U à participer à la négociation des réserves pétrolières du Pré-Sal en affaiblissant la position de l’entreprise nationale Petrobras ou sa volonté de neutraliser la politique extérieure souveraine et multipolaire du Brésil. Pour atteindre ces objectifs, ils se sont armés d’un grand nombre de charges contre Lula, en l’accusant de corruption pour traitement de faveur dans le cadre de contrats ou d’avoir reçu un appartement dans lequel il n’a jamais mis les pieds. Ils voulaient éviter qu’il puisse se présenter aux élections de 2018, où les sondages lui octroyaient une large victoire. La machine médiatique s’est activée pour mettre en avant cette image corrompue de Lula (et aussi de Dilma Rousseff qui a été victime d’une très discutable procédure d’impeachment préalable) en utilisant les principaux moyens de communication. Ces derniers se sont attelés pendant des mois à inonder l’espace médiatique avec ces affaires de manière sensationnaliste, établissant une sorte de jugement parallèle, dans une opération qui pourrait bien s’apparenter à de la manipulation des masses. Une pratique visant à conditionner l’opinion publique brésilienne, à laquelle s’est ajouté un pouvoir judiciaire et un ministère publique qui, coordonnés, filtraient une partie de l’information à la presse pour obtenir un plus grand impact, portant atteinte à la supposée impartialité du pouvoir judiciaire, à la présomption d’innocence ou à la procédure-même. En plus des irrégularités procédurales, dans le lawfare contre Lula ils ont appliqué des dispositifs juridiques qui ont ouvert un débat entre les pénalistes les plus critiques. Finalement Lula a fini par être acquitté dans plusieurs affaires, d’autres ont été archivées, alors que le juge Moro est visé par une enquête pour partialité.

La multiplication des accusations rarement fondées, la création ad hoc de preuves et de témoignages corrompus, la violation de la présomption d’innocence à travers les agissements des médias, les deux poids deux mesures dans l’application de la loi ou la torsion de celle-ci, avec ses variantes locales, sont des éléments également présents dans la persécution contre Rafael Correa, en Équateur, ou contre Cristina Fernández, en Argentine. Cela permet de parler d’une ligne d’action similaire. Dans le cas de Cristina Fernández il en ressort, en plus, l’intervention de personnes liées aux services de renseignement étrangers contre la présidente et un acharnement médiatique, taxé de « journalisme de guerre » par le même Groupe Clarín, certainement aggravé par sa condition de femme. Enfin pour détruire son image publique on est allé jusqu’à questionner sa santé mentale, dans une logique d’action qui rappelle ceux qui taxaient les femmes d’hystériques et de déséquilibrées.  Mais le « déséquilibre » de Cristina Fernández était le même que celui de Rafael Correa : tenter de démocratiser le spectre médiatique de leur pays respectif, chose que ces médias hégémoniques et les groupes de pouvoir liés à eux ne leur ont pas pardonné.

« On a besoin d’une gauche qui reprend la tradition des valeurs collectives de la gauche, sans le moindre flirt avec les idées d’extrême-droite »

Les techniques de guerre culturelle de la nouvelle extrême-droite réactionnaire s’inscrivent clairement dans une nouvelle époque où les vieilles normes de la démocratie libérale sont dépréciées systématiquement. Quelles options a la gauche pour affronter une droite qui ment et provoque sans complexe ?

C’est une question clé mais je crains que sa réponse théorique, étant complexe, soit beaucoup plus facile que la tentative de la mettre en pratique. L’extrême-droite joue toujours avec des avantages. Le premier est qu’elle n’a ni limites ni scrupules. De plus, elle peut se permettre de questionner les règles du jeu sans qu’il n’y ait de répercussions négatives car, dans le fond, sous un discours en apparence de rupture, elle ne fait que défendre le fonctionnement du système capitaliste. Cela, le pouvoir le sait, d’où sa connivence voire même sa relation organique avec ces options politiques, comme le montre le cas de Vox en Espagne. L’expérience historique a démontré que le pouvoir économique, qui est celui qui commande réellement, s’est libéré de la forme politique de la démocratie libérale lorsqu’il en a eu besoin, je me réfère à l’Allemagne nazie ou au Chili de Pinochet.

La gauche, au contraire, n’est pas à l’aise dans le jeu malhonnête de l’extrême-droite. Sa tradition politique est autre et liée à la défense de la vérité comme voie vers l’émancipation. De plus, elle doit conserver les formes, elle ne peut même pas exprimer ouvertement ses propositions sur un ordre alternatif politique, économique et social, quand elle en a, sous peine d’une marginalisation institutionnelle ou un lynchage médiatique.

De plus, il y a d’autres points faibles de la gauche qui rendent difficile de contrer la stratégie de l’extrême-droite. La gauche va à contre-courant de ces guerres culturelles. L’extrême-droite réussit à marquer l’agenda du débat politique sur les réseaux, en déviant l’attention vers des discussions stériles et en obtenant que la gauche doive perdre du temps à défendre des droits déjà acquis qui ne devraient même pas être remis en question. Cela, dans le meilleur des cas. Dans d’autres cas, il y a une gauche divisée, qui se bat entre-elle. Je pense, par exemple, à comment a été abordée sur les réseaux la Loi Trans en Espagne par une certaine partie des féministes et de la gauche, qui ont validé les arguments et la stratégie de l’extrême-droite d’user de cas anecdotiques comme si c’étaient des menaces généralisées, justifiant ainsi des politiques discriminatoires sur certains groupes. On a vraiment besoin de clarté idéologique ces temps-ci et cela passe par la formation politique et par la pédagogie, ainsi que par l’encouragement à la pensée collective face à l’individualisme actuel. Ceci, produit des années d’hégémonie néolibérale, permet que s’immisce l’insensibilité sur laquelle se construit cet « autre » que l’extrême-droite présente comme l’ennemi.

« En Espagne une justice politisée est en train d’utiliser la loi comme outil de discipline politique, par la biais de certains médias partiaux »

En définitive, on a besoin d’une gauche qui ne surveille pas tant ce que fait l’extrême-droite, mais qui réussit à affirmer les thèmes de l’agenda politique, avec un discours propre, qui reprend la tradition des valeurs collectives de la gauche, sans le moindre flirt avec les idées de l’extrême-droite, démontant ses mensonges et contradictions avec des arguments, en choisissant bien quand et où l’affronter, pour tenter de l’amener sur un terrain où son modus operandi soit moins efficace. Sans oublier que le plus efficace est toujours de démontrer avec des faits à la classe des travailleurs que la gauche est l’option politique qui sert réellement à défendre ses intérêts.

Jusqu’à quel point les réseaux sociaux sont-il un terrain de combat important dans la nouvelle guerre culturelle ?

Ils sont essentiels puisque les guerres culturelles contemporaines ne peuvent se comprendre, de fait, sans le rôle des réseaux sociaux. Dans l’actualité, cette extrême-droite peut glisser ses mensonges et provocations de manière plus étendue et efficace, de par le format même de réseaux comme Twitter, non pensés pour l’échange d’idées mais pour les consignes, la simplification des arguments et la polémique, où peuvent apparaître et se multiplier les fake news à coup de chèques. Mais que l’on rende grâce aussi à la croissance d’Instagram, où l’image importe plus que les arguments, ou en utilisant des  influencers sur des chaînes YouTube que voient des milliers de personnes. Et là il faut reconnaître que la gauche est réactive et se laisse aussi porter.

Je ne crois pas que nous devrions seulement nous concentrer sur la guerre culturelle et sur les réseaux sociaux, mais la confrontation sur ce terrain me paraît fondamentale car il a un grand poids à l’heure de conformer l’imaginaire politique d’une bonne partie de la société actuelle, surtout des jeunes. Même si, évidemment, il y a, et il faut qu’il y ait, une vie politique en dehors du monde virtuel, l’impact des réseaux sociaux est indéniable tandis que les médias traditionnels reproduisent leurs contenus, et la politique s’est tournée en partie vers eux car les leaders les utilisent comme agora principal, en bien ou en mal.

Dans ton livre tu donnes beaucoup d’exemples latino-américains de lawfare contre la gauche, mais si tu me permets une critique, tu es plus prudente au moment de parler de lawfare en Espagne contre Podemos et les indépendantistes, non pas parce-que ce qu’il s’est passé ne te semble pas grave, mais parce-que les E.U n’apparaissent pas comme acteurs. Crois-tu qu’un livre sur le lawfare en Espagne pourrait sortir ? Peut-être devrions-nous nous pencher dessus.

Oui, il est vrai que mon livre se concentre sur les cas en Amérique Latine et passe brièvement sur le lawfare en Espagne dans l’introduction, bien que je refasse le lien dans la partie finale pour émettre quelques avertissements. Il en est ainsi, tout d’abord, parce-que le livre s’est fait avec la volonté de dénoncer les nouvelles formes d’ingérence des E.U en Amérique Latine depuis une caractérisation du lawfare comme une arme de guerre pour la reconfiguration géopolitique, en tentant de la différencier de la simple judiciarisation de la politique. Cet élément géopolitique avec les E.U comme acteur principal dans l’ombre ne se perçoit pas, du moins pas directement, dans le cas espagnol et catalan, où opèrent d’autres variables et où le cadre géopolitique a d’autres repères de par l’appartenance de l’Espagne à l’Union Européenne. Disons qu’ici l’U.E exerce déjà telle une camisole de force pour contenir la politique, c’est à dire pour garantir que peu importe la force de gauche qui arrive au pouvoir, ses marges de manœuvre soient assez limitées, c’est le moins que l’on puisse dire, comme le démontre dramatiquement le cas de Syriza en Grèce.

« On peut aussi parler de lawfare en Espagne »

Cependant, je crois que l’on peut parler de lawfare pour le cas espagnol parce-que la persécution judiciaire et médiatique envers plusieurs responsables de Unidas Podemos, envers le propre parti de Podemos, en inventant des financements bolivariens avec la diffusion de fausses preuves sur des programmes de forte audience, ou l’offensive judiciaire, politique et médiatique contre les positions de l’indépendantisme catalan, niant sa légitimité, surpassent la simple judiciarisation de la politique. Nous nous trouvons actuellement en Espagne sur un terrain dangereux : une justice politisée, avec un biais idéologique conservateur et de classe très marqué, est en train d’utiliser la loi comme outil de discipline politique, par le biais de certains médias partiaux, qu’ils soient privés ou même publiques, ce qui est d’autant plus grave qu’ils établissent l’agenda politique et les limites possibles de l’action politique légitime. Celle-ci se trouve toujours délimitée par un spectre qui va du centre-gauche jusqu’à une droite qui, au contraire, n’a pas de limite pour s’étendre jusqu’à sa droite, et il n’y a aucune remise en question valable dans ces médias sur son extrême droitisation. De fait, ces médias marginalisent les idées de gauche plus rupturistes alors qu’ils accueillent de manière démesurée des voix médiatiques qui permettent de normaliser le plan d’analyse de l’extrême-droite. Le résultat est qu’ils légitiment des idées excluantes en les faisant passer pour du sens commun qui ne correspond pas à la sensibilité majoritaire des citoyens espagnols mais qui, grâce à l’écho médiatique dont ils jouissent, renforcent les positions néofascistes, au moins dans le débat publique, avec un certain parallèle aussi dans le débat électoral.

Je crois que cette offensive médiatico-judiciaire est très grave, en effet, et elle met en évidence les supercheries des piliers discursifs sur lesquels reposent les démocraties libérales, montrant quelques unes de ses limitations. Par exemple, en ce qui concerne le respect, qui devrait exister devant la volonté souveraine, de ceux qui optent pour des options de transformation économique et de développement démographique en régimes qui n’acceptent pas, au fond, la remise en question de ses fondamentaux économiques et politiques. Ce n’est pas un problème exclusif à l’Espagne mais il est nécessaire d’expliquer comment cela opère ici. Je crois que le livre que tu proposes ne tardera pas parce-que le lawfare fait inévitablement partie du débat politique actuel. Je suis sûre qu’à l’académie il y a déjà des gens qui travaillent sur le lawfare espagnol et il y a quelques mois un livre sur le lawfare catalan a été publié. C’est très important d’incorporer davantage d’aspects à l’analyse, dans le milieu juridique aussi, et pas seulement journalistique, que ce soit en dénonçant le lawfare comme une attaque aux propres piliers de la démocratie libérale, que ce soit en l’analysant comme faisant partie de l’utilisation traditionnelle de la loi comme expression d’un pouvoir de classe inhérent aux démocraties libérales. Cela aide à ce que la société prenne conscience de comment le pouvoir opère à l’heure d’éviter un quelconque changement nominal et aide à une prise de conscience collective sur la nécessité de construire des alternatives, sans oublier que le lawfare est l’une des stratégies du pouvoir, mais pas la seule.

Je te propose maintenant un quiz rapide. Je te fais des propositions de noms pour un possible dictionnaire sur le lawfare et tu fais la description de chaque nom.

Lula : Un cas paradigmatique de comment a été utilisée la persécution judiciaire pour reconfigurer la géopolitique. Son acquittement dans plusieurs affaires et l’archivage des autres démontrent le caractère totalement instrumental des accusations à son encontre.

Jeanine Áñez : Une putschiste qui se présente comme une victime d’un lawfare inexistant. Le comble du cynisme.

Rafael Correa : Un président condamné à l’exil à cause du lawfare qui a trouvé en son successeur l’un de ses principaux bourreaux. Son plus grand délit semble d’avoir dénoncé le manque de démocratie médiatique et le monopole existant dans les moyens de communication.

Juan Guaidó : Le pantin de l’échec le plus retentissant du putschisme étasunien en Amérique Latine.

Kast : Le pinochetiste du XXIe siècle, modèle vivant des connections entre le fascisme historique et l’extrême-droite actuelle, héritière de la tradition putschiste latino-américaine.

Fernández Díaz : Le cerveau du Rapport PISA contre Podemos, entre autres, symbole des « bonnes » familles qui continuent de croire que l’Etat leur appartient et qu’il peuvent agir à  leur guise en utilisant les institutions pour la perpétuation de leur pouvoir économique et politique.

Ana Rosa Quintana : L’opératrice médiatique au service des pouvoirs factieux espagnols, nécessaire pour la diffusion massive de l’argumentaire de l’extrême-droite entre femmes au foyer et retraités à une heure matinale.

Inda : Le reflet pseudo journalistique des égouts de l’Etat espagnol dans sa version humaine la plus infâme. Le pilier principal dans la stratégie de neutralisation et d’anéantissement de Podemos via des fake news.

Villarejo : La tête visible de la police politique, le plombier des égouts de l’État qui a cessé d’être utile pour être gênant. Exemple de la continuité entre la dictature franquiste et le régime de 78, et du travail de l’intelligence présente dans le lawfare.

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